Réserve marine de Cerbère Banyuls : un projet d’extension qui change d’échelle

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Sur la côte Vermeille, la réserve naturelle nationale marine de Cerbère Banyuls entre dans un moment décisif. L’enquête publique ouverte du 13 avril au 22 mai 2026 porte sur un projet d’extension d’ampleur : le périmètre protégé passerait de 650 à 1 680 hectares. Derrière ce changement de dimension, l’objectif est clair : mieux protéger des fonds marins remarquables, tout en redessinant les règles d’usage sur un secteur aussi précieux que fréquenté.

Une réserve emblématique face à de nouveaux enjeux
À Cerbère et Banyuls, la réserve marine fait partie du paysage depuis des décennies. Mais aujourd’hui, le sujet n’est plus seulement de conserver un périmètre historique. Il est de savoir si ce périmètre est encore à la hauteur des réalités écologiques du littoral. Le projet présenté dans le cadre de l’enquête publique part précisément de ce constat : les milieux à protéger, les espèces à préserver et la pression exercée sur cette portion de côte dépassent désormais les limites actuelles de la réserve. L’idée n’est donc pas d’ajouter quelques hectares de plus sur une carte. Elle consiste à repenser l’échelle de protection sur un secteur marin stratégique, entre le cap Béar, à Port Vendres, et le cap Cerbère, à l’extrême sud du littoral français avant l’Espagne.

 

De 650 à 1 680 hectares, un véritable changement de dimension
C’est le chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du projet : la réserve passerait de 650 à 1 680 hectares, soit 1 030 hectares supplémentaires. L’extension envisagée concerne uniquement le milieu marin. Elle s’accompagne aussi de la création de 2 nouvelles zones de protection renforcée, l’une de 38 hectares au niveau du cap Oullestrell, l’autre de 32 hectares au niveau du cap Cerbère, en plus de la zone déjà existante. 
Ce changement d’échelle n’a rien d’anecdotique. Il vise à mieux couvrir des habitats jugés majeurs sur cette façade méditerranéenne, notamment les herbiers de posidonie, le coralligène et les fonds rocheux. Le dossier met aussi en avant un enjeu très concret : permettre une amélioration de la diversité, de la densité et de la taille des individus dans les zones protégées, avec des effets attendus sur des espèces sensibles comme le mérou brun ou le corb.

 

Protéger plus, sans fermer uniformément la mer
C’est là que le dossier devient particulièrement scruté sur le terrain. Car cette extension ne signifie pas une interdiction générale de toutes les pratiques. Le principe retenu repose plutôt sur un niveau de protection modulé selon les secteurs. Les zones de protection renforcée resteraient les plus strictement encadrées, tandis que dans le périmètre élargi, plusieurs usages continueraient d’exister sous conditions. Cette logique cherche à concilier préservation du vivant et présence d’activités déjà bien installées sur la côte Vermeille. 
Autrement dit, le projet ne dessine pas une mer mise sous cloche. Il cherche plutôt à mieux répartir les règles selon la sensibilité des espaces, dans une zone où cohabitent navigation, plongée, pêche de loisir, baignade et fréquentation touristique.

Une procédure entrée dans sa phase la plus concrète
Le projet n’en est plus au stade des intentions. Selon le Département, la démarche a été lancée en 2020 puis nourrie par une concertation menée entre janvier 2022 et juin 2023, avec l’appui des services de l’État, du Parc naturel marin du golfe du Lion, de l’Observatoire océanologique de Banyuls ainsi que des universités de Perpignan et de Montpellier. Le dossier a ensuite reçu un avis favorable du Conseil national de la protection de la nature en septembre 2024, avant d’entrer dans la phase d’enquête publique au printemps 2026.
Cette enquête publique se tient du 13 avril au 22 mai 2026. Le public peut consulter le dossier et formuler ses observations, une étape essentielle avant une éventuelle suite réglementaire. Une réunion publique est également prévue le 5 mai à Banyuls sur Mer. Le projet sort donc du cercle des études et des expertises pour entrer dans celui du débat ouvert.

 

Sur la côte Vermeille, une décision qui dépassera le seul périmètre de la réserve
Au fond, l’enjeu dépasse largement le tracé de futures limites marines. Ce qui se joue ici, c’est la manière de protéger un littoral déjà très connu, très observé et très sollicité, sans attendre que les équilibres se dégradent davantage. En s’alignant aussi sur l’objectif d’augmenter les zones de protection forte au sein du Parc naturel marin du golfe du Lion, le projet s’inscrit dans une évolution plus large des politiques de préservation en Méditerranée. 
À Cerbère Banyuls, l’enquête publique ouvre donc une séquence décisive. Parce qu’elle pose une question de fond, simple en apparence mais essentielle sur le terrain : jusqu’où faut-il aller pour protéger durablement une mer que tout le monde veut continuer à fréquenter ?

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.