Entretien avec Thomas Traversa, champion de funboard : «Je voyage à la recherche de sessions XXL»

Glisse
Jeudi 28 octobre 2021 à 6h34

Il suffira de quelques voyages en famille pour que le jeune véliplanchiste découvre le plaisir d'être surpris par la mer. Les vagues imprévues et tempétueuses ravissent le champion qui les chasse inlassablement à travers le monde. Mais le 12 novembre prochain, retour aux sources à Marignane pour la finale de la coupe PWA de windsurf 2021. Un spot qui n'a plus aucun secret pour lui, le seul endroit au monde où Thomas Traversa ne connaît pas l'imprévu.

©Facebook Thomas Traversa @joao.pedro.rocha
Il suffira de quelques voyages en famille pour que le jeune véliplanchiste découvre le plaisir d'être surpris par la mer. Les vagues imprévues et tempétueuses ravissent le champion qui les chasse inlassablement à travers le monde. Mais le 12 novembre prochain, retour aux sources à Marignane pour la finale de la coupe PWA de windsurf 2021. Un spot qui n'a plus aucun secret pour lui, le seul endroit au monde où Thomas Traversa ne connaît pas l'imprévu.

La planche à voile, un amour de jeunesse ?

"Tout a commencé à mes 8 ans, j’aimais le sport, sous toutes ses déclinaisons. Mais j’ai particulièrement accroché avec la planche à voile, certainement parce que je viens de Marseille, région réputée pour le vent et les températures agréables une bonne partie de l’année. C’est un environnement propice à cet exercice et il y a énormément de véliplanchistes là-bas ! Et puis c’est l’idéal pour un enfant de pouvoir prendre le large ! La planche à voile offre une liberté incroyable, il est possible de faire beaucoup avec peu de moyens… Alors je naviguais, je faisais de grandes promenades, je jouais avec les vagues, je faisais des sauts. Tout est parti d’un amusement, d’un jeu.

Je cherchais certainement un peu de liberté aussi. Mon père faisait un peu de planche à voile, c’était très agréable de partager ça avec ma famille. Nous voyagions beaucoup pour faire de la planche en Espagne, au Maroc, au Portugal. Une bonne excuse pour voyager, passer du temps en famille et rencontrer des véliplanchistes. J’ai très vite eu un bon niveau, ça m’a motivé à aller encore plus loin. Tout au long de mon adolescence j’ai toujours fait de mon mieux, sans jamais formuler que j’en ferai mon métier. J’avais un pied dans la fac de sport et un pied dans l’eau. Je jonglais entre mes cours et la coupe du monde et j’ai rapidement eu de bons résultats, les sponsors finançaient mes compétitions et mes voyages… Tout s’est accéléré entre 15 et 18 ans et j’ai eu à faire un choix entre décrocher mon diplôme de professeur de sport ou me consacrer à la voile. J’étais sûr de moi, j’avais de quoi vivre de ma passion, alors j’ai laissé tombé la fac. Lorsque j’ai pris cette décision j’étais déjà pro et reconnu dans ma discipline".

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© Facebook Thomas Traversa

 

Vous chassez les hautes vagues pour goûter aux plaisirs des sessions XXL ?

"Arriver dans un endroit que je ne connais pas et découvrir des conditions inédites de navigation m’a toujours plu. C’est aussi pour ça que j’ai toujours aimé voyager. À mes 15 ans, je me suis aventuré pour la première fois dans de grosses vagues aux Canaries. C’était imprévu, il y avait plein de très hautes vagues et les sensations que j’ai eu lors de cette session m’ont troublées. C’était vertigineux et pourtant j’arrivais à me débrouiller ! Plus de plaisir que de peur. Cet évènement m’a marqué, beaucoup plus qu’une session normale. Je voyage à la recherche de sessions XXL, je vais chercher ce que je n’ai pas à la maison, à Marseille. Ça demande beaucoup d’organisation ! Trouver l’endroit où on veut aller, bien étudier le fonctionnement du spot, prendre contact avec des connaisseurs sur place etc. C’est une session qui se construit, se travaille, elle est réfléchie. Mais attention, une fois que l’on est dans l’action, place à l’instinct. Tout cela n’a rien à voir avec une session normale, il faut s’adapter à des conditions extrêmes et faire de son mieux. Quand la session est finie on réalise quelque chose de fort ; on a été là au bon endroit, au bon moment, on y été. Et c’est ce côté rare et exceptionnel qui fait vibrer. Je prends plaisir à m’adapter à ces tempêtes plus qu’à faire une performance".

Quelles ont été les vagues les plus traîtres et imprévues ?

"Les vagues de Nazaré étaient fabuleuses, c’est un endroit mythique. Le niveau de stress était au-delà de ce que j’avais vécu ailleurs, ça a été une session marquante. J’ai aussi pris quelques vagues à la frontière espagnole, qui m’ont permis de partager avec les surfers locaux ; ce sont d’excellents souvenirs. C’est aussi ce que j’aime dans ces sessions, le fait de partager avec les autres wavedrivers, c’est unique !"

Vous parlez de partage entre wavedrivers, l'occasion de revenir sur l'année blanche qui vient de s'écouler. Comment en avez-vous profité ?

"J’ai profité de mes voyages en Bretagne, au Portugal et en Espagne, entre l’automne, l’hiver et le printemps pour naviguer dans de grosses vagues. J’ai pris le temps de préparer mes sessions XXL, c’était mon seul objectif. J’ai pu m’y consacrer et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai pu passer du temps avec ma famille, voyager et profiter de grosses vagues. Le rêve ! Ça fait 15 ans que je fais des compétitions, ça fait du bien de ne plus être pressé par des échéances, c’est un grand bol d’air !"

Une parenthèse qui se referme à l’approche de la finale du championnat du monde PWA de windsurf qui débute le 12 novembre. Dans quel état d'esprit y participez-vous ?

"Je ne me suis pas préparé à avoir une compétition avant 2022 pour être honnête, tout s’est décidé au dernier moment.

C’est absolument génial pour le sport que l’évènement soit maintenu, surtout pour les jeunes qui depuis deux ans n’ont pas eu d’opportunités de se démarquer au plus haut-niveau. Ce seront des retrouvailles très fortes ! Mais j’y vais sans aucune pression, sans ambition particulière. J’ai fait une très bonne année, j’ai pris du plaisir et j’ai fait plein de belles images ! Aujourd’hui je veux juste faire de mon mieux, m’amuser et nous verrons… Tout peut arriver !"

La finale du championnat du monde PWA de windsurf se tiendra à Marignane. Pour un navigateur amoureux de l'imprévu, c'est un spot qui vous est plutôt familier...

"Oui, Marignane est l’un de mes spots préféré, c’est là où je m’entraîne quand je suis chez moi. Ce sera une compétition « à domicile » donc j’ai un avantage. Ça fait 25 ans que je navigue régulièrement sur ce spot, je le connais par coeur, je sais ce qui m’attend !

Nous sommes plusieurs de la région à participer, c’est rassurant. Je trouve génial que mes proches puissent vivre l’évènement, c’est une chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je vais enfin pouvoir partager ça avec mes amis, qui ne peuvent pas venir me voir en temps normal. Ça va être une autre ambiance !

Ce sera très étrange de me trouver face aux meilleurs mondiaux,  sur ce spot qui m’est familier et que j’affectionne ! J’ai hâte de vivre cette expérience".

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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