Le radar : le troisième œil du marin

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Par Figaro Nautisme

Le radar est l’un des appareils les plus anciens utilisés en navigation. Dépassé par les nouveaux appareils ? Non, un bon nombre de fabricants sont désormais à la pointe des nouvelles technologies.

Le radar est l’un des appareils les plus anciens utilisés en navigation. Dépassé par les nouveaux appareils ? Non, un bon nombre de fabricants sont désormais à la pointe des nouvelles technologies.

Un peu d’histoire


Les premières réalisations virent le jour entre 1934 et 1936. Les radars étaient alors équipés d’antennes fixes et servaient à la surveillance des côtes anglaises. En 1938, les navires de l’Amirauté furent les premiers équipés avec des antennes tournantes et, à la fin de la guerre, les applications civiles se développèrent aussi bien en terrestre qu'en aérien et en maritime.


L’évolution au fil du temps

La grande percée du radar en plaisance remonte aux années 80 avec l’apparition des écrans vidéo plein jour. Ces derniers permettaient de réaliser des appareils légers, peu voraces en énergie et équipés d’antenne de faibles dimensions. Mais, l’avancée la plus significative fut l’arrivée des afficheurs à cristaux liquides monochromes puis couleur (année 90). Aujourd’hui, le radar n’est plus un appareil dédié, il s’intègre dans une chaine d’instrumentions. A la base, on a un écran multifonction bien souvent un lecteur de carte sur lequel on peut connecter entre autre une antenne radar. Les toutes dernières générations sont sur micro-ordinateur avec écran tactile.


Comment ça marche ?

C’est le même principe que le sondeur où la sonde est remplacée par une antenne tournante (24 tours/mn). L'onde (fréquence voisine de 10 GHz) est émise par l'antenne et revient à son point de départ après réflexion sur un obstacle. La puissance d’émission, à partir de 2 kW sur les modèles plaisance, n’est pas continue. Elle est émise sous forme d'impulsions brèves (de 0,5 à 0,8 microsecondes) formant un faisceau étroit d'environ 4° à 7° dans le plan horizontal et 25° en vertical. Ces angles définissent le pouvoir de résolution du radar. A titre d’exemple, un angle d’émission de 4° associé à une antenne de 55 cm de diamètre donne une résolution de 130 mètres à 1 mille. En résumé, deux objets qui sont séparés de moins de 130 mètres à un mille ne formeront qu'un point sur l'écran.


Un radar à bord

Une des premières fonctions du radar est la navigation par visibilité réduite. La deuxième est de déterminer s’il y a route de collision avec un autre navire. Celle-ci peut être déterminée manuellement sur l’écran en utilisant le relèvement (EBL) et la distance (VRM), ou automatiquement avec la fonction MARPA (Mini Automatic Radar Plotting Aid).


Savoir interpréter l’image radar

L'image radar n’est pas une photo, ce qu'on visualise sur l'écran correspond à des échos qui dépendent de la cible sur laquelle sont réfléchies les ondes émises par l’antenne. Trois facteurs ont une influence sur cet écho : l’orientation, la taille et la nature. Les objets verticaux renvoient mieux les signaux que les objets inclinés. Un petit objet proche peut afficher un écho aussi important qu’un gros lointain. Un bateau métallique renvoie un écho plus fort qu’un rocher. En pratique, il faut s’entraîner à interpréter l’image sur des objets connus (entrée de port ou un bateau au mouillage) et se familiariser avec les différentes fonctions.


Deux points importants

Le positionnement de l’antenne. La portée est liée à sa hauteur. Mais inversement, la zone non détectée à l’avant du bateau est plus importante. Trop basse, on a l’impact de l’émission sur les personnes. Les ondes rayonnées par un radar sont dangereuses. En pratique, le bon compromis est de placer l’antenne à une hauteur de 4 à 6 mètres au-dessus de l’eau (soit sur le mât principal, sur le mât d’artimon, sur un portique, sur un mâtereau ou sur la timonerie des bateaux à moteur).
La portée est fonction de la puissance. En théorie, pour un modèle de 2 kW la portée maximum est de 16 à 24 milles, pour un de 4 kW de 48 milles. En pratique, comptez 10 milles maximum. La puissance est surtout significative pour mieux dissocier des cibles proches.
 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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