Salon nautique de Gênes 2026 : une 66e édition entre renouveau et ambitions internationales

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Du 1er au 6 octobre 2026, le Salon nautique international de Gênes retrouvera ses dates traditionnelles et dévoilera un visage largement renouvelé. Installé sur un front de mer désormais achevé, le grand rendez-vous italien entend conjuguer puissance industrielle, innovations technologiques et ouverture internationale, sans renoncer à ce qui fait sa singularité : une exposition presque entièrement tournée vers la Méditerranée.

Le Salon nautique international de Gênes retrouvera cet automne le calendrier qui a longtemps rythmé son histoire. Du 1er au 6 octobre 2026, sa 66e édition réunira de nouveau constructeurs, équipementiers, designers, institutions et visiteurs sur les quais de la capitale ligure. Un retour à ses dates traditionnelles qui n’a rien d’anecdotique : il permet au rendez-vous italien de reprendre pleinement sa place dans la succession des grands salons nautiques européens de la rentrée.

À deux mois de l’ouverture, les organisateurs mettent en avant une mobilisation internationale toujours soutenue, malgré un marché mondial devenu plus incertain. Les professionnels semblent continuer à considérer Gênes comme une place incontournable pour présenter leurs nouveautés, rencontrer leurs partenaires et prendre le pouls d’une industrie nautique en pleine évolution.

Cette fidélité des exposants constitue un signal important pour le salon, mais aussi pour l’ensemble de la filière italienne. Leader mondial dans la construction de grands yachts, l’Italie s’appuie sur un tissu industriel mêlant chantiers navals, équipementiers, bureaux d’études, designers et artisans spécialisés. À Gênes, cette puissance économique trouve depuis plus de soixante ans sa principale vitrine.

Un salon redessiné autour de la mer

L’édition 2026 marquera surtout l’aboutissement de la profonde transformation du site. Le Waterfront di Levante, vaste programme de réaménagement imaginé par l’architecte génois Renzo Piano, est désormais achevé. Le nouveau pavillon du Palasport vient compléter un ensemble repensé pour ouvrir davantage le salon sur la ville et sur la mer.

Les visiteurs découvriront ainsi un espace d’exposition plus vaste, mais aussi plus cohérent et plus fluide. De nouveaux canaux traversent le site, les perspectives sur le large ont été dégagées et les différents univers du salon doivent désormais mieux communiquer entre eux. Cette organisation permet également de rapprocher les bateaux à flot des espaces consacrés aux équipements, aux services et aux rencontres professionnelles.

L’ambition est de préserver une expérience à taille humaine tout en augmentant les capacités d’accueil. Contrairement à de nombreux salons organisés dans des halls éloignés du littoral, Gênes revendique une identité entièrement maritime. Les bateaux sont présentés dans leur environnement naturel et plusieurs milliers d’essais en mer doivent être organisés pendant les six jours de l’événement.

Cette proximité immédiate avec l’eau reste l’un des principaux atouts du rendez-vous italien. Elle permet aux visiteurs de passer rapidement des pontons aux espaces d’exposition, mais aussi de découvrir les nouveautés en navigation plutôt que de les observer uniquement à quai.

L’industrie nautique face à ses transformations

Au-delà des présentations de bateaux, le Salon de Gênes veut renforcer son rôle de lieu de réflexion sur l’avenir du nautisme. Les questions de transition environnementale, de nouveaux usages et d’évolution technologique occuperont une place centrale dans le programme.

Le World Yachting Sustainability Forum reviendra pour une cinquième édition. Industriels, experts et représentants institutionnels y examineront les défis environnementaux et économiques qui se posent désormais à la filière. Réduction des émissions, matériaux plus responsables, nouvelles motorisations, gestion de la fin de vie des bateaux ou adaptation des infrastructures portuaires figurent parmi les sujets qui transforment progressivement les méthodes de conception et de production.

Cette réflexion se prolongera dans les allées du salon, où les innovations ne concerneront plus seulement les performances ou le confort à bord. Les systèmes de propulsion, la sobriété énergétique, la connectivité et la gestion des équipements deviennent des arguments de plus en plus déterminants pour les chantiers comme pour les plaisanciers.

