CUMULUS, le plus sympathique des nuages

Par Eric Mas
Mercredi 1 juin 2016 à 13h00

Quand on vous parle de CUMULUS ne pensez pas à votre BEC, ballon d’eau chaude grand consommateur d’électricité, mais plutôt aux « balles de coton » qui décorent le ciel.

Quand on vous parle de CUMULUS ne pensez pas à votre BEC, ballon d’eau chaude grand consommateur d’électricité, mais plutôt aux « balles de coton » qui décorent le ciel.

Sans CUMULUS la voute céleste est trop immensément bleu. Avec lui on redevient enfant et on cède aux caprices de l’imagination pour voir, dans ses formes boursouflées, des visages à l’œil noir, au nez crochu, au menton en galoche, à la mèche rebelle, ou des animaux, surtout des dragons, et des châteaux où se réfugier, des montagnes où s’évader.

Le CUMULUS est un indépendant. Il vit sa vie et arrête sa croissance quand cela lui chante, ou presque. Il peut être lié à l’évolution diurne, c’est-à-dire qu’il se forme sur une colonne d’air s’élevant au-dessus d’un sol chauffé par le soleil. Cela peut arriver la nuit, au-dessus de massifs forestiers qui émettent encore de la chaleur et de l’humidité. Le soulèvement peut aussi être d’origine mécanique, lorsque le vent pousse une masse d’air au vent d’un relief, ou quand l’arrivée d’air froid soulève l’air chaud qui n’avait rien demandé.

Quand il est petit, plus large que haut, le CUMULUS est surnommé HUMILIS. Nuage de beau temps, en lente dérive dans un ciel bleu, il nait à l’aube et disparait au crépuscule. Sa naissance est généralement annoncée par quelques plages brumeuses reflétant les forts taux d’humidité dans les basses couches.

Quand il devient aussi large que haut, le pauvre mal nommé prend le nom de MEDIOCRIS. On lui en veut de faire de l’ombre, d’être un peu menaçant. Pourtant, même si cet adolescent commence à bourgeonner, il ne donne pas de précipitations. Ses parties exposées au soleil sont d’un blanc éclatant, c’est qu’il commence à y avoir un peu de glace là-haut. Les MEDIOCRIS ont aussi une spécialité. Probablement pour ne pas se sentir trop seuls, ils s’organisent parfois en bandes, parallèles à la direction du vent d’altitude. Les intervalles dégagés qui séparent ces bandes donnent un aspect de « rues de nuages » qui semblent converger vers un point. On les dit alors RADIATUS.

Si le soulèvement, thermique ou mécanique, est assez fort et durable, notre CUMULUS devient plus haut que large, et prend alors le nom de CONGESTUS. Plutôt que de râler contre l’averse qui ne tardera pas à tomber, jouons à découvrir au milieu des choux fleurs les visages de célébrités caricaturées. Sur le sommet d’un CONGESTUS, les observateurs les plus assidus pourront repérer, exceptionnellement, un PILEUS. C’est un capuchon, ou plutôt un béret blanc et lustré, qui ressemble au nuage lenticulaire formé sur les ondes sous le vent des montagnes. Ici ce n’est pas le sommet d’une onde, mais un violent CONGESTUS sur lequel PILEUS grimpe… et le rodéo ne durera pas longtemps, le béret sera vite absorbé par le développement vertical de sa monture. Evidemment, puisque il faut soleil et pluie pour faire un Arc-en-Ciel, on attribuera cette qualité supplémentaire à notre valeureux CONGESTUS.

Ces trois espèces, HUMILIS, MEDIOCRIS et CONGESTUS, qualifient bien les membres d’une même famille. Mais il y en a un qui s’est tellement développé par rapport à eux, que l’on considère qu’il fonde une famille à lui tout seul. Disons qu’il reste grand cousin puisque de même origine. Je reviendrai vous parler du roi des nuages, le CUMULONIMBUS.

Les CUMULUS fortement développés produisent de la pluie ou de la neige. La grêle, non. C’est l’apanage du CUMULONIMBUS.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.