En prenant le départ de Vigo de la deuxième étape de La Solitaire du Figaro Paprec, dimanche dernier, Marie Gendron (Kereis SNCF Voyageurs) aurait tout de suite signé pour mener la flotte. Mais elle ne le sait que trop bien, tant que la ligne n’est pas franchie la victoire peut s’envoler. A l’heure actuelle, le chemin est encore long pour rejoindre Pornichet, d’autant plus que les conditions météorologiques sur zone ne vont certainement pas aider les figaristes dans leur progression. Tous attendent avec impatience la bascule du vent à l’est, une bascule qui permettra de caler sa stratégie pour la suite.

Grâce un bon placement et de l’opiniâtreté, Marie Gendron, skipper du Figaro Kereis SNCF Voyageurs, réussit une très belle étape. La bizuth mène la flotte dans le petit temps. Des conditions qu’elle adore, « je me retrouve bien dans ces conditions, j’adore le petit temps. Je suis venue sur La Solitaire pour avoir du match, je suis vraiment contente que cela se passe comme ça », confie Marie Gendron.
Derrière la navigatrice nantaise, la fronde s’organise. Le très expérimenté Adrien Hardy sur Sans Nature, pas de Futur ! n’est pas loin, tout comme Paul Loiseau sur Région Bretagne – CMB Espoir. Deux bizuths dans le top 3, cette étape a de l’allure et, du fait de l’étalement de la flotte, personne n’arrive vraiment à sortir son épingle du jeu. A noter la très belle quatrième place d’Ellie Driver sur STEM on the Startline, positionnée au milieu de la flotte. Dès que la bascule arrivera quelques changements devraient s’opérer. Tous ont encore une réelle chance et cette avant-dernière journée sur l’eau promet de belles passes d’armes.
Délicatesse et finesse
Sur l’eau, les marins tentent de garder le peu de vitesse qu’ils ont réussi à générer dans les risées. En passant à côté des marins, il est amusant de constater que les déplacements et les manœuvres des solitaires sont aussi mesurés que le vent. Pas de précipitation dans les gestes, tout est calculé, même les paroles sont délicates.
A croire que la moindre erreur pourrait avoir des répercussions dramatiques. « Il n’y a pas beaucoup de vent mais la mer est calme. Il y a 2, 3 nœuds mais on arrive à bien glisser. Tu as vite fait de perdre la vitesse et que le bateau s'arrête, dès que tu es bien réglé, le bateau file bien, le but est de rester concentré pour que le bateau puisse garder son inertie », analyse Thomas de Dinechin sur Almond for Pure Ocean.
Les voiles sont à peine gonflées sur les Figaro Beneteau 3. Mais ils avancent et dans la bonne direction. Si la concentration est de mise, les marins n’oublient pas pour autant le confort à bord. Malmenés depuis le départ, tous tentent de faire sécher leur intérieur et leurs effets personnels. « J’ai fait tourner le moteur pour pouvoir faire sécher l’intérieur et même le spi qui était trempé. J’avais un excédent d’eau, j’en ai aussi profité pour me faire un bon shampoing, ça me permet aussi de m’alléger un peu ! », confiait Chloé Le Bars (Skipper Macif 2026)

Paroles de marins
Ellie Driver (STEM on the Startline) : « Je suis vraiment satisfaite de ce que j’arrive à faire sur l’eau mais je reste concentrée car la suite n’est pas si facile que ça. Il va falloir bien travailler dans les transitions ».
Laure Galley (Hauterive) : « On est dans la meule. Hier, nous avions un vent assez bien établi et puis cette nuit, il a commencé à y avoir des bonnes phases de pétole, mais le vent finissait toujours pas rentrer, re-rentrer par l'ouest et puis là, ce matin, ça a commencé à rentrer par le nord-ouest. L'idée c'est d'essayer de récupérer du vent de la direction opposée. Pas forcément évident de savoir où on en est par rapport à la situation météo. Les fichiers commencent à être un peu anciens, mais il faut prendre son mal en patience et essayer d'avancer avec le vent qu'on a et surtout de rester avec le bon paquet ».
Chloé Le Bars (Skipper Macif 2026) : « Je vais bien, je suis contente qu'il y ait du soleil, je pense et j'espère que nous sommes du bon côté pour la prochaine bascule. J'espère que ça va marcher. Après je suis bien fatiguée, j'essaie de faire pas mal de petites siestes. J’ai eu quelques soucis qui se sont enchaînés pendant les nuits et je n’ai pas très bien dormi donc j'essaye de récupérer comme je peux. Il faut être pas mal concentré quand même, le bateau peut vite ralentir ».
Thomas de Dinechin (Almond for Pure Ocean) : « La nuit était un peu humide mais, ça y est, il fait beau et sec donc ça fait du bien. Je suis plutôt dans le groupe qui était à droite et on voit que depuis hier ça distribue, ça avance un coup sur le groupe de gauche, un coup sur le groupe de droite. C'est un peu le yo-yo pour le moment mais on reste calme et je pense qu'il va se passer encore pas mal de trucs avant d'arriver à Pornichet.
La suite c'est compliqué avec la météo mais je pense que ce n’est pas fiable du tout. Les modèles ont du mal à comprendre ce qui se passe L’idée pour la suite est vraiment de faire ma trajectoire, être opportuniste, prendre le vent comme il est clairement. C'est faire aussi le moins de route possible dans l'incertitude et faire ce qu'on appelle un bord rapprochant mais là j'ai l'impression qu'on ne va pas être très maître de notre destin ».
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