La deuxième édition des TechTrade Days illustrera également cette volonté de placer les échanges professionnels au cœur de l’événement. Plus de 400 marques spécialisées dans les équipements, les accessoires et les composants sont annoncées au sein de cet espace BtoB. L’objectif est de favoriser les rencontres entre fournisseurs, constructeurs et distributeurs, dans un secteur où les innovations les moins visibles sont souvent celles qui transforment le plus profondément les bateaux.

Le savoir-faire italien en première ligne

Gênes demeure avant tout la grande vitrine de l’excellence nautique italienne. Design, ingénierie et qualité de fabrication y occupent une place particulière, dans un pays qui domine largement le marché mondial des superyachts.

La présence croissante d’unités de plus de 24 mètres témoignera une nouvelle fois du poids de cette industrie. Les grands chantiers italiens profitent du salon pour mettre en scène leur capacité à associer lignes élégantes, volumes généreux, personnalisation poussée et innovations techniques. Ces yachts spectaculaires attirent naturellement les regards, mais ils représentent aussi l’extrémité la plus visible d’une chaîne de compétences qui irrigue l’ensemble de la filière.

Le Design Innovation Award viendra, pour la septième année, distinguer les projets les plus remarquables présentés par les exposants italiens et internationaux. Le jury s’intéressera autant à l’esthétique qu’à la fonctionnalité, à l’innovation et à la prise en compte des enjeux environnementaux. Une manière de rappeler que le design nautique ne se limite plus aux lignes extérieures d’un bateau, mais englobe désormais les usages, les matériaux et l’efficacité de chaque espace.

Le salon publiera également La Nautica in Cifre, son rapport annuel consacré à l’économie maritime italienne. Très attendu par les professionnels, ce document permettra de mesurer la santé réelle du secteur et d’observer l’évolution des commandes, de la production et des exportations dans un contexte international moins lisible qu’au cours des années précédentes.

La voile sportive au service de l’innovation

La compétition occupera elle aussi une place importante dans cette 66e édition. Les organisateurs souhaitent mettre en avant les liens étroits qui unissent la course au large, la voile de haut niveau et l’industrie nautique. Les avancées développées pour la compétition finissent en effet régulièrement par gagner les bateaux de série, qu’il s’agisse des matériaux, de l’électronique, de l’aérodynamique ou des équipements de sécurité.

Cette dimension prendra une résonance particulière après la désignation de Confindustria Nautica comme partenaire consultatif stratégique de l’industrie nautique pour la 38e Coupe de l’America. Le partenariat sera mis en valeur à Gênes aux côtés de World Sailing, de la Fédération italienne de voile, de plusieurs associations de classes et de navigateurs de premier plan.

Le salon entend ainsi toucher une nouvelle génération de professionnels et de pratiquants. Des initiatives consacrées à la formation et aux métiers du nautisme compléteront le programme, alors que de nombreuses entreprises peinent à recruter dans la production, la maintenance, l’ingénierie ou les services portuaires.

Gênes veut conforter sa place parmi les grands salons mondiaux

Avec son front de mer transformé, ses espaces agrandis et son retour au début du mois d’octobre, le Salon nautique de Gênes aborde une étape importante de son histoire. L’événement ne cherche plus seulement à augmenter le nombre de bateaux ou d’exposants. Il veut proposer une expérience plus ouverte, mieux intégrée à la ville et davantage tournée vers les échanges professionnels.

« Le Salon nautique international de Gênes est avant tout un outil au service de la filière », souligne Piero Formenti, président de Confindustria Nautica. Selon lui, le retour en octobre répond aux attentes des entreprises, tandis que la confiance renouvelée des exposants confirme la pertinence de l’orientation choisie par les organisateurs.

Pendant six jours, Gênes cherchera donc à réunir les différentes facettes du nautisme contemporain : la puissance industrielle, le goût italien pour le design, l’essor des grandes unités, les innovations techniques et les interrogations environnementales. Un programme dense pour un salon qui, à l’image de la ville qui l’accueille, entend plus que jamais vivre au rythme de la mer.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.