Cap-Vert : en juin, l’archipel entre dans la grande saison des tortues marines

Avec l’arrivée de l’été, le Cap-Vert change de tempo. Les baleines à bosse quittent peu à peu les eaux de Boa Vista, tandis que les tortues caouannes commencent à revenir pondre sur les plages de Sal et de Boa Vista. Entre plongée, snorkeling, kitesurf et grandes scènes naturelles, l’archipel confirme sa place parmi les destinations maritimes les plus fascinantes de l’Atlantique.

Un archipel où l’océan mène la danse

Au Cap-Vert, la mer n’est jamais un simple décor. Elle façonne les paysages, rythme les activités et donne à chaque île une personnalité différente. Sur Sal et Boa Vista, les grandes plages ouvertes sur l’Atlantique attirent les amateurs de glisse et les voyageurs en quête d’eaux turquoise. À Santiago, les fonds marins se découvrent dans une ambiance plus volcanique. À Santo Antão, les reliefs plongent presque directement dans l’océan, offrant un visage plus abrupt et spectaculaire de l’archipel.

Le mois de juin marque une période charnière. La saison des baleines touche à sa fin, mais une autre grande page naturelle s’ouvre sur les plages : celle de la ponte des tortues caouannes. Le Cap-Vert ne se résume donc pas à une destination de soleil. C’est un territoire maritime vivant, où les saisons se lisent dans les mouvements des espèces, la force des alizés, la couleur de l’eau et l’intensité des activités nautiques.

© AdobeStock

Juin, le début d’un rendez-vous majeur avec les tortues caouannes

De juin à octobre, les plages de Sal et de Boa Vista deviennent l’un des plus importants sites de ponte de la tortue caouanne dans le monde. La nuit, les femelles remontent lentement sur le sable pour creuser leur nid, déposer leurs œufs, puis repartir vers l’océan. Le spectacle est rare, fragile et strictement encadré.

Cette saison des tortues donne au voyage une dimension particulière. Elle rappelle que les plages capverdiennes ne sont pas seulement des lieux de baignade ou de détente, mais aussi des espaces naturels essentiels pour la reproduction d’une espèce menacée. Les observations se font dans le cadre de sorties accompagnées, avec des associations locales ou des structures engagées dans la protection des nids.

L’enjeu est considérable. Pollution lumineuse, piétinement, braconnage ou dégradation du littoral peuvent perturber ce cycle millénaire. Au Cap-Vert, la conservation fait donc partie intégrante de l’expérience. Voir une tortue pondre n’est pas une animation touristique, mais un moment de nature à observer avec retenue.

© AdobeStock

Boa Vista, dernière escale des baleines à bosse

Avant l’ouverture complète de la saison des tortues, Boa Vista reste associée à un autre grand rendez-vous marin. Entre février et mai, les baleines à bosse de l’Atlantique Nord fréquentent ses eaux chaudes pour se reproduire et mettre bas. En juin, la saison touche à sa fin, mais elle laisse derrière elle l’image d’un archipel placé sur une route majeure de la vie marine.

Depuis Sal Rei, des sorties encadrées permettent, au cœur de la saison, d’approcher ces géants dans des conditions respectueuses, souvent avec l’accompagnement de biologistes marins. Le moment est toujours soumis à l’imprévu : un souffle à l’horizon, une nageoire qui fend la surface, une silhouette massive qui surgit puis disparaît.

Ce passage des baleines donne à Boa Vista une place singulière dans l’Atlantique. L’île n’est pas seulement connue pour ses dunes et ses plages immenses. Elle est aussi un point d’observation privilégié pour comprendre les grandes migrations marines.

Plongée et snorkeling, l’autre visage du Cap-Vert

Sous la surface, l’archipel révèle une diversité souvent méconnue. Les origines volcaniques du Cap-Vert ont dessiné des reliefs sous-marins variés, entre roches, tombants, arches et zones plus abritées. Chaque île propose une expérience différente, avec des ambiances qui changent selon les courants, la profondeur et l’exposition à l’Atlantique.

À Sal, les eaux claires permettent d’observer tortues marines, poissons tropicaux et parfois requins dans des conditions accessibles. Autour de Santiago, les fonds sont réputés pour leur richesse, avec raies, poulpes, tortues et une faune variée. Santo Antão attire davantage les plongeurs expérimentés, notamment pour ses secteurs plus sauvages et ses grandes espèces pélagiques.

Le snorkeling offre une approche plus immédiate. Autour de Santa Maria, sur l’île de Sal, ou dans certains lagons de Boa Vista, les eaux peu profondes permettent de découvrir la vie marine sans matériel lourd. À Maio ou à Santiago, l’expérience se fait plus confidentielle, dans des cadres moins fréquentés, avec une impression plus brute de l’archipel.

© AdobeStock

Sal et Boa Vista, capitales atlantiques de la glisse

Le Cap-Vert s’est aussi imposé comme une référence pour les sports de glisse. Les alizés, les longues plages et les houles atlantiques en font un terrain recherché par les amateurs de kitesurf, de planche à voile et de surf. L’archipel a d’ailleurs accueilli des étapes de Coupe du monde de planche à voile, preuve de sa réputation internationale.

Sal et Boa Vista concentrent une grande partie de cette activité. Les écoles spécialisées y sont nombreuses, les spots variés, et les conditions attirent aussi bien les débutants que les pratiquants confirmés. Ponta Preta, sur Sal, fait partie des noms les plus connus pour le surf et les vagues puissantes, tandis que Boa Vista séduit par ses grands espaces et ses longues plages battues par le vent.

En juin, les conditions changent progressivement par rapport au cœur de la saison des alizés, mais l’archipel conserve une vraie culture de la glisse. Le voyage peut alors mêler sessions sportives, baignades, exploration des fonds marins et observation de la faune, dans une atmosphère plus estivale.

© AdobeStock

Une destination nautique en pleine structuration

Le Cap-Vert ne vit plus seulement de son image de destination ensoleillée. Les activités liées à la mer, aux loisirs nautiques et au tourisme sportif prennent une place croissante dans l’économie locale. Entre 2015 et 2023, le nombre de structures liées à ces activités a fortement augmenté, tout comme les emplois et les rémunérations générés par ce secteur.

Cette progression traduit une évolution importante. Sorties en mer, plongée, snorkeling, pêche sportive, observation de la faune, kitesurf, planche à voile : l’offre devient plus lisible et mieux organisée. Pour les voyageurs, cela signifie davantage d’expériences encadrées. Pour l’archipel, cela représente un levier de développement autour de son principal atout : l’océan.

Reste à préserver l’équilibre. Le Cap-Vert tire sa force de la qualité de ses paysages marins, de ses plages et de sa biodiversité. Son avenir touristique dépendra donc de sa capacité à développer les activités nautiques sans fragiliser ce qui rend la destination si précieuse.

Le Cap-Vert, une autre idée du voyage en Atlantique

En juin, le Cap-Vert offre l’un de ses visages les plus intéressants. Les tortues reviennent sur les plages, les eaux restent accueillantes pour la plongée et le snorkeling, les spots de glisse continuent d’animer Sal et Boa Vista, et l’archipel prend pleinement sa dimension maritime.

C’est cette diversité qui donne au voyage sa force. On ne vient pas seulement au Cap-Vert pour profiter du soleil. On y vient pour voir l’Atlantique autrement, dans un archipel où la mer relie les îles, nourrit les paysages, attire les espèces migratrices et structure une grande partie de la vie locale. Entre nature, sport et exploration, le Cap-Vert s’impose comme une destination de début d’été à part, plus riche et plus marine qu’elle n’y paraît.

 

 

Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.