Monaco Energy Boat Challenge 2026 : Swiss Solar Boat s’impose, les technologies nautiques progressent

Régates
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Batteries plus performantes, intelligence artificielle, e-méthanol, hydrogène et nouveaux records sur l’eau : la 13e édition du Monaco Energy Boat Challenge a confirmé l’accélération des innovations dans le nautisme. Pendant quatre jours, étudiants, chercheurs et industriels ont confronté leurs technologies aux réalités de la navigation.

Batteries plus performantes, intelligence artificielle, e-méthanol, hydrogène et nouveaux records sur l’eau : la 13e édition du Monaco Energy Boat Challenge a confirmé l’accélération des innovations dans le nautisme. Pendant quatre jours, étudiants, chercheurs et industriels ont confronté leurs technologies aux réalités de la navigation.

© StudioBorlenghi

 

Pendant quatre jours, le port de Monaco s’est transformé en laboratoire à ciel ouvert. Du 8 au 11 juillet, 54 équipes venues de 21 pays se sont retrouvées à l’occasion du Monaco Energy Boat Challenge, organisé par le Yacht Club de Monaco. Plus de 600 étudiants ont côtoyé chercheurs, ingénieurs, constructeurs et grands noms du yachting autour d’un objectif commun : imaginer des bateaux moins énergivores et accélérer la transition du secteur maritime.

Bien plus qu’une compétition, l’événement permet de tester en conditions réelles des technologies encore en développement. Batteries, foils, propulsion électrique, hydrogène, intelligence artificielle ou carburants alternatifs ne sont plus seulement présentés sur des stands : ils sont embarqués, sollicités et comparés directement sur l’eau.

Swiss Solar Boat domine le classement général

Au terme de cette 13e édition, Swiss Solar Boat, l’équipe de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, s’est imposée au classement général. Engagée en SeaLab Class, la formation suisse a affiché une grande régularité pendant toute la semaine, aussi bien lors des épreuves sportives que dans le E-Championship. Elle s’est également distinguée sur le plan technique en remportant les prix du design et de l’éco-conception. Une performance complète qui illustre parfaitement l’esprit du Challenge : ne pas seulement aller vite, mais concevoir un bateau cohérent, efficace et plus sobre.

Dans les différentes catégories, l’University of Bologna Argonauts Team a remporté l’Energy Class, tandis que l’Adria Autonomous Boat Team s’est imposée en AI Class. La victoire en SeaLab Class est revenue à l’équipe italienne Red Wave.

Moins de puissance, mais davantage de vitesse

Les performances enregistrées cette année montrent à quel point les technologies progressent. Malgré une réduction volontaire de près de 30 % de la puissance autorisée, les vitesses moyennes ont augmenté d’environ 8 %. Autrement dit, les bateaux ont réussi à aller plus vite tout en disposant de moins d’énergie. Cette évolution témoigne des progrès réalisés dans l’optimisation des coques, la gestion de l’énergie, le rendement des systèmes de propulsion et la conception générale des prototypes.

La Championship Race a donné lieu à une arrivée particulièrement serrée, les deux premiers équipages n’étant séparés que d’une trentaine de centimètres. Autre temps fort de la semaine : le Frauscher x Porsche 790 Spectre a établi un nouveau record avec une vitesse moyenne de 51,05 nœuds. Les batteries développées par les étudiants ont elles aussi franchi un cap. Certaines utilisent désormais des systèmes de régulation thermique à changement de phase, capables de maintenir les cellules à une température optimale lors des fortes sollicitations. Un enjeu essentiel pour améliorer à la fois les performances, l’autonomie et la sécurité.

L’e-méthanol fait son apparition sur l’eau

Parmi les innovations les plus remarquées figure l’utilisation de l’e-méthanol par le SURGE Methanol Foiling Team Twente, venu de l’université néerlandaise de Twente. Produit à partir d’hydrogène renouvelable et de CO₂ capté, ce carburant peut ensuite être reconverti à bord en hydrogène afin d’alimenter une pile à combustible. Il offre surtout un avantage important pour le stockage : à volume équivalent, sa densité énergétique serait environ trois fois supérieure à celle de l’hydrogène gazeux.

