Au coeur du golfe de Guinée, un multimillionnaire paye la population pour préserver le "paradis" méconnu de Principe

Le Figaro Nautisme / AFP
Par Le Figaro Nautisme / AFP

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Une terre volcanique, recouverte de forêts, jonchée de pics montagneux et bordée d'eaux turquoises : sur l'île méconnue de Principe, un entrepreneur multimillionnaire reverse un "dividende" à la population locale, à condition de préserver la biodiversité exceptionnelle de l'île, dont dépend sa réussite commerciale. "Je viens de recevoir la première tranche du paiement : 900 dobras (environ 36 euros), ce n'est clairement pas un salaire, mais ça fera l'affaire", s'exclame en riant Ermelindo Mendes, un jeune technicien de 23 ans dans son village de Monte Alegre, sur les hauteurs verdoyantes de l'île du golfe de Guinée.
L'initiative a été mise en place par l'entrepreneur sud-africain de la tech Mark Shuttleworth, qui développe depuis plus de 10 ans un modèle d'écotourisme réservé à une clientèle ultrafortunée, faisant de cette île peu accessible du large des côtes de l'Afrique centrale une destination prisée mais confidentielle du tourisme de luxe. Le programme de "dividendes" reversés individuellement aux habitants encourage ces derniers à préserver leur milieu naturel, bien que certains critiquent l'initiative, qu'ils voient comme une occasion manquée de collaborer avec les autorités pour régler les problématiques économiques et sociales de l'île.


- "Gardiens de la nature" -

Sur la deuxième île de l'archipel de Sao Tomé-et-Principe, dont l'ensemble du territoire est classé réserve de biosphère par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), l'hôtelier promet à ses visiteurs la découverte d'un "paradis caché ouest-africain". Une nuit dans l'un de ses quatre hôtels peut coûter jusqu'à 1.500 euros et l'expérience de luxe offerte à ses clients, en majorité des Européens, est indissociable d'un environnement préservé.
Et pour s'assurer du ralliement des 10.000 habitants de l'île, Mark Shuttleworth verse à travers la fondation Faya, son organisation philanthropique, le "dividende naturel" depuis février 2026. Les habitants de l'île sont "les premiers gardiens de la nature, nous avons besoin d'eux avec nous", fait valoir Vik Michau, sociologue à la fondation Faya.
En échange de leur adhésion à une charte interdisant les activités prédatrices sur l'environnement - comme l'extraction de sable ou l'abattage non réglementé de bois -, chaque adulte résident peut recevoir jusqu'à 6.250 dobras (250 euros) par trimestre, dans un pays où 45% de la population vit avec moins de 3,15 euros par jour, selon les dernières données de la Banque mondiale en 2017. Pour l'heure, personne n'a encore réussi à obtenir ce montant maximum, car "le suivi des données montre que l'état de la nature n'est pas encore optimal", explique Vik Michau, qui assure que les habitants pourront gagner plus d'argent s'ils reboisent l'île ou s'engagent dans "de meilleurs choix vis-à-vis de la nature".
Chaque année, 15.000 touristes visitent la petite île de 140 km2, selon l'office du tourisme, dont l'immense majorité profite de l'offre d'écotourisme de luxe de HBD ("Here Be Dragons"), le groupe du riche Sud-Africain.
 

- "Souffrance" -

"La plupart des visiteurs cherchent la nature, la tranquillité, la paix, ce que la région a à offrir", souligne Wander Dias de Sousa Pires, directeur de l'office du tourisme de Principe. Mais pour les habitants de la région autonome de ce pays parmi les plus pauvres au monde, le décor de carte postale masque un quotidien confronté à des difficultés structurelles.
"Ceux qui viennent regardent le paysage et se disent +Voilà le paradis+. Mais ceux qui y vivent voient la souffrance", souffle Conceicao Moreno, 46 ans, député à l'Assemblée nationale. "Nous avons des conditions sociales et économiques tout à fait dégradantes : le coût de la vie est très élevé, nous n'avons pas d'accès à des soins et à une éducation de qualité, les routes et la plupart des infrastructures sont dégradées", énumère-t-il. Il a refusé de participer au programme de "dividende naturel" proposé par la fondation Faya, se méfiant du "rapport de domination" que ce don pourrait induire et persuadé que "le projet aurait dû s'associer au gouvernement pour qu'il y ait des avancées sociales et des travaux qui assurent le développement de l'île".
"Les sommes versées n'ont aucun impact pour assurer la survie d'une famille, c'est insignifiant", estime-t-il de surcroît.
Mais le dividende ne doit pas être vu "comme un salaire" et les actions caritatives de la fondation ne se substitueront pas à l'Etat, insiste Vik Michau. "Nous sommes une organisation privée, pas le gouvernement. Nous avons délimité très clairement la frontière entre ce qui relève des responsabilités du gouvernement, ce que nous faisons ici, et ce sur quoi nous pouvons aider".
Et cette expérimentation "pionnière" est "conçue pour être répliquée à l'échelle mondiale", se targue la fondation du multimillionnaire sur son site internet.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.