Les Galapagos, un modèle à suivre pour protéger les océans

Par AFP/Figaronautisme.com

Dans l'archipel équatorien des Galapagos, un paradis de la biodiversité classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité, la faune marine protégée autour des îles est menacée au large par les flottes de pêche industrielle qui rôdent. Une solution : étendre la protection en délimitant une réserve marine mondiale en haute mer.

L'idée est plébiscitée par Greenpeace, qui a effectué début mars une nouvelle expédition autour de ces îlots rocheux du Pacifique abritant une faune et une flore exceptionnelles.

Une équipe de l'AFP a pu y prendre part à bord de l'Arctic Sunrise aux côtés de scientifiques dont l'objectif est de mettre en lumière "probablement le meilleur projet de conservation réalisé dans les océans" tout autant que les risques que fait peser, plus au large, la surpêche.

- ADN et biomasse -

La biologiste Paola Sangolqui procède à des extractions en eaux profondes pour "savoir quelles espèces marines ont séjourné dans cette zone et y ont laissé des traces d'ADN".

Daniel Armijos est quant à lui responsable des "stations de vidéo sous-marine à distance avec appât" pour vérifier la présence de certaines espèces, les comptabiliser, comparer avec les échantillons ADN recueillis ou encore calculer la biomasse.

Un robot a aussi été envoyé pour étudier les coraux et les différents habitats, ajoute Sophie Cooke, chargée de l'expédition, selon laquelle "l'abondance de la vie marine dans ce parc national est tout simplement stupéfiante".

"Toutes ces informations, c'est un peu comme assembler un grand puzzle" car "ces zones (du Pacifique oriental) sont écologiquement connectées, tout est lié", résume au autre scientifique à bord, Stuart Banks.

Les espèces marines "ne comprennent pas les frontières politiques. Elles se déplacent entre différents territoires et c'est là qu'elles sont le plus en danger, notamment à cause de la pêche industrielle", souligne-t-il.

- Sanctuaire pour les requins -

Des touristes privilégiés s'émerveillent de "la faune marine incroyable", comme "ces bancs de poissons qui vous entourent au point de créer une obscurité quasi-totale", raconte le plongeur australien Liam Doherty, 34 ans. "On voit ici tout le bien de la conservation, c'est extraordinaire !", renchérit Ryan Doyle, 24 ans, venu des Etats-Unis.

"Nous vivons plus aujourd'hui du tourisme que de la pêche", commente Anthony Gavilanes, 30 ans, un instructeur local de plongée : "les espèces nageant librement dans l'eau valent plus que sur un plateau servi à table".

Requins, tortues, iguanes, otaries et poissons en tout genre pullulent dans les eaux des Galapagos, où Charles Darwin a donné naissance à sa théorie de l'évolution.

L'archipel est aussi devenu "un sanctuaire pour les requins", en particulier pour le requin-marteau, une espèce considérée comme étant "en danger" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), "à cause de la surpêche et de la pêche illégale", souligne Eduardo Espinoza, un employé du parc chargé de suivre les écosystèmes locaux.

"Aux Galapagos, ils ont un refuge pour se reproduire", ajoute-t-il, occupé à marquer d'une étiquette le dos de jeunes spécimens.

"Mais en dehors de la réserve et de la zone des 200 milles marins, on trouve des flottes de pêche assez importantes, plus de 300 navires qui capturent les requins pour les exporter vers les pays asiatiques", se désole-t-il.

 

- Autoroutes sous-marines -

 

"Un élément-clé est que beaucoup de ces espèces marines sont migratrices", décrypte encore Mme Cook. "Les Galapagos sont une étape importante de leur long voyage" dans le Pacifique, c'est pourquoi "il est très important de relier toutes les différentes zones marines protégées" de ce Pacifique oriental.

Plusieurs réserves marines nationales du Panama, du Costa Rica, de Colombie et d'Equateur forment le corridor marin du Pacifique tropical oriental (CMAR) par "où transitent diverses espèces telles que les requins, les baleines, les raies manta et les tortues", explique, Ruth Ramos, de Greenpeace.

"Cependant, une partie se trouve en haute mer et échappe à leur juridiction", dit-elle, d'où le besoin impérieux de "sécuriser les couloirs de migration".

Greenpeace a ainsi appelé lundi à la création d'une réserve marine mondiale en haute mer au large des Galapagos contre "les flottes de pêche industrielle (qui) continuent d'opérer dans ces eaux internationales, sapant les efforts de protection nationaux et menaçant l'ensemble de l'écosystème de la région".

"Cette zone deviendrait ainsi la première aire marine protégée" créée en haute mer depuis la signature en mars 2023 du traité historique sur les Océans.

Signé par 88 pays, cet ambitieux traité doit réglementer la protection de la haute mer et des fonds marins, avec comme objectif affiché de protéger 30% des océans d'ici à 2030.

Mais seuls deux pays l'ont ratifié à ce jour alors qu'ils doivent être au moins 60 pour qu'il prenne effet. Il est pourtant "urgent (...) de donner vie au traité" et les Galapagos sont le lieu rêvé pour commencer, veut croire Greenpeace.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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