Cette solution ne constitue pas encore une réponse unique à la décarbonation du nautisme, mais elle illustre la diversité des pistes actuellement explorées. Le futur du secteur devrait en effet reposer sur plusieurs technologies complémentaires, adaptées aux usages, aux tailles de navires et aux zones de navigation.

L’intelligence artificielle gagne aussi le nautisme

Sur les pontons comme pendant les conférences, l’intelligence artificielle a occupé une place croissante. Elle est désormais envisagée comme un outil capable d’améliorer les trajectoires, d’optimiser les consommations, d’affiner la conception des bateaux ou encore d’exploiter les données collectées à bord. Cette montée en puissance s’accompagne toutefois de nouveaux défis. La cybersécurité doit être intégrée dès la conception des navires, tandis que l’expertise humaine reste indispensable pour interpréter les données et garantir la fiabilité des systèmes.

Les échanges organisés pendant l’Advanced Yachting Technology Conference ont ainsi montré que la transition du yachting ne dépend plus uniquement du remplacement des moteurs thermiques. Elle passe également par une amélioration globale de l’efficacité énergétique, des outils de conception et de la gestion du bateau.

Pas une solution unique, mais un ensemble de technologies

Hydrogène, e-méthanol, batteries, propulsion vélique et même énergie nucléaire ont alimenté les débats de l’Alternative Fuels & Sustainable Yachting Conference. Un constat s’est dégagé : aucune technologie ne pourra, à elle seule, répondre à tous les besoins du transport maritime et du yachting. Les solutions devront être combinées en fonction des contraintes opérationnelles.

La difficulté ne réside d’ailleurs plus uniquement dans la mise au point technique. Le développement des infrastructures de recharge, la production de carburants alternatifs, les investissements industriels et l’évolution des réglementations seront déterminants pour permettre leur déploiement à grande échelle. Le partenariat annoncé entre NatPower Marine et Aqua superPower s’inscrit dans cette logique. Les deux entreprises veulent accélérer le développement d’un réseau mondial de bornes de recharge pour les bateaux électriques dans les ports et les marinas.

Une passerelle entre étudiants et industriels

Le Monaco Energy Boat Challenge joue également un rôle de tremplin professionnel. Pendant deux jours, son Job Forum a donné lieu à près de 300 entretiens entre étudiants et entreprises, ouvrant la voie à des stages, des recrutements et de futures collaborations. Les liens se nouent parfois bien avant l’événement grâce au Corporate Mentoring Programme. Plusieurs acteurs majeurs de l’industrie accompagnent ainsi les équipes pendant l’année, en partageant leur expertise et en les aidant à transformer une idée universitaire en projet techniquement crédible.

Cette proximité entre enseignement supérieur et industrie constitue l’une des grandes forces du rendez-vous monégasque. Elle permet aux étudiants d’acquérir une expérience concrète, mais offre aussi aux entreprises un accès direct aux futurs ingénieurs et concepteurs du secteur.

Le Challenge prépare déjà son expansion internationale

Après treize éditions, le Monaco Energy Boat Challenge veut désormais changer d’échelle. À partir de 2027, une World Series sera lancée pour la classe Energy, avec un système de qualifications internationales. Une première étape doit se dérouler sur le lac de Côme, en Italie, avant une autre à Darwin, en Australie, destinée aux équipes de la région Asie-Pacifique. D’autres rendez-vous pourraient ensuite voir le jour sur différents continents.

L’objectif est d’élargir le nombre de participants tout en maintenant le niveau sportif et technologique de la finale monégasque. Car derrière les podiums et les records, le Challenge poursuit une ambition plus vaste : faire sortir les innovations des laboratoires, les confronter à la mer et accélérer leur passage vers le nautisme de demain.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.