José Tofani, maître artisan sellier à Beaulieu : “Lorsqu’un plaisancier vient nous voir, nous fabriquons sur-mesure”
Le Figaro Nautisme : Vous êtes installé à Beaulieu-sur-Mer depuis longtemps. Quel est votre parcours et comment êtes-vous venu à ce métier ?
José Tofani : “J’ai ouvert mon atelier à Beaulieu-sur-Mer en 1993. J’ai toujours fait ce métier. Au départ, je n’étais pas du tout plaisancier. Je connaissais un sellier, j’étais jeune, je lui ai demandé s’il avait du travail pour moi, et comme je suis manuel, nous avons démarré comme cela. Avec le temps, l’activité s’est développée. Aujourd’hui, nous travaillons surtout pour les particuliers. Il peut encore m’arriver d’intervenir pour des chantiers, notamment du côté de Beaulieu ou de Saint-Jean-Cap-Ferrat, mais nous n’avons pas ici de gros chantier. Nous sommes installés en ville, avec un showroom et un atelier.”
Le Figaro Nautisme : Concrètement, quels types de travaux réalisez-vous, sur un bateau comme à terre ?
José Tofani : “Nous faisons de la décoration et, dans certains cas, des clients nous emmènent aussi travailler dans leur villa. Nous réalisons donc également de la déco et des rideaux hors du cadre nautique. Sur les bateaux, en revanche, nous faisons vraiment tout : moquettes, rideaux, canapés, bâches, coussins extérieurs. Lorsqu’un plaisancier vient nous voir, nous fabriquons sur-mesure. Nous travaillons encore à la main. Il n’y a pas de robotisation chez nous.”
Le Figaro Nautisme : Le sur-mesure reste donc au cœur du métier. Comment s’organise le travail au quotidien ?
José Tofani : “Oui, le sur-mesure reste central. Les délais dépendent des périodes et de la charge de travail du moment. Il y a parfois des délais, mais nous n’avons pas vraiment de saison plus chargée qu’une autre, parce que nous avons une clientèle fidèle. Et si les clients veulent leur bateau prêt à temps, ils s’y prennent en général assez tôt.”
Le Figaro Nautisme : Vous êtes Sunbrella Partner. Quelle place occupent les matériaux et les tissus dans votre travail ?
José Tofani : “Nous travaillions déjà avec Sunbrella avant la création du programme Sunbrella Partner, puis nous sommes rapidement devenus partenaires lorsqu’il a été lancé. Dans la toile acrylique, nous travaillons uniquement avec Sunbrella.
Dans le nautisme, les contraintes sont particulières. Entre le soleil, l’extérieur et le milieu marin, il faut des produits adaptés. Chez Sunbrella, par exemple, la toile pour coussins est spécifique à ces usages.
Pour juger un tissu, il faut le mettre en application et voir comment il vieillit. Beaucoup de nouveautés disparaissent parce qu’on se rend compte que ce ne sont que des images. Chez Sunbrella, il y a un suivi et cela tient la route. Pour les coussins, il y a une vraie personnalisation. Pour les bâches, on travaille avec différentes références, mais le choix du client se joue surtout sur les couleurs.”
Le Figaro Nautisme : À quoi reconnaît-on, selon vous, une belle sellerie nautique ?
José Tofani : “Une belle sellerie, ce sont d’abord de belles coutures et de belles finitions. Il y a aussi le confort, ainsi que l’utilisation des matériaux. Je vois rapidement si les matériaux vont tenir la route ou non.”
Le Figaro Nautisme : Y a-t-il un projet ou un bateau qui vous a particulièrement marqué au fil des années ?
José Tofani : “Oui, il y a notamment un bateau sur lequel nous avons refait à l’identique des fauteuils en soie, avec des broderies comme à l’origine. Nous y avons réalisé beaucoup de travaux. Ce sont des projets comme celui-là qui marquent une carrière, parce qu’ils demandent à la fois de la précision et le respect de l’existant.”
Le Figaro Nautisme : L’entreprise entre aussi dans une nouvelle phase. Comment s’organise la transmission aujourd’hui ?
José Tofani : “Je suis officiellement à la retraite. Aujourd’hui, Guillaume, qui est mon gendre, a repris l’entreprise avec mon épouse, et nous sommes 5 au total.
L’idée, c’était vraiment que l’entreprise continue. Nous avons créé une belle entreprise au fil des années et nous voulions absolument qu’elle dure. Guillaume a été formé depuis quelques années, et nous continuons à l’accompagner pour faire perdurer le savoir-faire et satisfaire la clientèle.”
Le Figaro Nautisme : Le métier attire-t-il encore les jeunes, selon vous ?
José Tofani : “Je pense que oui, mais ce n’est pas toujours simple. L’Éducation nationale a créé un CAP de sellerie il y a quelques années, mais cela ne nous aide pas beaucoup, parce que les profils sélectionnés ne correspondent pas toujours au niveau dont nous avons besoin pour faire du sur-mesure.
Pour autant, cela reste un métier d’avenir, parce qu’on ne peut pas vraiment le remplacer industriellement.”
Retrouvez la sellerie Tofani :
Showroom 16 boulevard Maréchal Joffre, 06310 Beaulieu-sur-Mer
Atelier 39 avenue Maréchal Joffre, 06310 Beaulieu-sur-Mer
04 93 01 69 15, contact@sellerie-tofani.fr, sellerietofani.fr




