Escale à Capri

Nature préservée et vestiges antiques
Dès le XIXe siècle, les romantiques allemands et les intellectuels européens voyaient dans Capri une image mythique de la nature. Aujourd’hui encore, son décor reste saisissant : falaises calcaires plongeant dans la mer, calanques secrètes, arches naturelles et sentiers couverts de végétation méditerranéenne. L’île a été préservée en partie grâce à l’action de mécènes comme l’Allemand A. F. Krupp, qui fit aménager les spectaculaires jardins d’Auguste.
La richesse écologique est partout : une flore endémique qui grimpe sur les rochers, une faune sous-marine foisonnante et des paysages marins à couper le souffle. Capri est autant une terre d’aventure qu’un refuge contemplatif.
Une richesse culturelle hors du commun
Capri a toujours été convoitée. Les empereurs Auguste et Tibère y construisirent leurs villas pour s’isoler du tumulte de Rome. La Villa Jovis, perchée à 330 mètres d’altitude, domine encore aujourd’hui la baie de Naples et offre un panorama exceptionnel. Plus tard, d’autres villas se sont ajoutées, comme celle de Damecuta, ou l’escalier phénicien reliant Marina Grande à Anacapri.
L’île ne s’est jamais arrêtée d’inspirer. Dans les années 1930, l’écrivain Curzio Malaparte fit bâtir sa villa moderniste sur un éperon rocheux, immortalisée par Godard dans Le Mépris. Capri est ainsi devenue un lieu où l’histoire ancienne dialogue avec l’avant-garde.
Découvrir Capri côté mer
Vue de la mer, Capri révèle son visage le plus spectaculaire. Le tour de l’île en bateau permet de longer ses falaises vertigineuses, ses grottes aux reflets changeants (bleue, verte, blanche, rouge) et ses criques inaccessibles autrement. Les Faraglioni, ces trois pitons rocheux surgissant des flots, sont devenus l’emblème de Capri.
Pour les navigateurs, l’escale demande une organisation. En haute saison, la fréquentation est intense et le mouillage n’est pas toujours aisé. La petite crique au pied de l’hôtel Weber, protégée par une avancée rocheuse, reste l’un des rares abris agréables. On y jette l’ancre par 6 mètres de fond, face aux Faraglioni, dans une eau d’une limpidité exceptionnelle. Mais il faut éviter par vents de sud et sud-est.
Le port principal, Marina Grande, est une escale très fréquentée mais incontournable pour rejoindre l’île. Les places sont limitées et les tarifs élevés, reflet de la demande. Une alternative consiste à passer par Marina Piccola, plus intimiste, située au sud, face aux Faraglioni : idéale pour débarquer rapidement en annexe et profiter de la baignade.
Escapades et panoramas
Capri ne se vit pas seulement depuis la mer. À terre, l’île dévoile une diversité surprenante. L’église de Santa Maria del Soccorso, édifiée sur les ruines de la Villa Jovis, permet d’embrasser un panorama spectaculaire sur Ischia, Procida et la côte de Sorrente.
À Anacapri, la Villa San Michele, ancienne demeure d’Axel Munthe, abrite une collection d’art remarquable et surtout un jardin primé, considéré comme l’un des plus beaux parcs privés d’Italie. Les randonneurs trouvent aussi leur bonheur : l’Arco Naturale et la montée vers la Villa Malaparte offrent des vues inoubliables, même si l’effort est soutenu.
Pour une expérience plus douce, louer un scooter reste le meilleur moyen d’explorer l’intérieur de l’île à l’italienne, cheveux au vent et arrêts improvisés dans les ruelles parfumées de bougainvilliers.
Plonger dans l'ambiance
Lire
Lettres de Capri, Mario Soldati, Autrement, 2008. Sur fond d’amour et de trahison, un roman dur, violent, entre Américains et Italiens dans l’Italie de l’après-guerre. Publié en 1954, ce roman reçut le prestigieux prix Strega.
