Pollution record en Méditerranée

Lundi 24 novembre 2014 à 16h02

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La goélette d'exploration Tara est arrivée ce week-end soir à Lorient après un périple de sept mois en Méditerranée pour traquer les microplastiques qui a abouti à des constats "édifiants" sur l'ampleur de la pollution, non seulement près des villes mais également en pleine mer.


Après avoir parcouru 15.000 km (8.000 milles nautiques), le voilier a été accueilli samedi dans son port d'attache par un millier de personnes, selon Lorient Agglomération, mais aussi par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, à l'occasion du premier jour de la semaine européenne de réduction des déchets.

 

"Les premiers constats de l'expédition sont édifiants", a assuré Gaby Gorsky, directeur scientifique de l'expédition. "A chaque relevé de filet, il a été prélevé des échantillons de plastique ou de microplastiques, et ce dans toute la Méditerranée", a précisé Stéphane Bruzaud, de l'Université de Bretagne Sud, soulignant des concentrations plus importantes dans les eaux de certains pays, ainsi qu'à proximité des grandes villes, ports et zones touristiques.

 

Mais des "concentrations non négligeables" ont également été observées en haute mer, a relevé le Pr Bruzaud, un des nombreux scientifiques associés à cette mission, la première d'une telle envergure dans la Grande Bleue. Ces microplastiques (moins de 5 mm) sont le résultat d'un processus de dégradation ou d'érosion sur de longues périodes.

"La Méditerranée connaît en moyenne les densités de plastique les plus importantes au monde, avec 250 milliards de microplastiques", a souligné François Galgani, chercheur à l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). La Méditerranée est une mer petite et quasi fermée et qui génère beaucoup d'activités touristiques. "Toutes les conditions sont réunies pour qu'il y ait un degré de pollution extrêmement élevé", a estimé le Pr Bruzaud. Cette mer, qui représente moins de 1% de la surface des océans, est une incroyable réserve de biodiversité (8% des espèces), mais elle subit une forte pression avec 90% de la pollution qui vient de la terre.

 

Lors de l'expédition, quelque 2.300 échantillons ont été prélevés, tant au large que près des côtes, des embouchures de rivières ou des ports. La composition chimique du plastique collecté sera étudiée, tout comme l'interaction entre le zooplancton, base de la chaîne alimentaire marine, et le plastique. "Il y a déjà des échantillons de microplastiques qui ont pénétré la chaîne alimentaire avec des effets aujourd'hui sur la santé humaine qui sont encore inconnus", a souligné Stéphane Bruzaud, dont le laboratoire, le LIMATB, sera chargé d'analyser et identifier (PVC, polystyrène, polyéthylène...) les microplastiques récupérés afin notamment de pouvoir proposer des produits de substitution. Les premiers résultats de la mission, dont le coût est de 1,6 million d'euros, devraient être connus à partir du printemps.

 

"La pollution des océans en général et de la Méditerranée en particulier est un fléau", a déclaré de son côté Ségolène Royal. "Il faut que tout le monde s'y mette" pour la réduire, a-t-elle dit à la presse après avoir salué l'équipage. "Les résultats de cette nouvelle expédition vont être regardés de très près par les services du ministère de l'Ecologie, par l'Ifremer, par le CNRS" (...). "Qu'un bateau puisse partir 7 mois en Méditerranée pour constater les dégâts de la pollution par les plastiques, ça justifie les décisions prises maintenant d'interdiction des sacs plastiques à usage unique à partir de janvier 2016", a-t-elle ajouté.

 


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