Pêche en apnée : le guide pour se lancer en toute sécurité

Pêche en mer
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Accessible, immersive et très physique, la pêche en apnée attire de plus en plus de curieux en quête d’un rapport plus direct à la mer. Mais derrière l’image d’une pratique simple, palmes aux pieds et masque sur le visage, se cache une activité exigeante, encadrée et qui ne s’improvise pas. Avant de viser son premier poisson, mieux vaut apprendre à lire l’eau, connaître ses limites et respecter quelques règles essentielles.

Accessible, immersive et très physique, la pêche en apnée attire de plus en plus de curieux en quête d’un rapport plus direct à la mer. Mais derrière l’image d’une pratique simple, palmes aux pieds et masque sur le visage, se cache une activité exigeante, encadrée et qui ne s’improvise pas. Avant de viser son premier poisson, mieux vaut apprendre à lire l’eau, connaître ses limites et respecter quelques règles essentielles.

© AdobeStock - yanlev

Il y a ceux qui aiment pêcher depuis un bateau. Ceux qui préfèrent lancer leur ligne depuis les rochers. Et puis il y a les adeptes de la pêche en apnée, aussi appelée pêche sous-marine ou chasse sous-marine. Ici, pas de canne, pas de moteur, pas de confort apparent : seulement un masque, des palmes, une combinaison, une bouée bien visible et une bonne dose de calme. La pratique séduit parce qu’elle remet le pêcheur au niveau du poisson. On observe, on attend, on se fond dans le décor. On apprend à regarder les herbiers, les roches, les failles, les bancs de sable, les mouvements de courant. La pêche en apnée n’est pas seulement une technique de prélèvement : c’est une manière d’entrer dans le monde sous-marin avec lenteur et attention.

Mais cette proximité avec la mer impose aussi une vraie responsabilité. L’apnée reste une activité à risque si elle est mal préparée. Le ministère chargé de la mer rappelle que la pêche de loisir concerne environ 2,5 millions de personnes en France et qu’elle doit respecter des règles précises pour préserver les milieux littoraux et la ressource halieutique.

 

Avant de partir : comprendre que l’apnée passe avant la pêche

La première erreur serait de croire qu’il suffit de savoir nager pour se lancer. En pêche sous-marine, la priorité n’est pas de descendre profond, ni de rester longtemps sous l’eau. La priorité, c’est de remonter en sécurité. L’apnée demande de connaître son corps, de gérer son souffle sans forcer, de rester lucide et de ne jamais chercher la performance. Pour débuter, mieux vaut rester dans peu d’eau, sur des zones calmes, avec une visibilité correcte, sans courant marqué et loin du trafic nautique. Les premières sorties doivent servir à observer, à s’habituer au matériel et à comprendre comment le corps réagit.

La règle d’or est simple : on ne part pas seul. La pratique avec un binôme, l’absence d’hyperventilation, l’usage d’une bouée de signalisation et le respect de temps de repos entre les immersions font partie des bases de sécurité. Un bon binôme ne sert pas seulement à accompagner : il surveille, reste attentif et peut intervenir en cas de malaise.

 

Le bon matériel pour débuter

Inutile de commencer avec un équipement de compétition. Pour une première approche, le plus important est d’avoir du matériel adapté, confortable et bien maîtrisé. Le masque doit être parfaitement ajusté, sans entrée d’eau. Le tuba doit rester simple. Les palmes doivent permettre de se déplacer sans s’épuiser. La combinaison protège du froid, même en été, car l’immobilité en surface et les immersions répétées refroidissent vite. Le lestage doit être choisi avec prudence : trop de poids facilite la descente, mais rend la remontée plus dangereuse. Pour un débutant, mieux vaut être trop flottant que pas assez.

La bouée de signalisation est indispensable. Elle permet aux bateaux de repérer la présence du pêcheur sous-marin et sert aussi de point d’appui, de rangement et de repère pour le binôme. La réglementation impose d’ailleurs au pêcheur sous-marin de signaler sa présence au moyen d’une bouée permettant de le repérer. Quant à l’arbalète, elle doit rester adaptée au niveau du pratiquant et aux zones fréquentées. Pour commencer, on privilégie un modèle maniable, que l’on sait charger, décharger et manipuler sans stress. Une règle ne souffre aucune exception : jamais d’arbalète chargée hors de l’eau.

 

Ce que dit la réglementation

La pêche en apnée est encadrée. En France, l’usage d’un fusil-harpon est interdit aux moins de 16 ans. La pêche sous-marine se pratique exclusivement en apnée : l’utilisation d’un appareil permettant de respirer sous l’eau est interdite, tout comme la détention simultanée d’un appareil respiratoire et d’engins de pêche sous-marine, sauf exception accordée par le préfet. Autre règle importante : pas de pêche sous-marine de nuit. La pratique est interdite entre le coucher et le lever du soleil. Il est aussi interdit de pêcher à moins de 150 mètres d’un navire, d’une embarcation ou d’engins de pêche balisés, de capturer des poissons déjà pris dans les filets d’autres pêcheurs, ou encore d’utiliser une lumière artificielle pour attirer ou rechercher le poisson.

