Alors que Santorin sature, cap sur les Petites Cyclades, ces îles préservées qui séduisent les voyageurs avertis
Au milieu des Cyclades, il existe une Grèce qui ne cherche pas à impressionner. Elle préfère convaincre, lentement, par la lumière, par l’évidence d’un paysage intact, par le plaisir de passer une journée entière dehors sans courir après l’incontournable suivant. Les Petites Cyclades, quatre îles habitées à l’est de Naxos et au nord d’Amorgos, résument parfaitement cette autre manière de voyager. Elles ne sont ni secrètes ni inconnues, mais elles restent à distance des grands réflexes touristiques, en grande partie parce qu’on y arrive par la mer, au rythme des liaisons de ferry, et parce que leur capacité d’accueil demeure naturellement limitée. Ce qui attire ici, ce ne sont pas des “spots” alignés comme un programme, mais un ensemble cohérent. Des plages dont la transparence n’est pas un slogan, des chemins qui donnent envie de marcher même à ceux qui n’aiment pas marcher, des tavernes où l’on comprend en 2 plats ce qu’est la cuisine des Cyclades, et des villages où l’on se repère en quelques minutes. On peut très bien n’en choisir qu’une, ou les enchaîner en cabotage, car les lignes locales relient régulièrement Naxos et Amorgos aux îles du groupe.
Koufonissi, le laboratoire du bleu, entre criques, grottes marines et îlots voisins
Koufonissi n’est pas une île mais un duo, Ano Koufonisi et Kato Koufonisi, séparées par un bras de mer d’environ 200 m. On séjourne sur la première, vivante, compacte, très facile à parcourir, et l’on s’échappe vers la seconde, quasiment inhabitée, pour retrouver l’idée d’une journée au large, sans autre agenda que la baignade. Ce qui fait la singularité de Koufonissi, au delà de la couleur de l’eau, c’est la densité d’expériences à très courte distance. Une marche côtière suffit à relier des plages réputées comme Pori et une succession de criques, puis à rejoindre des formations naturelles qui donnent un vrai relief au décor, grottes marines, cavités, “piscines” rocheuses, promontoires parfaits pour l’exploration à la palme. Les itinéraires de randonnée locaux mettent clairement en avant cette boucle littorale, jusqu’à Pori, avec une extension vers des points rocheux et des grottes accessibles depuis la mer.
Parmi les curiosités les plus commentées, il y a la cavité surnommée Devil’s Eye, un trou dans la roche où l’eau s’engouffre et ressort avec l’énergie de la houle, une scène très photogénique qui se découvre près de la baie de Pori. Ce n’est pas un monument, c’est une bizarrerie géologique, mais c’est précisément le genre de détail qui transforme une simple journée de plage en vraie exploration.
Autre point très concret, Koufonissi permet aussi de comprendre la géographie des Cyclades en regardant autour. À proximité se trouve Kéros, îlot protégé et site archéologique majeur, associé à la civilisation cycladique de l’âge du bronze, dont l’accès est strictement encadré. Ce voisinage ajoute une profondeur culturelle à un séjour qui pourrait sinon n’être qu’un festival de baignades.
Schinoussa, la petite Cyclade gourmande, tournée vers la terre autant que vers la mer
Schinoussa attire un autre type de voyageurs, ceux qui aiment quand une île a un goût, au sens propre. L’office du tourisme grec la présente comme une destination de fêtes locales et de traditions culinaires, avec un rendez vous très identifié, le Fava Feast, organisé fin juin, autour des pois cassés jaunes, produit emblématique de l’île. Ce n’est pas un folklore plaqué, c’est un marqueur agricole et gastronomique qui raconte Schinoussa mieux que n’importe quel discours.
Concrètement, Schinoussa se vit en étoile autour de 2 pôles, Chora, souvent appelée Panagia, perchée et lumineuse, et le port de Mersini, point d’arrivée des ferries. Entre les deux, on navigue vite à pied ou en petit véhicule, et c’est justement l’un des intérêts de l’île, tout se fait à échelle humaine. Plusieurs sources touristiques insistent sur cette logique “tout est à distance de marche”, notamment pour accéder aux plages.
Côté mer, Schinoussa ne cherche pas à rivaliser avec les lagons de Koufonissi, mais elle aligne des plages très efficaces, abritées, souvent bordées de tamaris, avec une ambiance moins “carte postale” et plus insulaire. Tsigouri, l’une des plus longues plages de l’île, est régulièrement citée pour ses arbres qui offrent de l’ombre naturelle, un détail très concret qui compte quand on passe la journée dehors.
Schinoussa plaît aussi à ceux qui aiment manger local sans avoir l’impression d’être dans une vitrine touristique. Discover Greece insiste sur la fava et sur l’idée d’enchaîner une plage par jour puis de finir la soirée à Chora ou Mersini dans les tavernes, ce qui résume bien l’île, un rythme simple, mais extrêmement satisfaisant quand on cherche une vraie respiration.
Iraklia, la grande marche et la grande vue, avec une île encore très minérale
Iraklia est la plus vaste du groupe des Petites Cyclades, et cela se sent immédiatement, davantage d’espace, davantage de relief, davantage de sentiers. Le site officiel Visit Greece la décrit comme la plus grande et la plus occidentale des “Minor Cyclades”, et met l’accent sur son environnement naturel, ce qui correspond assez bien à la réalité du séjour, ici, l’activité reine est la randonnée.
