Les Australiens de Tom Slingsby ont remporté le Mubadala New York Sail Grand Prix après une finale haletante face à Emirates GBR et Northstar. Entre avarie réparée in extremis, conditions piégeuses et gros accrochage impliquant les Américains, cette étape new-yorkaise a offert l’un des scénarios les plus intenses de la saison 2026.

Les Australiens encore au-dessus du lot
La série commence à prendre des allures de démonstration. Après leurs succès aux Bermudes puis à Rio de Janeiro, les Bonds Flying Roos ont décroché à New York une 3e victoire consécutive sur le circuit SailGP. Un nouveau coup d’éclat pour l’équipage australien mené par Tom Slingsby, qui conforte ainsi sa place en tête du Rolex SailGP Championship.
Rien n’a pourtant été facile sur l’Hudson. Avant même la 1re course du jour, les Australiens ont dû remplacer un safran endommagé. Un contretemps sérieux, mais vite effacé par une équipe qui semble aujourd’hui capable de gérer toutes les situations, même les plus tendues. Dans une finale disputée jusqu’aux derniers mètres, les Flying Roos ont fini par prendre le dessus sur Emirates GBR et Northstar, au terme d’un duel très serré avec les Britanniques.
Une finale décidée sur un changement de vent
Le scénario de la finale a longtemps semblé favorable aux Britanniques. Les Australiens avaient pris les commandes en début de course, avant de voir Emirates GBR revenir puis passer devant lors d’un échange tactique décisif à mi-parcours. Les 2 équipages se sont ensuite répondu coup pour coup, dans des conditions très irrégulières où la lecture du plan d’eau a compté autant que les données embarquées.
Le tournant est arrivé en fin de course, sur une bascule de vent parfaitement exploitée par Tom Slingsby et son équipage. Les Australiens ont repris l’avantage avant le dernier bord, puis ont résisté jusqu’à la ligne d’arrivée, dans une arrivée presque au photo-finish. Une victoire courte, mais précieuse, qui leur permet de creuser l’écart au classement général avec 11 points d’avance sur Emirates GBR.
Tom Slingsby a résumé une journée particulièrement exigeante : « Les conditions étaient très changeantes et difficiles. Il fallait faire confiance à ce que l’on voyait sur l’eau plutôt que de trop s’appuyer sur les logiciels, qui ne pouvaient pas tout dire. » Le barreur australien a aussi souligné l’importance du dernier passage de marque, où il a pu contrôler précisément la position de l’étrave britannique pour conserver l’avantage jusqu’à l’arrivée.
Un gros accrochage qui plombe les espoirs américains
L’autre image forte du week-end restera le spectaculaire accrochage survenu au départ de la 3e et dernière course en flotte. Red Bull Italy, Mubadala Brazil et l’U.S. SailGP Team se sont retrouvés impliqués dans une collision qui a immédiatement bouleversé la course au podium. Pour les Américains, qui réalisaient jusque-là une solide journée à domicile, le coup a été particulièrement dur.
Taylor Canfield, barreur de l’équipe américaine, a reconnu une grande déception après l’incident. Il a expliqué que la situation s’était développée très vite, avec peu de temps pour anticiper l’ampleur de la collision. L’U.S. SailGP Team a finalement écopé d’une pénalité de 7 points pour infraction à la règle 14, qui impose d’éviter le contact. Red Bull Italy a reçu de son côté une pénalité de 4 points sur l’événement, tandis que Mubadala Brazil n’a pas été sanctionné.
Malgré ce coup d’arrêt, les Américains peuvent conserver un motif de satisfaction : ils remontent au 3e rang du classement général du championnat. Anna Weis a d’ailleurs insisté sur l’état d’esprit à garder après une telle journée : « On gagne en équipe, on perd en équipe, on percute en équipe. Ce qui compte maintenant, c’est la façon de rebondir. »
Northstar retrouve de l’élan avant Halifax
Derrière le duel entre l’Australie et la Grande-Bretagne, Northstar a signé l’une des belles performances du week-end. L’équipe canadienne a atteint pour la 1re fois une finale d’événement lors de cette saison 2026, mettant fin à une série de résultats décevants. Cette présence en finale tombe au meilleur moment pour les Canadiens, qui disputeront la prochaine étape à Halifax, devant leur public.
Cette performance ne suffit pas encore à parler de bascule durable, mais elle redonne clairement de l’élan à un équipage qui avait besoin d’un résultat fort. Dans un format aussi serré que SailGP, une finale peut changer la dynamique d’une saison.
New York offre un vrai tournant dans la saison
Le week-end avait pourtant commencé dans des conditions particulières. Les courses du 1er jour n’avaient pas été comptabilisées, seules 4 équipes ayant pu réellement participer. Tout le monde est donc reparti à zéro pour le Championship Sunday, avec une pression maximale et une place en finale à aller chercher sans marge d’erreur.
Le dimanche a ensuite offert un tout autre visage, avec un vent plus léger, entre 15 et 30 km/h, et des conditions bien plus favorables au vol des F50 équipés de leur aile de 27,5 m. Depuis le Race Stadium installé à Governors Island et les bateaux spectateurs, plusieurs milliers de fans ont suivi une journée dense, spectaculaire et parfois chaotique.
Pour SailGP, cette étape new-yorkaise confirme l’attrait du circuit dans les grandes villes. Andrew Thompson, directeur général de SailGP, a salué « l’énergie exceptionnelle » du public et la qualité du spectacle proposé sur l’eau. Entre duel final, collision majeure et confirmation de la domination australienne, New York a surtout rappelé que la saison 2026 est en train de se structurer autour d’un équipage à battre : celui de Tom Slingsby.
vous recommande