
Pendant 46 ans, la disparition du Z.592 Hosanna est restée entourée de mystère. Ce bateau de pêche belge avait quitté Plymouth en février 1980 avec cinq personnes à bord avant de disparaître sans laisser de trace. Son épave vient finalement d’être formellement identifiée au large de Douvres, dans le détroit du Pas-de-Calais. Une découverte particulièrement symbolique pour les familles des cinq marins, dont les corps n’ont jamais été retrouvés.
Il reposait au fond de la Manche depuis près d’un demi-siècle. Le Z.592 Hosanna, un ancien bateau de pêche immatriculé à Zeebruges, a finalement été retrouvé et identifié à proximité des Goodwin Sands, au large de Douvres, au Royaume-Uni. Le navire avait disparu en février 1980 alors qu’il effectuait une traversée entre Plymouth et les Pays-Bas avec cinq personnes à bord. Depuis, ni le bateau ni son équipage n’avaient été retrouvés avec certitude.
L’identification définitive est intervenue le 24 septembre 2026, après une nouvelle plongée organisée sur une épave située à une cinquantaine de mètres de profondeur. Le site était connu depuis plusieurs années, mais rien ne permettait jusque-là d’affirmer avec certitude qu’il s’agissait de l’Hosanna. Des recherches menées par la fondation néerlandaise Stichting Onderzoek Maritieme Vermisten, épaulée par l’équipe britannique Mutiny Diving, ont finalement permis de mettre fin au doute.
Cinq hommes disparus dans la Manche
À bord se trouvaient le capitaine belge Germain Ackx, son fils Piet Ackx, Hector Snauwaert ainsi que deux Néerlandais originaires de Scheveningen, Pieter Guijt et son neveu Pieter Albertus Guijt, âgé de seulement 14 ans. Le navire aurait quitté Plymouth le 14 février 1980 en début de soirée pour rejoindre les Pays-Bas.
Les dernières heures de l’Hosanna restent encore partiellement mystérieuses. Le 15 février à 21 h 28 UTC, une tentative de communication radiotéléphonique aurait été effectuée entre Germain Ackx et son épouse restée en Belgique, sans que la liaison puisse véritablement aboutir. Le lendemain matin, vers 9 h 20, un radeau de sauvetage associé au bateau était retrouvé à proximité des Goodwin Sands. Les opérations de recherche lancées dans la foulée n’avaient toutefois permis de retrouver ni le navire ni les cinq membres d’équipage.
La disparition avait dès lors nourri de nombreuses interrogations. Des archives de l’époque montrent que les circonstances exactes du naufrage étaient déjà considérées comme particulièrement obscures quelques jours après les faits, tandis que différentes hypothèses ont circulé au fil des décennies. Un éventuel abordage avec un autre navire a notamment été évoqué, sans jamais pouvoir être établi avec certitude.
Une épave identifiée grâce à deux plongées
Pour résoudre cette énigme, les enquêteurs se sont intéressés à une épave reposant dans le détroit de Douvres. Lors d’une première plongée réalisée durant l’été 2026, les plongeurs ont découvert une structure dont plusieurs caractéristiques semblaient correspondre à l’ancien chalutier. Le pont principal repose à environ 47 mètres de profondeur, tandis que le fond marin se situe autour de 52 mètres. La timonerie a disparu, compliquant fortement l’identification visuelle du navire.
Les plongeurs ont néanmoins pu filmer certaines parties de l’épave et observer plusieurs éléments susceptibles de fournir des indices. Ces premières images ont été suffisamment convaincantes pour organiser une nouvelle exploration le 24 septembre. Lors de cette seconde plongée, les recherches se sont concentrées sur différentes zones repérées auparavant et plusieurs éléments ont finalement permis d’établir formellement qu’il s’agissait bien du Z.592 Hosanna. Mutiny Diving a choisi de ne pas dévoiler pour l’instant l’ensemble des objets ou détails ayant permis cette identification, l’enquête et le travail documentaire autour du naufrage étant toujours en cours.
L’épave restera la tombe des cinq marins
Les recherches ne devraient cependant pas conduire à une exploration complète de l’intérieur du bateau. L’épave est aujourd’hui largement remplie de sable et de sédiments, rendant sa pénétration extrêmement difficile, voire impossible dans les conditions actuelles. Pour les équipes ayant participé aux recherches comme pour les familles, le site est désormais considéré comme la sépulture maritime des cinq hommes disparus en 1980.
Cette découverte met donc fin à une partie du mystère, mais pas encore à toutes les interrogations. L’identité de l’épave est désormais établie, tandis que les circonstances précises ayant provoqué le naufrage restent à déterminer. L’état du bateau et les futures analyses des images pourraient éventuellement apporter de nouveaux indices sur ce qui s’est produit durant les dernières heures de l’Hosanna.
Pour les proches des victimes, l’identification représente malgré tout une étape majeure après 46 années d’incertitude. La fondation néerlandaise à l’origine des recherches indique d’ailleurs que l’Hosanna est le treizième chalutier disparu qu’elle est parvenue à retrouver en trois ans. L’intégralité de cette enquête doit être racontée dans la deuxième saison de la série documentaire néerlandaise Op zee gebleven, dont la diffusion est prévue en juin 2027.
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