Vendée Globe : le tour du monde en moins de 80 jours pour Alan Roura ?

Courses
Dimanche 18 octobre 2020 à 7h03

La référence est évidente, mais l’objectif n’en demeure pas moins ambitieux. C’est une envie riche en symboles qui anime en effet Alan Roura pour son deuxième tour du monde en solitaire : égaler (ou améliorer) la performance de Phileas Fogg, célèbre héros voyageur de Jules Verne.

74 jours sur un Vendée Globe, 42 jours en multicoque, 40 jours en équipage… Il y a longtemps que les meilleurs marins au monde ont franchi la fatidique barre des 80 jours pour réaliser un tour du monde à la voile. Et pourtant, c’est bel et bien cet emblématique temps de course qu’Alan Roura espère viser à l’occasion de sa deuxième participation au tour du monde en solitaire. « Ce nombre vient forcément du roman de Jules Verne, que j’ai lu enfant, explique-t-il. Je trouve la référence jolie, ça me donnerait l’impression d’entrer dans le club un peu fermé de ceux qui tournent autour de la terre en moins de 80 jours. » Mais le jeune Suisse possède-t-il ce qu’il faut pour intégrer ce cercle de circumnavigateurs pressés ? En 2008-2009, il avait fallu 89 jours à son bateau pour boucler la boucle, hissant son skipper de l’époque, Armel Le Cléac’h, sur la deuxième marche du podium. Quatre ans plus tard, Bertrand de Broc terminait 9ème de l’édition 2012-2013 après 92 jours de mer. « Le bateau en est capable, assure ainsi son skipper de 27 ans, il n’en était pas si loin les dernières fois. Et en trois ans, nous l’avons fait évoluer, nous lui avons apporté beaucoup d’améliorations lui permettant d’être plus léger et d’aller encore plus vite, tout en restant fiable. » Les avancées techniques en termes de matériaux (voiles, composite…), les progrès au niveau des technologies embarquées (pilote automatique, électronique, logiciels de navigation…) ainsi que l’attention toute particulière du team apportée à La Fabrique depuis 2017, portent en effet le monocoque d’Alan Roura dans une nouvelle tranche de performance. Alors, qu’en est-il ensuite du marin ?

« Le classement suivra »

« Je m’en sens capable aussi, assure-t-il. Cela représente 25 jours de moins que mon premier résultat en 2016-2017… C’est énorme, mais c’est aussi pour cela que j’ai changé de bateau et que je me prépare depuis plus de trois ans. J’ai le sentiment d’être monté en puissance d’année en année, avec le record de l’Atlantique en apothéose, où je suis vraiment allé dans le dur. Je vais tout donner, avec comme principale ambition de bien faire les choses. » À la barre d’un IMOCA de 2007, certes profondément modi é et constamment amélioré ces dix dernières années, le navigateur suisse n’aura donc aucune prétention à la victoire. Mais le dessein qu’il s’imagine à bord de La Fabrique reste chargé en objectifs de performance, dans un rôle d’outsider où l’on ne l’attend peut-être pas : « 80 jours, c’est une barre symbolique, mais sportivement cela fait sens aussi. Je ne vais pas tenter la gagne, je n’ai ni le bateau, ni le budget ni l’expérience pour. J’apprends encore et au regard des temps des éditions précédentes, je trouve que ce serait déjà une très belle performance. » Quelle place pourrait alors viser Alan ? Bien que le Genevois refuse de se risquer aux pronostics, il peut être bon de rappeler qu’en janvier 2017, ils étaient trois à terminer le tour en 80 jours tout pile : Jean-Pierre Dick, Yann Éliès et Jean Le Cam, qui avaient respectivement terminé aux 4ème, 5ème et 6ème places. Cette année, avec 8 bateaux neufs au départ, les cinq premières places devraient théoriquement être déjà réservées. Restera-t-il une place pour se glisser dans le Top 10 ? « Si j’arrive à terminer en moins de 80 jours, le classement suivra, j’en suis sûr. » Rendez-vous à l’arrivée, le 27 janvier 2021 ?

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.