Capri, petite île, Félicien Marceau, éd. Gallimard, 2002. La fine fleur de la société européenne s’est fixée à Capri, mais le personnage principal est bien Capri qui agit sur chacun d’une façon subtile et surprenante, faisant d’une lady, une voleuse, et d’un jeune homme ardent, un abruti...
Écouter
Hervé Villard, Capri c’est fini, 1965. Titre emblématique des années 60 qui lança la carrière de son interprète, aujourd’hui vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires.
Angelo Petisi, La tarentelle napolitaine. Certains l’affirment : la première tarentelle se dansa sur le sol de Capri par les Grecs qui venaient d’y aborder...
Gilbert Becaud, Mourir à Capri, 1964 "Ce soir, on va danser et boire et rire ; ce soir, on va s’aimer, sans mentir... À Capri !"
Regarder
Le mépris (1963) de Jean-Luc Godard avec Michel Piccoli, Brigitte Bardot et Jack Palance. Paul Javal, scénariste, et son épouse Camille rejoignent la villa Malaparte à Capri, afin de terminer le scénario mal engagé d’une adaptation de l’Odyssée. À tort, Camille s’imagine que son mari la pousse dans le lit du producteur, laissant s’immiscer dans le couple, malentendus et mépris.
Vanille fraise (1989) de Gérard Oury avec Pierre Arditi et Sabine Azéma. Une mère de famille, lassée des écarts de son mari, reprend son rôle d’espionne, abandonné dix ans auparavant et part en mission en Italie. Mais le mari, jaloux se lance à la recherche de sa femme.
Déguster
Si l’on se réfère à deux des spécialités culinaires de l’île, la salade Caprese et les pêches à la Capri, nous sommes tous des Capresis, tant ces plats sont entrés dans les mœurs. L’insalata Caprese, alternance de tomates et de mozzarella coupées en tranches, assaisonnées d’un filet d’huile d’olive et parsemées de feuilles de basilic. Les pêches à la Capri qui se servent en dessert consiste à faire mariner des demi-quartiers de fruit dans un mélange bouillant de vin rouge, de citron, de sucre et de vanille.
Les plaisirs de la table et de la Dolce Vita
Capri a ses symboles culinaires. L’incontournable insalata Caprese - tomates mûres, mozzarella di bufala, basilic et huile d’olive - se savoure aussi bien dans une trattoria que sur les terrasses chics. Les pêches à la Capri, dessert typique, marient vin rouge, citron, sucre et vanille pour une douceur estivale.
Pour prolonger l’expérience, les tables ne manquent pas :
- Colombaia, la gastronomie raffinée du Grand Hôtel Quisisana.
- Torre Saracena, perchée sur pilotis à Marina Piccola, face aux Faraglioni.
- Terrazza Brunella, discrète et romantique, sur les hauteurs.
Côté hébergements, Capri aligne les adresses mythiques. Le Capri Palace, hôtel-spa dans un ancien palais napolitain, offre luxe et sérénité à Anacapri. Le Mamela, élégant et entouré d’un grand jardin, séduit par son raffinement discret. Quant à l’Hotel Punta Tragara, sculpté dans la roche face aux Faraglioni et imaginé d’après un dessin de Le Corbusier, il incarne l’audace architecturale de l’île.
Capri dans la culture et l’imaginaire
Capri a inspiré plumes, chanteurs et cinéastes. Mario Soldati (Lettres de Capri) et Félicien Marceau (Capri, petite île) ont immortalisé l’île en littérature. Hervé Vilard avec Capri, c’est fini ou Gilbert Bécaud avec Mourir à Capri ont chanté son aura. Le cinéma, de Godard à Oury, en a fait un décor iconique. Capri reste une muse, transformant chaque visite en expérience artistique.
Capri est une île où tout semble se condenser : la beauté brute de la nature, la profondeur de l’histoire, la douceur de vivre méditerranéenne et une aura culturelle incomparable. Vue depuis la mer ou explorée à pied, elle laisse une impression d’éblouissement qui explique son succès intemporel. Escale exigeante pour les plaisanciers mais toujours inoubliable, Capri continue d’incarner le rêve italien dans sa forme la plus éclatante.
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