Philippines : ce qu’il faut savoir avant de mettre le cap sur l’archipel en 2026

Par Charline Habert

Les Philippines ne se visitent pas, elles se composent. Archipel éclaté de plus de 7 000 îles, le pays impose une préparation différente d’un voyage continental. La beauté y est spectaculaire, mais la logistique demande anticipation et lucidité. Après plusieurs séjours à naviguer entre Palawan et les Visayas, une certitude s’impose : ici, l’itinéraire conditionne l’expérience.

Formalités : rien ne doit être laissé au hasard

L’entrée sur le territoire philippin suppose un billet de sortie retour ou continuation vers un autre pays dans la durée autorisée de séjour. Ce justificatif peut être exigé dès l’enregistrement au départ. Sans preuve de sortie, l’embarquement peut être refusé.
Autre passage obligatoire : l’enregistrement sur la plateforme officielle eTravel. Le QR code généré doit être présenté à l’arrivée et peut être contrôlé avant l’embarquement selon les compagnies aériennes. Sans eTravel valide, l’entrée peut être retardée, voire refusée.  Pour évité tout stress, il est essentiel de télécharger tous les documents avant le départ. Le Wi-Fi des aéroports philippins est souvent instable et difficilement exploitable à l’arrivée. Ce qui peut parfois être compliqué notamment au moment de présenter les documents permettant l’accès au pays. 
Concernant la carte SIM, mieux vaut patienter. Les stands aéroportuaires pratiquent des tarifs nettement supérieurs (environ 2000 pesos, soit 30€ pour 30 jours de connexion) à ceux observés en ville ou sur les îles, où l’on trouve des cartes prépayées à partir d’environ 49 pesos.  Il faudra ensuite la recharger pour 7, 15 ou 30 jours en fonction de la période souhaitée.  Vous pouvez sinon passer par une Esim, pour plus de faillite et évite tout problème en entrant dans le pays. Une solution pratique mais plus coûteuse.

© Charline Habert

Penser son itinéraire : la clé d’un voyage réussi

Aux Philippines, choisir son itinéraire est un acte stratégique. L’archipel est vaste, morcelé, et chaque région possède sa propre saisonnalité. Il ne suffit pas de “viser Palawan” ou “les Visayas” : certaines façades sont idéales en hiver, d’autres plus exposées selon les vents dominants.
Les régimes de mousson, notamment l’Amihan (vent de nord-est) et le Habagat (vent de sud-ouest), influencent fortement les conditions maritimes. Une zone parfaitement navigable à une période peut devenir plus compliquée quelques mois plus tard. Définir à l’avance les grandes étapes permet donc d’optimiser la météo, d’éviter des traversées annulées et de limiter les journées perdues en transport.

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Réserver ses trajets à l’avance

Contrairement à une idée reçue, improviser ses déplacements d’île en île n’est pas toujours simple. Les places sur les ferries peuvent se remplir rapidement, notamment en haute saison.
Pour organiser ses transferts, les applications les plus utilisées et les plus fiables restent :
    •    12Go Asia, particulièrement pratique pour réserver ferries et trajets terrestres
    •    Booking.com, utile également pour certains transferts et pour synchroniser hébergements et déplacements
Ces plateformes permettent d’avoir une vision claire des horaires, des durées et des correspondances. Réserver à l’avance sécurise les grandes étapes, tout en conservant une marge de flexibilité sur place.

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Bateau ou avion : deux logiques différentes

Le bateau reste le moyen le plus cohérent pour relier des îles proches. Plus lent, mais souvent plus fluide sur les distances courtes, il s’inscrit dans le rythme naturel du voyage maritime. L’avion, lui, permet de franchir de longues distances en peu de temps. Mais il impose prudence. Les aéroports philippins connaissent fréquemment des retards significatifs. Il n’est pas rare qu’un vol soit retardé de plusieurs heures, voire redirigé vers un autre aéroport.
Les correspondances trop serrées sont donc à éviter. Un vol domestique programmé le jour même d’un long-courrier international peut devenir un risque réel. Prévoir une nuit tampon avant un vol retour international reste la solution la plus sécurisante. Aux Philippines, la variable temps doit toujours être intégrée dans l’équation.


Réserver ses nuits : entre anticipation et souplesse

La logistique insulaire impose d’équilibrer réservation et adaptabilité. Des plateformes comme Agoda ou Booking.com permettent de sécuriser des hébergements tout en conservant des options d’annulation. Sur certaines îles, l’offre hôtelière reste limitée. Sécuriser les premières étapes du voyage est judicieux, surtout en haute saison.

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L’expérience signature : la traversée El Nido – Coron

Relier El Nido à Coron par la mer est sans doute la plus belle manière d’entrer dans l’âme philippine. Plus qu’un simple transfert, cette traversée devient une véritable parenthèse de vie. Pendant deux ou trois nuits, selon la formule choisie, on navigue d’îlot en îlot, on accoste dans de petits villages de pêcheurs, on plonge dans des lagons isolés, on dort dans des camps installés sur des plages reculées. Le réseau disparaît, les repères aussi — et c’est précisément là que l’expérience prend tout son sens.

À bord, l’ambiance est chaleureuse et spontanée. Équipage et voyageurs partagent les mêmes tables, les mêmes couchers de soleil, les mêmes anecdotes de voyage. Les repas, préparés par des cuisiniers présents sur le bateau, mettent à l’honneur une cuisine philippine simple et généreuse : poissons grillés, légumes locaux, recettes traditionnelles. On ne consomme pas un décor, on partage un quotidien.

Il faut toutefois accepter la dimension aventure de l’expérience. L’équipement reste volontairement minimal, tant à bord que dans les camps. Les nuits se font dans des hébergements simples, parfois ouverts sur la nature, et l’eau chaude n’est pas toujours au rendez-vous. Le confort est basique, mais l’authenticité totale. C’est aussi ce dépouillement qui crée la magie : se réveiller face à la mer, loin de tout, avec pour seul luxe le silence.
Chaque traversée est différente. L’itinéraire s’adapte à la météo, à l’état de la mer, aux mouillages disponibles. Rien n’est figé : la route se dessine au fil des éléments, renforçant cette sensation d’exploration.

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L’expérience convient particulièrement aux voyageurs en solo, qui y trouvent une atmosphère conviviale propice aux rencontres, comme aux groupes d’amis en quête d’aventure partagée.
Un point d’attention néanmoins : si le mal de mer vous accompagne facilement, mieux vaut y réfléchir. On passe de longues heures à naviguer, et la houle peut rendre certains passages plus exigeants, surtout pendant la saison des vents, où la houle peut devenir impressionnante.
C’est peut-être dans cet équilibre entre rudesse assumée et beauté absolue que se révèle le mieux l’archipel. Une expérience où l’on ne traverse pas seulement des paysages, mais où l’on vit, quelques jours durant, au rythme philippin.

Et avant de vous y rendre, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.