L'école des enfants des îles croates

Lundi 28 avril 2014 à 12h55

En Croatie, donner une bonne éducation à une centaine d'enfants éparpillés sur une vingtaine d'îles est un défi, qui vise à maintenir en vie les archipels sous-peuplés qui longent la côte adriatique.

 

En Croatie, donner une bonne éducation à une centaine d'enfants éparpillés sur une vingtaine d'îles est un défi, qui vise à maintenir en vie les archipels sous-peuplés qui longent la côte adriatique.

 

"L'école est synonyme de vie dans les petites îles", fait valoir Olivela Franko, directrice de l'école élémentaire de Losinj, une île paradisiaque du nord de l'Adriatique.

Mme Franko est aussi la coordinatrice d'un programme d'éducation en ligne qui relie les écoles insulaires de la région.

A Susak, par exemple, voisine de Losinj, seuls cinq élèves sont scolarisés.

"Nous faisons tout pour qu'ils n'aient pas l'impression de vivre au bout du monde. Ce système développe la maîtrise des ordinateurs chez les enfants et aide à leur socialisation", explique-t-elle.

Sur les quelque 1.200 îles de l'Adriatique croate, seules 66 sont peuplées de nos jours et abritent une vingtaine d'écoles.

Prises d'assaut l'été par des touristes à la recherche de nature préservée et de baies d'eau turquoise, elles sont dans l'isolement le reste de l'année.

Au siècle dernier, nombre de ces îles vivaient de la production de vin, mais au fil des décennies les habitants sont partis à la recherche d'une vie meilleure ou ont fui à l'étranger pour échapper au régime communiste ex-yougoslave.

Susak est un exemple criant. Au milieu du XXe siècle l'île comptait 2.000 habitants avec plus de 100 écoliers encadrés par six instituteurs.

Aujourd'hui seulement 150 personnes, dont cinq enfants, vivent encore sur cette île longue de 3 km et large d'1,5 km, sans voiture.

La plupart sont des personnes âgées vivant de leurs retraites, de la pêche, de l'agriculture ou du tourisme.

L'hiver, le ferry reliant Susak à l'île voisine de Losinj n'est pas toujours en mesure d'accoster en raison d'intempéries.

A Susak, comme dans la plupart des écoles insulaires, une même institutrice est chargée de l'éducation primaire, quel que soit le niveau.

"Lorsque je suis entrée dans la classe il y a 25 ans, je ne disposais que d'une craie et d'une éponge et j'avais onze élèves d'âges différents", confie Barbara Busic-Ribaric, 48 ans, dont les cinq élèves actuels sont âgés de huit à quatorze ans.


"Nous sommes comme une famille"

 

Il y a cinq ans, l'établissement a rejoint le programme d'éducation en ligne qui relie les différentes écoles pour améliorer la qualité de l'éducation et prévenir les départs vers le continent.

Le programme fait partie d'une stratégie du gouvernement croate qui entend investir 150 millions d'euros par an afin de revitaliser les îles adriatiques, considérées comme un patrimoine culturel et historique national de premier ordre.

Susak, un labyrinthe de ruelles étroites balayées par les vents et bordées de maisons de pierre pittoresques, dispose d'une poste, de deux magasins, d'une église et d'un phare datant du XIXe siècle.

Faute d'élèves, l'école, récemment rénovée, a cédé son premier étage aux autorités portuaires, dont elle abrite les locaux.

Dominik Malovic et Ivan Macic, 12 ans, assis devant un écran, font des signes de la main à leurs camarades de classe virtuels.

Dominik a des dizaines d'amis, mais sur Facebook, avec lesquels il est en contact virtuel. Pourtant, il n'échangerait "pour rien au monde" sa petite classe contre une plus grande.

"J'adore jouer sur la plage, il n'y a pas d'automobiles et nous pouvons aller où nous voulons", s'exclame-t-il.

En hiver, il leur semble que l'île désertée par les touristes et dont les plages ne sont visitées que par quelques mouettes, leur appartient.

Le principal problème est le manque d'émulation et l'isolement des élèves, estime Mme Busic-Ribaric.

Le mauvais temps les a empêchés cette année d'aller à Losinj assister à une manifestation sur la préparation du pain.

"Nous avons envoyé nos échantillons la veille, mais nous avons malheureusement dû rester à la maison", a-t-elle regretté.

Ses élèves, qui lui rendent régulièrement visite à son domicile, lui remontent rapidement le moral. "Nous sommes comme une famille", dit-elle.

Pour Ivan, ils sont une équipe.

"L'institutrice et moi nous sommes la meilleure équipe de basket-ball, nous pouvons battre tout le monde", dit-il fièrement.

 

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Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.