Le saviez-vous ? Pourquoi les vagues arrivent-elles souvent en séries ?

Culture nautique
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Quelques vagues puissantes, une courte accalmie, puis une nouvelle série qui se dessine au large… Sur la plage comme à bord d’un bateau, la mer semble suivre un rythme bien particulier. Ce phénomène n’a pourtant rien de mystérieux : il vient de la manière dont les vagues naissent, voyagent et se rencontrent avant d’atteindre nos côtes.

Quelques vagues puissantes, une courte accalmie, puis une nouvelle série qui se dessine au large… Sur la plage comme à bord d’un bateau, la mer semble suivre un rythme bien particulier. Ce phénomène n’a pourtant rien de mystérieux : il vient de la manière dont les vagues naissent, voyagent et se rencontrent avant d’atteindre nos côtes.

© Unsplash - Ant Rozetsky

Tout commence avec le vent

La plupart des vagues observées sur nos plages sont créées par le vent. En soufflant sur la surface de l’eau, celui-ci lui transmet une partie de son énergie. De petites ondulations apparaissent, puis grandissent lorsque le vent souffle suffisamment fort, assez longtemps et sur une grande étendue de mer. Une fois formées, les vagues peuvent parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres. Lorsqu’elles quittent la zone où souffle le vent qui les a créées, elles deviennent ce que l’on appelle la houle. Celle-ci peut donc atteindre une côte alors que le ciel est parfaitement dégagé et que le vent local reste faible. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas toute l’eau qui voyage jusqu’à la plage. Une vague transporte surtout de l’énergie : les particules d’eau effectuent principalement un mouvement circulaire avant de revenir presque à leur position initiale.

 

Des vagues qui ne vont pas toutes à la même vitesse

En pleine mer, toutes les vagues ne se ressemblent pas. Certaines sont longues et espacées, d’autres plus courtes et plus rapprochées. Or elles ne se déplacent pas exactement à la même vitesse : les vagues les plus longues avancent généralement plus rapidement que les vagues plus courtes. Au fil de leur voyage, elles ont donc tendance à se trier naturellement. Les longues vagues prennent de l’avance, tandis que les plus courtes restent en retrait. La houle devient alors plus régulière et s’organise progressivement en groupes. C’est ce mécanisme qui explique en grande partie l’arrivée des vagues par séries. Pendant quelques instants, plusieurs vagues se renforcent mutuellement. Elles forment alors un groupe plus énergique, visible depuis la plage. Puis vient une période plus calme, avant que le groupe suivant n’arrive.

 

Quand les vagues s’additionnent… ou s’effacent

La mer est rarement parcourue par une seule houle parfaitement régulière. Plusieurs vagues peuvent arriver en même temps, parfois depuis des directions différentes ou après avoir été produites par plusieurs zones de vent. Lorsqu’une crête rencontre une autre crête, leurs effets peuvent s’additionner et former une vague plus haute. À l’inverse, une crête peut rencontrer le creux d’une autre vague : les deux mouvements se compensent alors en partie et la surface paraît plus calme. Cette alternance produit un rythme assez caractéristique : plusieurs vagues plus marquées se succèdent, puis leur hauteur diminue momentanément. Il ne s’agit donc pas d’une pause réelle de la mer, mais d’un jeu permanent d’addition et de compensation entre différentes ondulations.

 

La première vague n’est pas forcément la plus forte

Sur une plage, il est tentant de croire qu’une série commence doucement avant d’atteindre son maximum. Pourtant, il n’existe aucune règle permettant d’affirmer que la troisième, la cinquième ou la septième vague sera systématiquement la plus haute. La vague la plus puissante peut se trouver au début, au milieu ou à la fin du groupe. Le nombre de vagues dans une série varie également selon l’état de la mer, la période de la houle, la forme des fonds marins et les différentes houles présentes au même moment.

Les séries ne sont donc pas parfaitement régulières. Certaines ne comptent que quelques vagues bien visibles, tandis que d’autres semblent se prolonger davantage. Et lorsque la mer est agitée par un vent local fort, cette organisation peut devenir beaucoup plus difficile à distinguer.

 

Les fonds marins transforment aussi les séries

En approchant des côtes, les vagues commencent à ressentir le fond. Elles ralentissent, se rapprochent les unes des autres et gagnent en hauteur. Lorsqu’elles deviennent trop raides, elles finissent par déferler. La forme du littoral joue alors un rôle essentiel. Une plage en pente douce, un banc de sable, une pointe rocheuse ou une passe peuvent concentrer, détourner ou atténuer l’énergie des vagues. Une même série peut ainsi produire de belles vagues sur une partie de la plage et rester beaucoup plus discrète quelques dizaines de mètres plus loin. La période, c’est-à-dire le temps qui sépare deux crêtes successives, compte également beaucoup. Une houle longue, avec des vagues très espacées, transporte généralement davantage d’énergie qu’une mer courte et désordonnée. Elle peut paraître calme au large, puis produire des déferlements puissants près du rivage.

 

Une accalmie parfois trompeuse

Entre deux séries, la mer peut soudain sembler plus accueillante. Sur certains sites exposés, cette impression de calme ne dure pourtant que quelques dizaines de secondes. Une nouvelle série peut déjà être en route, parfois avec des vagues plus fortes que les précédentes. Ce fonctionnement doit être pris en compte par les baigneurs, les pêcheurs installés sur les rochers, les pratiquants de sports nautiques et les plaisanciers qui s’approchent du rivage. Observer la mer pendant plusieurs minutes permet de mieux comprendre son rythme et de repérer les zones où les vagues déferlent avec le plus de force.

Les vagues n’arrivent donc pas toujours en séries parfaitement dessinées, mais elles se regroupent très souvent sous l’effet de leur vitesse, de leurs rencontres et de leur long voyage à travers l’océan. Derrière ce mouvement apparemment répétitif se cache une mécanique naturelle complexe, capable de transformer un souffle de vent lointain en une succession de déferlantes sur nos plages.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.