Rafales pouvant atteindre 55 nœuds, vagues de cinq mètres et changements brutaux de direction du vent : la flotte de la Golden Globe Race s’apprête à affronter la tempête tropicale Gonzalo. Plusieurs navigateurs solitaires pourraient se retrouver directement sur sa trajectoire dans les prochaines heures.

La descente de l’Atlantique prend une tournure nettement plus musclée pour les skippers de la McIntyre Golden Globe Race. Le système dépressionnaire tropical qui influençait déjà la flotte depuis plusieurs heures s’est renforcé pour devenir la tempête tropicale Gonzalo, alors que plusieurs concurrents naviguent actuellement à proximité de l’archipel du Cap-Vert.
Quatre skippers subissent déjà des vents de 30 à 35 nœuds et une mer en hausse. Pour les bateaux les plus exposés, les conditions pourraient encore nettement se dégrader, avec des vagues pouvant atteindre cinq mètres.
Selon le bulletin diffusé vendredi 25 septembre à 3 h UTC par le National Hurricane Center, Gonzalo progresse vers le nord-nord-ouest à environ sept nœuds. Ses vents soutenus atteignent alors 40 nœuds, mais le système pourrait encore se renforcer avec des vents de 45 nœuds et des rafales pouvant grimper jusqu’à 55 nœuds au cours de la journée et dans la nuit.
Trois skippers particulièrement exposés
Tous les concurrents ne devraient cependant pas être touchés de la même manière. Leur position par rapport au centre de Gonzalo et leur progression dans les prochaines heures seront déterminantes. La direction de course surveille tout particulièrement trois navigateurs : le Français Louis Kerdelhué, 21 ans, à bord du Biscay 36 IE Charge, ainsi que les Américains Gunnar Christensen, sur Pompoen, et Matt Woodside, sur Tipi Haere.
En poursuivant leur route vers le sud-ouest, ils pourraient se retrouver confrontés non seulement aux vents les plus forts, mais également à une évolution particulièrement délicate de leur direction. Les vents de sud pourraient rapidement basculer à l’est, puis au nord en quelques heures seulement.
De quoi générer une mer particulièrement désordonnée, avec des vagues provenant de directions différentes. Une configuration éprouvante pour des marins seuls à bord, qui doivent à la fois régler leur voilure, gérer leur pilote ou système de régulation et composer avec la fatigue.
Quelques dizaines de milles peuvent tout changer
Plus à l’ouest, le Britannique Henry Wootton, à bord de Privateer, et la Norvégienne Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth, sur Showgirl, pourraient en revanche échapper au cœur du phénomène. Leur progression vers l’ouest au cours des dernières 24 heures pourrait leur permettre de conserver une distance suffisante avec la zone la plus active.
D’autres concurrents tentent eux aussi de négocier leur passage dans la région. L’Italien Guido Cantini, sur Hannah of Cowes, approche ainsi des îles du Cap-Vert, tandis que l’Israélien Daniel Pinsky, à bord d’Exodus, se trouvait près de Santo Antão dans la nuit. Sa progression vers le nord-ouest de l’île pourrait lui permettre de poursuivre sa route vers le Pot-au-Noir tout en évitant les vents les plus violents.
Le Canadien Isa Rosli, sur Olleanna, a quant à lui adopté une route plus au sud au cours des dernières heures. Il devrait rencontrer de forts vents d’ouest puis de nord-ouest, mais sa trajectoire pourrait également l'aider à rester à distance du centre de Gonzalo.
Arrivant plus tard depuis le nord, le Suédois Pär Nyman, à bord de Lazy Otter, devrait lui aussi éviter le plus fort du système. Des scénarios qui restent toutefois dépendants de l'évolution de la trajectoire de la tempête et de la vitesse de progression de chaque bateau.
Des images inédites depuis le cœur de la course
Cette dégradation des conditions a déjà offert des images spectaculaires grâce au dispositif GGR Window Live, qui permet de suivre certaines séquences en direct depuis les bateaux. Jeudi 24 septembre, alors que la nuit approchait, le Suisse Etienne Messikommer a ainsi été filmé à bord de son Tradewind 35 Bernard en train de réduire sa voilure. Face au renforcement du vent et à une mer atteignant déjà environ trois mètres, le navigateur a établi une trinquette réduite pour préparer son bateau à la dégradation.
Une scène brute, diffusée en temps réel, loin des images montées après coup. Le système, développé avec l'entreprise suédoise TriPeak et reposant sur Starlink, permet au public d'observer la vie à bord sans fournir d'informations extérieures aux navigateurs : les skippers restent donc seuls face à leurs décisions.
Un dispositif qui rencontre déjà son public. Selon les organisateurs, l'impact de la Golden Globe Race sur les réseaux sociaux aurait progressé de 400 à 500 % par rapport à l'édition 2022.
Deux skippers toujours immobilisés à terre
Pendant qu'une partie de la flotte affronte Gonzalo, deux concurrents restent pour l'instant immobilisés. À Marina Rubicón, à Lanzarote, l'Américain Guy deBoer attend toujours les conclusions d'une expertise concernant son Tashiba 36 Spirit. Des réparations structurelles doivent être réalisées au niveau de la coque et des cadènes. Elles devront ensuite être validées avant qu'il puisse recevoir une nouvelle autorisation et reprendre la course dans la catégorie Chichester.
Le Turc Selim Yalcin, à bord de Help Disabled Children, se trouve de son côté toujours à Cadix afin de résoudre ses problèmes de radio. Au moment du dernier point de la direction de course, aucune date de retour en mer n'était encore confirmée.
La course dévoile aussi sa nouvelle plateforme de statistiques
En parallèle de cette séquence météo mouvementée, la Golden Globe Race s'apprête à lancer un nouvel outil destiné au public. Baptisée GGR Stats, la plateforme doit ouvrir samedi 26 septembre et rassembler les données des éditions 2018, 2022 et 2026.
Vitesses moyennes, distances parcourues, meilleures performances sur 24 heures, passages aux principales marques du parcours ou encore comparaison entre skippers et bateaux : l'objectif est de permettre aux passionnés d'aller bien au-delà des simples positions affichées sur le tracker.
Mais avant de se plonger dans les chiffres, l'attention reste tournée vers l'Atlantique tropical. Pour plusieurs solitaires de la Golden Globe Race, les prochaines heures devraient constituer l'un des premiers gros tests météorologiques de cette édition.
Suivez les skippers grâce à la cartographie en direct ! Et pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.
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