Après une première journée spectaculaire consacrée aux runs de vitesse, les choses sérieuses commencent à Lorient. Ce vendredi 25 septembre à 13 heures, quatre ULTIM® et onze Ocean Fifty s’élanceront sur une même ligne de départ pour la cinquième édition des 24H Ultim. Devant eux : près de 24 heures de navigation, deux parcours dans le golfe de Gascogne et une météo qui pourrait rendre le final particulièrement tactique.

Jeudi, le plan d’eau lorientais avait presque des airs de terrain de jeu idéal. Soleil généreux, mer plate et une dizaine de nœuds de vent : suffisamment pour permettre aux grands trimarans de décoller sur leurs foils et aux Ocean Fifty de montrer tout leur potentiel. Cette journée de runs, organisée à la veille du départ, a surtout donné un premier aperçu des vitesses que les équipages seront capables d’atteindre une fois la course lancée.
À bord des quinze multicoques, 130 invités ont pu découvrir au plus près les accélérations de ces machines hors normes. Avec des pointes à plus de 30 nœuds chez les Ultim, l’expérience avait de quoi marquer les esprits.
Banque Populaire XI donne le ton
Et puisque ces runs étaient aussi chronométrés, les équipages ne se sont pas contentés du spectacle. Chez les ULTIM®, Maxi Banque Populaire XI s’est montré le plus rapide avec un temps de 1 minute et 56 secondes, devançant SVR-Lazartigue d’une petite seconde.
Armel Le Cléac’h et son équipage ont notamment atteint des pointes à 33-34 nœuds dans la matinée. Même intensité chez les Ocean Fifty. Sodebo Fifty s’est imposé avec un run bouclé en 3 minutes et 07 secondes, devant Viabilis Océans, crédité de 3 minutes et 16 secondes. Un avant-goût seulement, car à partir de vendredi, il ne sera plus question d'un mille lancé mais d'une véritable course au large.
Quinze multicoques sur une même ligne
À 13 heures, les deux classes s’élanceront simultanément entre Groix et la pointe du Talus, à Kerroch. Le bateau comité sera placé au centre de la ligne : les onze Ocean Fifty partiront à bâbord, tandis que les quatre ULTIM® prendront position à tribord.
La procédure de départ durera dix minutes et gare aux plus pressés : tout bateau franchissant prématurément la ligne écopera d'une pénalité d'une heure. Une fois le départ donné, les deux flottes suivront des parcours similaires dans leur principe, mais adaptés à leurs performances respectives : environ 500 milles pour les ULTIM® et 400 milles pour les Ocean Fifty.
Cap sur le golfe de Gascogne
La première partie du parcours conduira les concurrents vers la Jument des Glénan, qu'ils devront laisser à tribord, avant de mettre le cap vers le large d'Ouessant et le waypoint Banque Populaire Grand Ouest. Près de 150 milles attendront déjà les équipages sur cette première portion. Viendra ensuite l'un des principaux morceaux de cette édition : une longue descente vers le cœur du golfe de Gascogne. Les ULTIM® devront parcourir environ 160 milles sur ce bord, contre 120 milles pour les Ocean Fifty.
Après avoir contourné les waypoints Région Bretagne et Lorient Agglomération, les concurrents amorceront leur remontée vers la Bretagne, avec Groix comme dernier passage avant le retour sur Lorient. Sur la carte, le dessin paraît relativement simple. Sur l'eau, il pourrait rapidement devenir beaucoup plus subtil.
Une première nuit à grande vitesse
La météo devrait permettre aux bateaux d'exprimer une bonne partie de leur potentiel dès les premières heures de course. Au départ, un léger flux de nord-ouest est attendu. Le vent devrait ensuite progressivement se renforcer autour de 15 nœuds, puis atteindre localement 20 nœuds, avant de basculer au nord pendant la nuit.
Des conditions favorables à de longues séquences rapides au reaching puis au portant. Pour les Ultim en particulier, les compteurs pourraient rapidement s'affoler. Mais la vitesse pure ne suffira pas.
Le retour vers Lorient pourrait rebattre les cartes
C'est en effet dans les dernières heures que la situation pourrait devenir beaucoup plus incertaine. À l'approche de Lorient samedi matin, le vent pourrait progressivement perdre de sa vigueur avant de nettement faiblir en fin de matinée. Un scénario capable de transformer les derniers milles en véritable casse-tête stratégique. Les équipages auront donc tout intérêt à revenir le plus rapidement possible vers Groix et la ligne d'arrivée, sous peine de voir leur avance fondre avec la brise.
Dans une course aussi courte, chaque décalage, chaque empannage et chaque choix de trajectoire peut coûter cher. Les performances très proches observées lors des runs de jeudi laissent également entrevoir des écarts réduits entre les bateaux.
Après la démonstration, place donc à la confrontation. 500 milles à pleine vitesse pour les ULTIM®, 400 pour les Ocean Fifty et une nuit entière pour faire la différence : les 24H Ultim peuvent désormais commencer.
Pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.
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