Les informations vraiment utiles à connaître, ce sont les 2 grandes marches qui structurent l’expérience. La première mène à la grotte d’Agios Ioannis, un objectif classique, parce qu’il donne un but clair et un point d’intérêt spectaculaire. Des plateformes comme AllTrails décrivent un itinéraire aller retour d’environ 5,5 km au départ de Panagia, classé modéré, typiquement le genre de marche accessible à un large public, à condition d’avoir de l’eau et de partir avec une météo stable.
La seconde marche vise les hauteurs, avec un itinéraire vers Profitis Ilias et le sommet du mont Papas, annoncé à 420 m sur des sites de randonnée qui recensent les tracés locaux. C’est un détail très parlant car il explique pourquoi Iraklia donne souvent la sensation d’être “plus grande” que les autres, même si elle reste petite à l’échelle des Cyclades, parce qu’elle monte, et qu’elle ouvre des panoramas.
À terre, Iraklia se résume à quelques villages, dont Agios Georgios, le port, et Panagia, à l’intérieur. On y vient moins pour enchaîner les plages que pour alterner la marche, les baignades et les longues pauses dans les tavernes. Côté mer, Livadi est souvent mentionnée comme la plage de référence, large, lisible, facile à vivre, et l’île garde surtout une réputation d’escapade pour voyageurs qui veulent de l’espace plutôt que des “scènes” de bord de mer.
Donoussa, la Cyclade du bout du monde, entre plages franches, sentiers balisés et épave à palmes
Donoussa est la plus au nord du groupe, et elle cultive une identité très nette. Le site officiel Visit Greece la situe à l’est de Naxos et au nord d’Amorgos, et rappelle aussi la légende qui relie son nom à Dionysos, une façon de dire que même les plus petites îles grecques traînent derrière elles une épaisseur mythologique. L’argument le plus concret de Donoussa, celui qui donne immédiatement envie de poser ses affaires et de sortir, c’est sa combinaison plage plus randonnée. D’un côté, Kedros, la plage vedette, accessible à pied depuis Stavros, avec une particularité rare, une épave de navire allemand de la Seconde Guerre mondiale posée à faible profondeur, suffisamment près du rivage pour être observée en snorkeling. Exploring Greece parle d’un reste de coque visible à environ 4 m de profondeur, dans la baie. C’est un détail extrêmement vendeur, parce qu’il transforme une journée de baignade en petite expédition, sans bouteille ni organisation lourde.
De l’autre côté, Donoussa est une île de chemins. Naxos gr met en avant 5 itinéraires numérotés, hérités des anciens sentiers, avec une liste de points d’intérêt concrets, anciennes installations, sources, plages, épave, et surtout le mont Papas, culminant à 383 m. Ce chiffre est important, il donne une idée du relief et explique pourquoi les vues, même après une marche assez courte, sont souvent spectaculaires.
La vie s’organise autour de Stavros, petit port et village principal. On y vient pour une atmosphère très simple, des tavernes et une logistique minimale mais suffisante. Pour un regard plus journalistique sur l’attrait actuel de Donoussa, The Guardian la décrit comme une destination de vacances plage à l’écart, portée par ses sentiers et ses anses comme Kedros et Livadi, avec une île très peu peuplée et une ambiance volontairement sobre. Ce type de récit dit quelque chose d’important, Donoussa répond parfaitement à la demande croissante de voyages moins saturés, où l’on marche, où l’on nage, où l’on n’a pas besoin d’en faire trop pour avoir l’impression d’être loin.
Comment organiser une découverte des Petites Cyclades sans perdre de temps
Le point clé, c’est l’accès. Les Petites Cyclades se rejoignent principalement en ferry depuis Naxos et Amorgos, et l’archipel se parcourt ensuite grâce aux liaisons locales qui desservent Donoussa, Koufonissi, Schinoussa et Iraklia dans une même boucle. Les routes mises en avant par les opérateurs et les plateformes de réservation montrent clairement cette logique d’itinéraire, pratique pour construire un voyage en sauts de puce.
Une fois sur place, tout devient plus simple. Les îles sont petites, la marche est souvent le meilleur mode de déplacement, et c’est aussi ce qui fait leur force, elles sont adaptées au voyageur qui veut “vivre dehors”. C’est exactement ce que recherchent de plus en plus de touristes aujourd’hui, une destination où l’on a l’impression de reprendre la main sur son temps, où l’on ne passe pas ses journées à réserver, à transporter, à optimiser. Les Petites Cyclades ne promettent pas de “faire mieux” que les îles stars. Elles proposent autre chose, et c’est cela qui les rend puissantes. Koufonissi pour la mer la plus spectaculaire et les explorations de grottes. Schinoussa pour la Grèce du goût et des petites plages ombragées. Iraklia pour les vraies marches et les vues qui nettoient la tête. Donoussa pour la liberté des sentiers et le plaisir rarissime d’une épave accessible à la palme. On peut appeler cela un luxe discret. En mer Égée, c’est souvent le plus durable.
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