Les ailerons de requins perdent de leur prestige

Mardi 19 mars 2013 à 07h40

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La décision historique de protéger cinq espèces de requins menacées de surpêche, prise cette semaine par la communauté internationale, est un nouveau coup dur pour le commerce des ailerons à Hong Kong, qui pâtit d'un début de désamour de la part des gourmets asiatiques, notamment les jeunes.


Les marchands d'ailerons assurent que l'impact de ces restrictions sera minimal car ils continueront d'importer d'autres espèces, qui échappent à la protection de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites).


Appliquer la loi sera en outre difficile, les requins protégés (requin océanique à pointe blanche, trois requins-marteaux et requin-taupes) étant difficiles à différencier d'autres squales.


Mais les campagnes menées depuis plusieurs années par des associations de protection de l'environnement commencent à porter leurs fruits. Les importations à Hong Kong d'ailerons ont chuté à 3.351 tonnes en 2012, contre 10.340 en 2011, selon les chiffres officiels du gouvernement hongkongais.


La moitié du commerce des ailerons s'effectue à Hong Kong, territoire au sud de la Chine, où ces appendices, préparés le plus souvent sous forme de soupe gélatineuse, constituent un mets de choix -et onéreux- lors des banquets.


Depuis deux ans, de plus en plus d'entreprises se passent des ailerons. La compagnie aérienne du territoire, Cathay Pacific, ne transporte plus en fret la viande ou des ailerons de requins pêchés à l'état sauvage. Plusieurs chaînes d'hôtels de luxe, telles que Shangri-La et Peninsula, ont banni de leurs restaurants les plats à base d'ailerons.


Dans l'odorante "Dried Seafood street" (la rue des produits de la mer séchés) sur l'île de Hong Kong, des dizaines de boutiques étalent leurs produits: des ailerons de qualité moyenne, enveloppés dans du plastique transparent, aux produits premier choix, exposés dans des vitrines sous clé, dont le prix peut atteindre 10.000 dollars de Hong Kong le kilo (1.000 euros).


"De plus en plus de jeunes estiment que la soupe d'ailerons est un plat cruel", soupire Frederick Yu, commerçant dans ce secteur depuis dix ans.


"Pour les Chinois, il n'y a que deux mets de prestige: les ailerons et les ormeaux. Les Occidentaux mangent du caviar et du foie gras, c'est pas cruel ça? Pourquoi veulent-ils nous obliger à cesser de manger des ailerons?", s'indigne-t-il.


Le commerçant affirme soutenir les mesures de protection des requins mais regrette que les commerçants soient les premiers visés.
 


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