Ecoute, la réponse est dans le vent

Blog Eric Mas
Dimanche 20 avril 2014 à 7h51

Hourra, revoilà bientôt mai. Et, si en avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qui te plaît. Autant dire que le mois de mai est celui du retour de la plaisance. On voit, à l’horizon, se multiplier les voiles blanches. On voit, plus nombreux devant les capitaineries, les skippers analyser les bulletins météo pour savoir à quel vent ils vont offrir leurs premiers bords.

Hourra, revoilà bientôt mai. Et, si en avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qui te plaît. Autant dire que le mois de mai est celui du retour de la plaisance. On voit, à l’horizon, se multiplier les voiles blanches. On voit, plus nombreux devant les capitaineries, les skippers analyser les bulletins météo pour savoir à quel vent ils vont offrir leurs premiers bords.

Je trouve formidable ce moment où il n’y a plus que le vent qui compte. Bien sûr, s’il peut y avoir du soleil pour le même prix, on est preneur… mais le plus important c’est le vent. Qu’il soit là, et pas trop fort. Qu’il souffle dans le bon sens. Qu’il soit de bonne humeur.

 

Si mai est encore un mois de printemps son vent est déjà d’été.

Sur notre littoral méditerranéen, on est déjà menacé par 42% de « calme » (66% sur la Côte d’Azur) et encore par 2% de « coup de vent » (6% sur le golfe de Lion). Il nous reste 45% de bonheur avec du 3 à 5 Beaufort, 11% de « border line » avec du 6 à 7.

Notre ambiance atlantique connaît moins les extrêmes. 27% de « calme », 1% de « coup de vent », mais 63% de médium avec le tant espéré force 3 à 5. Le « border line » force 6 à 7 Beaufort est tout de même encore de 9%.

La plaisance veut évidemment que l’on évite ce « border line », même si cet état limite du vent (limite pour la plupart d’entre nous), cache, comme le trouble de la personnalité, de belles valeurs sous une grande fébrilité. Quoi de plus grisant qu’un couple bateau-équipage à l’aise dans les conditions dîtes musclées du « vent frais » (force 6 à 7) ? Quoi de plus satisfaisant qu’une arrivée à bon port après avoir subi quelques bonnes gifles ?

Le doux plaisir, lui, vient du vent plus caressant. Celui de la « petite brise » (c’est force 3) pour naviguer au près, ou de la « bonne brise » (c’est force 5) au portant. Quand il vient de terre, la mer est plate et les parfums printaniers. Quand il vient du large, la houle se fait dansante et l’air bourré d’iode.

 

Etre attentif au vent augmente le plaisir de la barre, suivre au plus près chaque petite variation de sa direction, chaque oscillation, chaque risée pour être bon en cap, bon en vitesse.
Etre attentif au vent c’est aussi écouter ce qu’il a à nous raconter, comprendre son histoire pour mieux deviner ses intentions.

Vous avez remarqué que pour le courant la notion de direction est « là où il nous porte » (pourvu qu’il ne nous porte pas sur les cailloux) alors que pour le vent, la convention est de dire « là d’où il vient ». Si on utilise le courant comme un tapis roulant, on reçoit le vent avec tout ce qu’il nous apporte de son lieu d’origine et de son voyage pour arriver jusqu’à nous.


Apprenons à distinguer dans tout ce qu’il nous apporte les signes révélateurs.
Ce vent de force 4 d’ouest qui souffle le long des côtes de Provence est-il enfant de la brise thermique aspirée par le minimum barométrique de Saint Raphaël, ou enfant du mistral qui ne faiblira pas pendant la nuit ? Ce noroît qui arrive sur la mer d’Iroise est-il d’une stabilité digne de la bordure anticyclonique ou rafaleux et d’ambiance dépressionnaire ? Et le nordet qui se précipite sur les caps du Cotentin mais qui devient timide sur la bordure côtière lorsque la nuit tombe, est-il dense et sec, venant de chez les anglais, ou plus doux et humide vent du nord de la France en contournant une dépression orageuse ?


"Ecoute, la réponse est dans le vent."

 

PS : le correcteur d’orthographe soutient que c’est une faute que d’écrire « le force 5 ». Pourtant si la mer, la houle, la vague mais aussi la brise et la risée ne renient pas le féminin, j’ai toujours entendu parler de la force du vent au masculin : « c’est un bon force 5, ça ». Je ne juge pas.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.