Costa Verde : l’Espagne du nord qui rafraîchit l’été

Loin de l’image brûlante et saturée des côtes méditerranéennes, la Costa Verde déroule, dans les Asturies espagnoles, un littoral spectaculaire où les falaises plongent dans l’Atlantique, les villages de pêcheurs s’accrochent aux pentes et les plages sauvages gardent un parfum d’échappée secrète. Une destination idéale pour ceux qui rêvent d’Espagne, mais avec de l’air, du vert et une vraie âme maritime.

Une autre Espagne, tournée vers l’océan

Ici, l’Espagne change de décor. Sur la Costa Verde, pas de longues rangées d’immeubles ni de stations balnéaires interchangeables. La côte asturienne, tournée vers la mer Cantabrique, offre un visage plus brut, plus humide, plus vivant. Le nom n’a rien d’un argument marketing : tout est vert, des prairies suspendues au-dessus des falaises jusqu’aux collines qui descendent presque dans les ports. La Costa Verde s’étire sur plus de 350 kilomètres de littoral, avec une succession de plages, criques, caps rocheux, estuaires, ports de pêche et villages marins. C’est une côte qui se mérite parfois, où l’on quitte la route principale pour descendre vers une anse discrète, un belvédère ou un port minuscule. Mais c’est aussi ce qui fait son charme : chaque détour semble ouvrir une carte postale différente. 

© AdobeStock - Michal

De Llanes à Cudillero, des villages qui regardent la mer

À l’est, Llanes est souvent l’une des plus belles portes d’entrée. Le port, les maisons colorées, les plages toutes proches et les montagnes en arrière-plan composent un résumé parfait des Asturies : mer, pierre, prairie et caractère. Non loin, Ribadesella ajoute une touche plus sportive, avec son estuaire, ses plages et son lien très fort avec les activités de plein air. Plus à l’ouest, Lastres, Cudillero ou Luarca racontent une autre histoire : celle des villages de pêcheurs serrés contre la pente, des quais animés, des ruelles qui montent sec et des restaurants où le poisson arrive sans grand discours. Cudillero, en particulier, impressionne par son amphithéâtre de maisons colorées tournées vers le port. Luarca, plus douce, joue la carte du charme discret, entre port, maisons blanches et ambiance de bout du monde.

 

Des plages sauvages, mais jamais banales

La Costa Verde n’est pas une côte de baignade paresseuse au sens classique. Elle est plus changeante, plus atlantique, parfois plus fraîche. Mais ses plages ont une puissance rare. La Playa del Silencio, près de Cudillero, porte bien son nom : une crique minérale, encaissée, presque théâtrale, où la mer semble entrer sur scène entre les falaises. À Llanes, Gulpiyuri intrigue par son étrangeté. Cette petite plage intérieure, classée monument naturel, n’a pas d’accès direct visible à la mer : l’eau salée y arrive par des conduits creusés sous les falaises. À marée haute, la plage peut presque disparaître, ce qui rappelle que, sur cette côte, la mer impose toujours son rythme. Pour les amateurs de grands espaces, Rodiles est une autre étape forte. Située près de l’estuaire de Villaviciosa, cette plage dépasse le kilomètre de long et peut atteindre environ 300 mètres de large selon la marée. Très ouverte, exposée aux fortes vagues, elle attire aussi les surfeurs et les amateurs de sports nautiques. 

© AdobeStock - Viktor

Une destination aussi nautique que nature

La Costa Verde se découvre très bien depuis la terre, mais elle garde une vraie identité maritime. Les ports de Llanes, Ribadesella, Gijón, Cudillero ou Luarca rappellent que cette côte vit depuis longtemps avec la pêche, la navigation et les humeurs de l’Atlantique. Pour les plaisanciers, Gijón constitue l’un des points d’appui les plus pratiques, avec une marina urbaine et des services dédiés aux navigateurs. Côté activités, le surf tient une belle place, notamment à Rodiles, Tapia de Casariego ou sur certaines plages de Llanes selon les conditions. Le kayak trouve aussi son terrain de jeu dans les estuaires et autour de Ribadesella, tandis que les sorties en mer permettent d’observer la côte autrement, depuis le pied des falaises. Mais ici, prudence : la mer Cantabrique n’a rien d’un lagon. Houle, courants, marées et météo changeante font partie du voyage. C’est précisément ce qui donne à la Costa Verde son relief : elle n’est pas une côte lissée pour carte postale, mais un littoral vivant, puissant, parfois sauvage.

 

Entre mer et montagne, le grand écart asturien

L’un des grands plaisirs des Asturies, c’est ce contraste permanent entre la côte et l’intérieur. En une journée, on peut quitter une plage battue par les vagues et rejoindre les reliefs des Picos de Europa, dont la réserve de biosphère reconnue par l’UNESCO couvre une partie de la grande chaîne Cantabrique. Ce dialogue entre mer et montagne donne à la Costa Verde une profondeur rare. On ne vient pas seulement pour poser sa serviette. On vient pour marcher, respirer, manger, naviguer, prendre la route, s’arrêter dans un village, repartir vers une plage, puis finir la journée devant une assiette de poissons, de fruits de mer ou de fabada asturienne, accompagnée d’un verre de cidre local.

© AdobeStock - Jenna

Une côte à explorer lentement

La Costa Verde se prête mal aux séjours trop pressés. Il faut accepter de ralentir, de composer avec la météo, de suivre les petites routes et de laisser de la place à l’imprévu. Le Camino del Norte, l’un des chemins de Saint-Jacques, traverse d’ailleurs les Asturies par plusieurs localités côtières, dont Llanes, Ribadesella, Gijón et Avilés. Une belle manière de rappeler que cette côte est aussi une terre de marche, de passage et d’horizons ouverts. L’idéal est de prévoir plusieurs étapes : Llanes et Ribadesella pour l’est, Gijón pour une parenthèse plus urbaine et maritime, Cudillero pour le décor de carte postale, Luarca et Tapia de Casariego pour pousser vers une côte encore plus tranquille. En été, l’ambiance reste vivante sans basculer dans la frénésie de certaines destinations plus connues.

© AdobeStock - StockPhotoAstur

Comment s’y rendre ?

Depuis la France, le plus simple est souvent de rejoindre l’aéroport des Asturies, situé près d’Avilés, puis de rayonner en voiture. Des bus relient l’aéroport à Avilés, Gijón et Oviedo, ce qui permet aussi d’organiser un séjour sans voiture sur certaines étapes. Autre option : arriver par Bilbao ou Santander, puis longer la côte vers l’ouest. Pour un voyage plus lent, on peut aussi rejoindre le nord de l’Espagne en train via Madrid, puis continuer vers Oviedo ou Gijón avec Renfe.

 

Pourquoi y aller cet été ?

Parce que la Costa Verde offre une Espagne différente : plus fraîche, plus verte, plus océanique. Une Espagne de falaises, de ports, de sidre, de vagues et de villages accrochés à la côte. Une destination qui parle autant aux amoureux de nature qu’aux plaisanciers, aux randonneurs, aux surfeurs ou aux voyageurs qui cherchent un été moins évident.

Dans les Asturies, la mer n’est jamais loin, mais elle ne fait pas tout. Elle dialogue avec la montagne, les prairies, la cuisine, les villages et la météo. C’est ce mélange qui rend la Costa Verde si attachante : une côte espagnole sans excès, mais avec beaucoup de caractère.

Et avant de vous y rendre, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine

Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock -   JmR

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.