Golden Globe Race : la tempête tropicale Gonzalo menace plusieurs skippers au large du Cap-Vert

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Rafales pouvant atteindre 55 nœuds, vagues de cinq mètres et changements brutaux de direction du vent : la flotte de la Golden Globe Race s’apprête à affronter la tempête tropicale Gonzalo. Plusieurs navigateurs solitaires pourraient se retrouver directement sur sa trajectoire dans les prochaines heures.

Rafales pouvant atteindre 55 nœuds, vagues de cinq mètres et changements brutaux de direction du vent : la flotte de la Golden Globe Race s’apprête à affronter la tempête tropicale Gonzalo. Plusieurs navigateurs solitaires pourraient se retrouver directement sur sa trajectoire dans les prochaines heures.

© Don McIntyre / GGR2026

 

La descente de l’Atlantique prend une tournure nettement plus musclée pour les skippers de la McIntyre Golden Globe Race. Le système dépressionnaire tropical qui influençait déjà la flotte depuis plusieurs heures s’est renforcé pour devenir la tempête tropicale Gonzalo, alors que plusieurs concurrents naviguent actuellement à proximité de l’archipel du Cap-Vert.

Quatre skippers subissent déjà des vents de 30 à 35 nœuds et une mer en hausse. Pour les bateaux les plus exposés, les conditions pourraient encore nettement se dégrader, avec des vagues pouvant atteindre cinq mètres.

Selon le bulletin diffusé vendredi 25 septembre à 3 h UTC par le National Hurricane Center, Gonzalo progresse vers le nord-nord-ouest à environ sept nœuds. Ses vents soutenus atteignent alors 40 nœuds, mais le système pourrait encore se renforcer avec des vents de 45 nœuds et des rafales pouvant grimper jusqu’à 55 nœuds au cours de la journée et dans la nuit.

Trois skippers particulièrement exposés

Tous les concurrents ne devraient cependant pas être touchés de la même manière. Leur position par rapport au centre de Gonzalo et leur progression dans les prochaines heures seront déterminantes. La direction de course surveille tout particulièrement trois navigateurs : le Français Louis Kerdelhué, 21 ans, à bord du Biscay 36 IE Charge, ainsi que les Américains Gunnar Christensen, sur Pompoen, et Matt Woodside, sur Tipi Haere.

En poursuivant leur route vers le sud-ouest, ils pourraient se retrouver confrontés non seulement aux vents les plus forts, mais également à une évolution particulièrement délicate de leur direction. Les vents de sud pourraient rapidement basculer à l’est, puis au nord en quelques heures seulement.

De quoi générer une mer particulièrement désordonnée, avec des vagues provenant de directions différentes. Une configuration éprouvante pour des marins seuls à bord, qui doivent à la fois régler leur voilure, gérer leur pilote ou système de régulation et composer avec la fatigue.

Quelques dizaines de milles peuvent tout changer

Plus à l’ouest, le Britannique Henry Wootton, à bord de Privateer, et la Norvégienne Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth, sur Showgirl, pourraient en revanche échapper au cœur du phénomène. Leur progression vers l’ouest au cours des dernières 24 heures pourrait leur permettre de conserver une distance suffisante avec la zone la plus active.

D’autres concurrents tentent eux aussi de négocier leur passage dans la région. L’Italien Guido Cantini, sur Hannah of Cowes, approche ainsi des îles du Cap-Vert, tandis que l’Israélien Daniel Pinsky, à bord d’Exodus, se trouvait près de Santo Antão dans la nuit. Sa progression vers le nord-ouest de l’île pourrait lui permettre de poursuivre sa route vers le Pot-au-Noir tout en évitant les vents les plus violents.

Le Canadien Isa Rosli, sur Olleanna, a quant à lui adopté une route plus au sud au cours des dernières heures. Il devrait rencontrer de forts vents d’ouest puis de nord-ouest, mais sa trajectoire pourrait également l'aider à rester à distance du centre de Gonzalo.

Arrivant plus tard depuis le nord, le Suédois Pär Nyman, à bord de Lazy Otter, devrait lui aussi éviter le plus fort du système. Des scénarios qui restent toutefois dépendants de l'évolution de la trajectoire de la tempête et de la vitesse de progression de chaque bateau.

Des images inédites depuis le cœur de la course

Cette dégradation des conditions a déjà offert des images spectaculaires grâce au dispositif GGR Window Live, qui permet de suivre certaines séquences en direct depuis les bateaux. Jeudi 24 septembre, alors que la nuit approchait, le Suisse Etienne Messikommer a ainsi été filmé à bord de son Tradewind 35 Bernard en train de réduire sa voilure. Face au renforcement du vent et à une mer atteignant déjà environ trois mètres, le navigateur a établi une trinquette réduite pour préparer son bateau à la dégradation.

Une scène brute, diffusée en temps réel, loin des images montées après coup. Le système, développé avec l'entreprise suédoise TriPeak et reposant sur Starlink, permet au public d'observer la vie à bord sans fournir d'informations extérieures aux navigateurs : les skippers restent donc seuls face à leurs décisions.

Un dispositif qui rencontre déjà son public. Selon les organisateurs, l'impact de la Golden Globe Race sur les réseaux sociaux aurait progressé de 400 à 500 % par rapport à l'édition 2022.

Deux skippers toujours immobilisés à terre

Pendant qu'une partie de la flotte affronte Gonzalo, deux concurrents restent pour l'instant immobilisés. À Marina Rubicón, à Lanzarote, l'Américain Guy deBoer attend toujours les conclusions d'une expertise concernant son Tashiba 36 Spirit. Des réparations structurelles doivent être réalisées au niveau de la coque et des cadènes. Elles devront ensuite être validées avant qu'il puisse recevoir une nouvelle autorisation et reprendre la course dans la catégorie Chichester.

Le Turc Selim Yalcin, à bord de Help Disabled Children, se trouve de son côté toujours à Cadix afin de résoudre ses problèmes de radio. Au moment du dernier point de la direction de course, aucune date de retour en mer n'était encore confirmée.

La course dévoile aussi sa nouvelle plateforme de statistiques

En parallèle de cette séquence météo mouvementée, la Golden Globe Race s'apprête à lancer un nouvel outil destiné au public. Baptisée GGR Stats, la plateforme doit ouvrir samedi 26 septembre et rassembler les données des éditions 2018, 2022 et 2026.

Vitesses moyennes, distances parcourues, meilleures performances sur 24 heures, passages aux principales marques du parcours ou encore comparaison entre skippers et bateaux : l'objectif est de permettre aux passionnés d'aller bien au-delà des simples positions affichées sur le tracker.

Mais avant de se plonger dans les chiffres, l'attention reste tournée vers l'Atlantique tropical. Pour plusieurs solitaires de la Golden Globe Race, les prochaines heures devraient constituer l'un des premiers gros tests météorologiques de cette édition.

 

Suivez les skippers grâce à la cartographie en direct ! Et pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.