La Corse orientale, l’autre visage de l’île de Beauté
Entre plages rectilignes, étangs côtiers, rivières aux eaux limpides et premiers reliefs montagneux, cette façade orientale offre une lecture différente de l’île. Le territoire de la Plaine Orientale s’étire sur près de 80 km le long de la côte est, de Moriani à Aléria, sur une largeur moyenne d’une quinzaine de kilomètres. Cette vaste ouverture vers la mer contraste avec l’image souvent plus minérale et escarpée associée à la Corse, tout en permettant un accès rapide à l’intérieur montagneux.
Depuis quelques années, cette région attire une nouvelle génération de voyageurs, sensibles à un tourisme plus doux, mieux réparti et plus respectueux des équilibres locaux. Ici, l’accueil repose davantage sur des initiatives à taille humaine, portées par des habitants attachés à leur territoire et conscients de sa fragilité.
La Costa Verde, douceur littorale et traditions rurales
Au nord de la Corse orientale, la Costa Verde déroule environ 17 km de plages de sable fin, bordées par une mer aux pentes progressives. Ce littoral accessible, souvent apprécié des familles, se distingue par une atmosphère plus ouverte, loin de la pression foncière observée ailleurs sur l’île. Le port de plaisance et les infrastructures existantes permettent de profiter de la mer sans dénaturer le paysage.
L’arrière-pays joue un rôle clé dans l’identité de la Costa Verde. Les routes s’élèvent rapidement vers des villages perchés, offrant des vues dégagées sur la plaine et la mer. À Cervione, souvent surnommé le balcon de la côte orientale, le patrimoine bâti, les traditions agricoles et les produits du terroir racontent une Corse rurale encore bien vivante. Noiseraies, petites exploitations et marchés locaux participent à une économie plus ancrée dans le territoire.
En contrebas, Moriani-Plage concentre une animation estivale assumée, avec ses activités nautiques, ses commerces et ses soirées en bord de mer. L’ensemble reste toutefois à une échelle raisonnable, permettant de conjuguer vie locale et fréquentation touristique sans saturation.
La Costa Serena, la Corse en version complète
Située à mi-chemin entre Bastia et Bonifacio, la Costa Serena occupe une position centrale stratégique. Elle regroupe plusieurs territoires aux identités marquées, notamment la Casinca, la Castagniccia et le Fium’orbu, offrant une diversité de paysages rarement égalée sur une portion aussi compacte de l’île.
Le littoral, façonné par les apports alluviaux du Tavignanu, alterne plages de sable clair et zones humides remarquables. Les étangs côtiers jouent un rôle écologique majeur et abritent une faune variée, tandis que les rivières descendant de la montagne forment des vasques naturelles très appréciées lors des fortes chaleurs. Plus en altitude, la Castagniccia dévoile une Corse plus confidentielle, marquée par les forêts de châtaigniers et les villages disséminés sur les crêtes.
La randonnée y occupe une place centrale, avec de nombreux sentiers reliant mer et montagne à travers le maquis et les pinèdes. Les plus sportifs peuvent s’essayer à la via ferrata de Chisa, qui offre une approche spectaculaire du relief tout en restant accessible. Côté plage, Chiosa à Solaro s’impose comme un point fort, avec son large ruban de sable et sa vue dégagée sur les aiguilles de Bavella, visibles par temps clair.
La Côte des Nacres, élégance naturelle du sud-est
En descendant vers le sud, la Côte des Nacres marque une transition progressive vers la Corse-du-Sud, tout en conservant une identité propre. Son nom, hérité d’un coquillage autrefois abondant, évoque un littoral finement découpé, où les criques alternent avec de longues plages ouvertes.
Ce territoire à taille humaine séduit par son équilibre entre mer et montagne. Les plages de Canella, Tarco ou Scaffa Rossa offrent des ambiances variées, entre zones plus animées et secteurs plus sauvages. La proximité immédiate de l’arrière-pays permet de quitter la côte en quelques minutes pour rejoindre des villages ou s’enfoncer vers les reliefs de Bavella.
À Solenzara, la plage de Scaffa Rossa illustre bien cette dualité. Bordée de rochers et ouverte sur une mer limpide, elle bénéficie d’un cadre spectaculaire, avec les aiguilles de Bavella en toile de fond. L’animation estivale y est bien présente, sans pour autant masquer le caractère naturel du site.
Une Corse orientale en phase avec son temps
La Corse orientale ne cherche pas à imiter les destinations les plus médiatisées de l’île. Elle propose une autre approche du voyage, plus progressive, plus lisible et souvent plus accessible. La diversité de ses paysages, la place laissée aux activités de pleine nature et la volonté de préserver les équilibres environnementaux en font un territoire en phase avec les attentes actuelles.
Loin des clichés, cette façade est de l’île révèle une Corse ouverte, contrastée et profondément authentique. Une région longtemps sous-estimée, qui s’affirme aujourd’hui comme une évidence pour celles et ceux qui souhaitent découvrir l’île de Beauté autrement, sans renoncer à la richesse de ses paysages ni à la profondeur de son identité.
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