CUMULUS, le plus sympathique des nuages

Par Eric Mas
Mercredi 1 juin 2016 à 14h36

Quand on vous parle de CUMULUS ne pensez pas à votre BEC, ballon d’eau chaude grand consommateur d’électricité, mais plutôt aux « balles de coton » qui décorent le ciel.

Quand on vous parle de CUMULUS ne pensez pas à votre BEC, ballon d’eau chaude grand consommateur d’électricité, mais plutôt aux « balles de coton » qui décorent le ciel.

Sans CUMULUS la voute céleste est trop immensément bleu. Avec lui on redevient enfant et on cède aux caprices de l’imagination pour voir, dans ses formes boursouflées, des visages à l’œil noir, au nez crochu, au menton en galoche, à la mèche rebelle, ou des animaux, surtout des dragons, et des châteaux où se réfugier, des montagnes où s’évader.

Le CUMULUS est un indépendant. Il vit sa vie et arrête sa croissance quand cela lui chante, ou presque. Il peut être lié à l’évolution diurne, c’est-à-dire qu’il se forme sur une colonne d’air s’élevant au-dessus d’un sol chauffé par le soleil. Cela peut arriver la nuit, au-dessus de massifs forestiers qui émettent encore de la chaleur et de l’humidité. Le soulèvement peut aussi être d’origine mécanique, lorsque le vent pousse une masse d’air au vent d’un relief, ou quand l’arrivée d’air froid soulève l’air chaud qui n’avait rien demandé.

Quand il est petit, plus large que haut, le CUMULUS est surnommé HUMILIS. Nuage de beau temps, en lente dérive dans un ciel bleu, il nait à l’aube et disparait au crépuscule. Sa naissance est généralement annoncée par quelques plages brumeuses reflétant les forts taux d’humidité dans les basses couches.

Quand il devient aussi large que haut, le pauvre mal nommé prend le nom de MEDIOCRIS. On lui en veut de faire de l’ombre, d’être un peu menaçant. Pourtant, même si cet adolescent commence à bourgeonner, il ne donne pas de précipitations. Ses parties exposées au soleil sont d’un blanc éclatant, c’est qu’il commence à y avoir un peu de glace là-haut. Les MEDIOCRIS ont aussi une spécialité. Probablement pour ne pas se sentir trop seuls, ils s’organisent parfois en bandes, parallèles à la direction du vent d’altitude. Les intervalles dégagés qui séparent ces bandes donnent un aspect de « rues de nuages » qui semblent converger vers un point. On les dit alors RADIATUS.

Si le soulèvement, thermique ou mécanique, est assez fort et durable, notre CUMULUS devient plus haut que large, et prend alors le nom de CONGESTUS. Plutôt que de râler contre l’averse qui ne tardera pas à tomber, jouons à découvrir au milieu des choux fleurs les visages de célébrités caricaturées. Sur le sommet d’un CONGESTUS, les observateurs les plus assidus pourront repérer, exceptionnellement, un PILEUS. C’est un capuchon, ou plutôt un béret blanc et lustré, qui ressemble au nuage lenticulaire formé sur les ondes sous le vent des montagnes. Ici ce n’est pas le sommet d’une onde, mais un violent CONGESTUS sur lequel PILEUS grimpe… et le rodéo ne durera pas longtemps, le béret sera vite absorbé par le développement vertical de sa monture. Evidemment, puisque il faut soleil et pluie pour faire un Arc-en-Ciel, on attribuera cette qualité supplémentaire à notre valeureux CONGESTUS.

Ces trois espèces, HUMILIS, MEDIOCRIS et CONGESTUS, qualifient bien les membres d’une même famille. Mais il y en a un qui s’est tellement développé par rapport à eux, que l’on considère qu’il fonde une famille à lui tout seul. Disons qu’il reste grand cousin puisque de même origine. Je reviendrai vous parler du roi des nuages, le CUMULONIMBUS.

Les CUMULUS fortement développés produisent de la pluie ou de la neige. La grêle, non. C’est l’apanage du CUMULONIMBUS.