America's Cup, Sail GP... les tenders s'envolent aussi !

Bateaux à moteur
Jeudi 14 avril 2022 à 14h00

Avec l’avènement des voiliers à foils et leurs vitesses affolantes, un dilemme s’est invité dans les équipes de l’America’s Cup ou de Sail GP. L’image d’un sport propre avec des bolides propulsés uniquement à la force du vent, était entachée par la cohorte de semi-rigides engloutissant des hectolitres de carburant fossile pour tenter de les suivre à des fins techniques, stratégiques, commerciales ou médiatiques. A quelques jours d’intervalle, Emirates Team New Zealand et l’équipe française de Sail GP ont lancé deux « chase boats » révolutionnaires, chacun à leur manière, mais non sans points communs.

©Candela
Avec l’avènement des voiliers à foils et leurs vitesses affolantes, un dilemme s’est invité dans les équipes de l’America’s Cup ou de Sail GP. L’image d’un sport propre avec des bolides propulsés uniquement à la force du vent, était entachée par la cohorte de semi-rigides engloutissant des hectolitres de carburant fossile pour tenter de les suivre à des fins techniques, stratégiques, commerciales ou médiatiques. A quelques jours d’intervalle, Emirates Team New Zealand et l’équipe française de Sail GP ont lancé deux « chase boats » révolutionnaires, chacun à leur manière, mais non sans points communs.

Pionnier des foils il y a dix ans avec son catamaran volant de 72 pieds conçu pour conquérir l’Aiguillère d’Argent, l’équipe néo-zélandaise menée par Grant Dalton ne pouvait qu’être la première à innover. On leur avait promis 3 à 4 années de labeur avant de voir leur projet de foiler hydrogène baptisé ‘Chase Zero’ réellement opérationnel. Preuve de l’expertise du team kiwi, neuf mois plus tard, leur prototype fend déjà les eaux du port de Waitematã. Le catamaran de 10 mètres de long par 4.50 de large, ne pèse que 4 800 Kg tout équipé grâce à la maitrise du composite carbone utilisé en haute compétition. L’objectif de performance, 50 nœuds en pointe et 35 nœuds en vitesse de croisière avec alors 180 milles d’autonomie, ne pouvait passer que par des foils sustentant le bateau, pour le libérer en très grande partie de la résistance de l’eau. Mais une seule innovation d’importance ne suffisait visiblement pas à occuper les têtes bien faites de l’équipe d’ingénieurs kiwis, entre deux campagnes pour garder la coupe. Aussi, Dan Bernasconi le coordinateur du projet, a choisi l’hydrogène pour fournir toute l’énergie nécessaire à ces performances exceptionnelles.

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© ETNZ

Les Kiwis en pole

Toyota, sponsor de longue date de la célébrissime équipe s’est mué en partenaire technique en fournissant deux piles à hydrogène de 80kW de toute dernière génération, encore en préproduction. L’hydrogène vert, est stocké sous forme gazeuse à 350 bars dans quatre réservoirs de 8Kg chacun. L’électricité fournie par les deux piles à combustibles embarquées, une dans chaque coque, ne rejette que de l’eau pure après catalyse. Si ces deux piles fournissent la majorité de l’énergie nécessaire en vitesse de croisière, un parc batteries de deux fois 42kWh assure sans délai les pics de demande, lors de fortes accélérations ou pour atteindre les 50 nœuds. Un seul safran central avec foil en T assure la direction. Les deux moteurs de 220kW chacun actionnent deux hélices situées à l’extrémité des torpilles présentes de chaque côté du grand foil transversal situé au tiers avant, à 2.20 sous la coque. Une hauteur qui, une fois en vol, permet de s’affranchir des vagues et soigne le confort des six passagers pouvant prendre place à bord. Dans tous les cas, la mer n’est jamais très forte lors des régates d’AC75, aucun départ n’étant donné au-delà de 15 nœuds de vent. Après des premiers tests très concluants aux antipodes, Chase Zero fera donc surement le show à Barcelone en octobre 2024 pour la 37ème édition de la plus ancienne compétition au monde.

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22 nœuds, 5cm de vagues de sillage et…le silence

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© Sail GP

Entre temps, l’équipe française de Sail GP, le circuit lancé par Larry Ellison, disputé sur les catamarans volants F50 issus justement de l’ancienne jauge de l’America’s Cup, aura écumé les Grands Prix suivi comme son ombre par un Candela C7. Le Suédois vient en effet de signer un partenariat avec l’équipe menée par Bruno Dubois. Son ‘tender’ électrique de 7.70m permettra de vivre au plus près l’intensité des régates de ce circuit mondial, sans aucune émission de CO2 « localement » comme a l’honnêteté de le préciser le constructeur. Sa filiale américaine étant dirigée par un certain Tanguy de Lamotte, ancien skipper du 60 pieds Imoca désormais aux mains de Sam Davies, la connexion avec le monde de la régate a été des plus aisée et le Candela C7 a pu faire sa première apparition dès le Grand Prix de San Francisco en mars dernier. Construite en série, la coque carbone ne pèse que 1 300 Kg toute équipée. La hauteur des foils permet de s’affranchir de vagues jusqu’à 1.10m de haut, tout en croisant à 22 nœuds. L’électricité n’étant pas produite à bord, elle est stockée dans un parc batteries de 40kWh permettant une autonomie de 50 milles nautiques au moteur de 55kW. Comme le Chase Zero kiwi, Candela a opté pour des moteurs à pods et a soigné leur efficacité : 80% de rendement, seulement 0,8kWh d’énergie au mille soit l’équivalent de 0,1 litre d’essence. Mais c’est le contrôleur de vol qui impressionne le plus. La technologie, issue de l’avionique, permet d’ajuster automatiquement les foils jusqu’à 100 fois par seconde, assurant un cocktail optimal entre confort, performance et sécurité. Avec un sillage de seulement 5 cm de haut et dans un silence absolu, le Candela est un parangon de discrétion.  Mais paradoxalement, après les catamarans en compétition, il pourrait être le bateau le plus en vue lors du circuit 2022 de Sail GP.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…