Depuis 2026, certaines obligations déclaratives concernent aussi la pêche de loisir, notamment pour des espèces dites sensibles. Les règles varient selon les façades maritimes : en Méditerranée, les pêcheurs de loisir de 16 ans et plus doivent s’enregistrer, tandis qu’en Atlantique et en Manche l’obligation dépend notamment des espèces ciblées.

Avant chaque sortie, il faut donc vérifier les règles locales : zones interdites, réserves, tailles minimales, périodes de fermeture, espèces protégées, quotas éventuels. En mer, l’ignorance de la règle n’est jamais une bonne alliée.

 

Choisir son premier spot : calme, clair et accessible

Pour débuter, mieux vaut oublier les pointes exposées, les tombants profonds et les zones à fort passage de bateaux. Le bon spot de départ est souvent beaucoup plus simple : une petite anse abritée, des rochers accessibles, une eau claire, peu de profondeur et une sortie facile. L’idéal est de commencer entre 1 et 5 mètres, en prenant le temps d’observer. Où sont les poissons ? Comment circulent-ils ? Où se placent-ils quand une vague passe ? Comment réagissent-ils à votre présence ? La pêche en apnée est une école de patience. Les meilleurs débutants ne sont pas ceux qui veulent tirer vite, mais ceux qui apprennent à ne pas déranger. La météo marine est un autre point clé. Vent, houle, courant, visibilité, température de l’eau : tout compte. Une mer jolie depuis la plage peut devenir fatigante une fois dans l’eau. Si les conditions semblent limites, on reporte. La mer sera encore là demain.

 

Apprendre à prélever peu, mais bien

La pêche sous-marine ne doit jamais devenir une course au tableau de prises. L’esprit de la discipline repose sur une idée simple : prélever ce que l’on connaît, ce que l’on va consommer, et seulement lorsque toutes les conditions sont réunies. Un débutant doit apprendre à identifier les espèces, à estimer les tailles et à renoncer en cas de doute. On ne tire pas un poisson que l’on ne reconnaît pas. On ne tire pas trop petit. On ne tire pas “pour voir”. Cette sélection fait partie de la beauté de la pratique : elle impose une forme d’humilité.

Les prises de la pêche de loisir sont destinées à la consommation personnelle et familiale, et leur vente est interdite. Il faut aussi respecter les tailles minimales, les zones autorisées, les périodes d’ouverture et de fermeture, ainsi que le marquage des captures.

 

Les erreurs classiques à éviter

La première, c’est de vouloir descendre trop profond trop vite. La profondeur n’a aucun intérêt si elle met le pratiquant en difficulté. La deuxième, c’est de négliger la fatigue. En apnée, on peut se sentir bien… jusqu’au moment où l’on ne l’est plus. Froid, courant, stress, mauvaise récupération entre deux descentes : tout augmente la consommation d’énergie.

Autre erreur fréquente : l’hyperventilation avant de plonger. Elle donne l’illusion de pouvoir tenir plus longtemps, mais elle perturbe les signaux d’alerte du corps. En apnée, il faut apprendre à respirer calmement, sans forcer, et à accepter de remonter avant d’être en difficulté. Enfin, il faut se méfier de la routine. Beaucoup d’accidents arrivent dans des zones connues, sur des sorties jugées faciles. Le bon réflexe consiste à garder toujours le même sérieux : prévenir quelqu’un à terre, partir à deux, vérifier son matériel, surveiller la météo et accepter de rentrer plus tôt que prévu.

 

Se former, le meilleur investissement

Pour bien commencer, rien ne remplace une initiation encadrée. Un club, une école d’apnée ou une structure spécialisée permettent d’apprendre les bases : ventilation, palmage, compensation des oreilles, sécurité du binôme, récupération en surface, lecture du milieu, réglementation. Cette étape évite de prendre de mauvaises habitudes dès le départ. Elle permet aussi de comprendre que la pêche en apnée n’est pas seulement une affaire de souffle, mais d’observation, de calme, de technique et de respect.

 

Une pratique exigeante, mais profondément immersive

Bien pratiquée, la pêche en apnée offre des sensations uniques. On entre dans l’eau doucement, on laisse le bruit du rivage derrière soi, on observe les reflets sur les roches, les sars qui se faufilent, les mulets qui passent en pleine eau, les vieilles posées près des failles. On apprend à voir ce que l’on ne regardait pas.

C’est sans doute ce qui explique l’attrait de cette discipline : elle oblige à ralentir. À une époque où tout va vite, elle impose l’écoute, l’attente, la sobriété. Elle rappelle aussi que la mer n’est pas un terrain de jeu sans règles, mais un milieu vivant, fragile, partagé.

Se lancer dans la pêche en apnée, ce n’est donc pas acheter une arbalète et partir à l’eau au hasard. C’est apprendre à être discret, prudent, responsable. C’est accepter que la plus belle sortie ne soit pas forcément celle où l’on revient avec un poisson, mais celle où l’on revient entier, plus attentif, et déjà un peu plus marin.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.