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Caudrelier majestueux vainqueur et Gabart heureux second : on vous raconte

Route du Rhum
Mercredi 16 novembre 2022 à 14h15

Il est très tôt (ou très tard) quand l'équipe Figaro Nautisme se rend à Pointe-à-Pitre pour assister à l'arrivée de Charles Caudrelier. Avec un peu d'avance, on est jamais trop prudent... Nous voilà donc sur place à 1h30 du matin, et c'est au petit jour que le Maxi Edmond de Rothschild fera son arrivée triomphante. Récit de ces dernières heures.

A quai, Gitana et SVR-Lazartigue côte à côte en ce matin du 16 novembre à Pointe-à-Pitre ©Figaro Nautisme
Il est très tôt (ou très tard) quand l'équipe Figaro Nautisme se rend à Pointe-à-Pitre pour assister à l'arrivée de Charles Caudrelier. Avec un peu d'avance, on est jamais trop prudent... Nous voilà donc sur place à 1h30 du matin, et c'est au petit jour que le Maxi Edmond de Rothschild fera son arrivée triomphante. Récit de ces dernières heures.

La nuit est déjà bien avancée lorsque nous arrivons au Village de la course à Pointe-à-Pitre, les yeux rivés sur la cartographie, actualisée toutes les cinq minutes depuis le passage de la Tête à l'Anglais au nord de Basse-Terre. L'attente est longue mais vaut la peine ! Au petit matin, Charles Caudrelier franchit la ligne d'arrivée, remportant ainsi la 12e édition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, lui qui n'avait jamais participé à cette course et qui réalise un rêve de gosse ! Et comme si cela ne suffisait pas, il pulvérise le record détenu par Francis Joyon depuis la précédente édition, avec une traversée de l'Atlantique en 6 jours, 19 heures, 47 minutes et 25 secondes.

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© Figaro Nautisme

Il y a du monde sur le ponton lorsque le géant arrive, avec les premières lueurs du jour, sous un tonnerre d'applaudissements : le public est venu nombreux pour accueillir le skipper. Un salut, un sourire ému et fier, c'est parti pour les premières interviews avant même de poser le pied à terre. Charles Caudrelier se prête au jeu avec plaisir, il est fier de sa victoire et on le comprend !

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Puis vient le moment de faire péter le champagne : tout le monde est heureux et toute l'équipe grimpe à bord de l'Ultim 32/23 pour la traditionnelle photo de groupe. Direction ensuite la grande scène, sous une vague de félicitations où Charles Caudrelier se verra remettre le trophée de la victoire !

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François Gabart, heureux second

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François Gabart (SVR - Lazartigue) franchira la ligne d'arrivée 3h16 après Caudrelier. La frustration d'une deuxième place est moindre, comparée à la précédente édition et les fameuses 7 minutes d'écart. François est, comme à son habitude, souriant et son bonheur est communicatif. Lui aussi répond aux premières questions des journalistes, moins nombreux que pour Caudrelier mais tout de même !

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Même s'il ne remporte pas cette édition, il bat lui aussi le record de Francis Joyon avec un temps de course de 6 jours, 23 heures, 3 minutes et 15 secondes. De vraies fusées....

Bilan à chaud, fierté et respect mutuel

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Après le bain de foule, les saluts et les photos, il est temps pour les skippers de répondre aux questions de la presse. Et s'il y a bien un sujet sur lequel Charles et François sont d'accord et enthousiastes, c'est leur bord à bord aux Açores "C’était le long bord de descente, il y avait encore beaucoup de mer, le vent est monté fort on allait à 45 nœuds. Je ne pensais pas que François allait pousser autant son bateau mais il a suivi. Je me suis fait un peu peur, car c’est un moment où je me suis dit il faut dormir, mon pilote a décroché, le bateau a empanné, je l’ai entendu et j’ai réussi à me jeter sur la barre et à récupérer le truc. La course aurait clairement pu s’arrêter là. Je pense qu’on a dépassé les limites du raisonnable, on était vraiment à fond ! Je me suis senti menacé, il navigue très bien c’est très propre. C’était beau de le voir naviguer à côté de moi. La victoire est encore plus belle !" nous raconte Charles Caudrelier. "Tous les deux on est allé chercher les limites du bateau, de l’homme. Il y avait de l’émulation peut-être d’être à deux, de vouloir être à fond." décrit avec le sourire François Gabart et d'ajouter "si je devais choisir le moment dont je me souviens le plus, c'est celui-là".

Si François Gabart est devenu un habitué du podium de la Route du Rhum, c'était la première fois pour Charles Caudrelier, c'est ce qui rend la victoire encore plus belle "C’est une victoire dingue. J’ai vécu de très bons moments dans ma carrière mais c’était la course que je voulais faire et que je voulais gagner. C’est la course qui m’a donné envie. Et pour un marin de 25 ans de carrière comme moi, c’était frustrant de n’avoir jamais participé." Du côté de François Gabart, une petite frustration d'être une nouvelle fois deuxième mais surtout une fierté du travail accompli, des performances de son géant des mers. "On peut toujours mieux faire. Il y a forcément une petite part de déception car on a joué la gagne, mais par rapport à l'édition précédente, cette seconde place est prometteuse, elle concrétise les progrès que l'on a pu faire. On n’a pas finalisé la fiabilisation du bateau, il y a encore beaucoup de choses à apprendre et à améliorer et c’est prometteur pour la suite, cela donne envie de continuer sur cette courbe et d’essayer de toujours faire mieux."

Puis lorsque l'on aborde la polémique autour de François Gabart et de son Ultim 32/23, la réponse est claire du côté de Charles Caudrelier : "Il y a un fantasme sur « on se serre la main, on se parle » : on est juste pas d’accord sur un point de règlement. Après c’est normal qu’il défende son point de vue, nous aussi, quand tu te sens lésé par une décision. Ce qui n’empêche pas que j’ai toujours respecté le marin. De le voir naviguer je l’ai trouvé impressionnant en solitaire, j’ai trouvé cela gracieux et le combat qu’on a mené, il y a forcément du respect. Nous ne sommes juste pas d’accord. Ça a été très loin, j’ai été insulté sur les réseaux et ça fait mal ça laisse des traces. Je pense que c’est quelqu’un d’intelligent et on a échangé là-dessus." Et à François, heureux d'avoir pu courir cette Route du Rhum ? "C’était quand même bien qu’on soit là non ? (rires). On est ravi d’avoir été là. Je suis content pour le bateau et l’équipe d'avoir pu faire cette Route du Rhum et je suis presque à dire que je suis content pour la course. C’est peut-être très prétentieux de ma part mais je considère que j’ai animé cette course d’une façon ou d’une autre, j’y ai pris beaucoup de plaisir et je crois contribuer à cette course et j’ai envie de rester dans cette dynamique. Pour le futur, je ne sais pas ce qu’il va se passer après… mais ce n’est pas grave ! On a un nouveau bateau, une belle équipe, un super sponsor et il y a tellement de belles choses à faire… alors évidemment je préfèrerais que tout cela n’existe pas mais je retombe dans mon optimisme exacerbé. Il y a des courses fabuleuses qui vont se passer dans les années qui viennent, des records."

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Il va désormais être l'heure pour les deux marins de prendre du repos et de se remettre de leurs émotions. Car malgré l'adrénaline, ces six de course ont été particulièrement intenses : "Je n’avais pas envie de dormir je voulais tout le temps faire avancer le bateau plus vite, car j’avais toujours François à côté de moi et c’était la guerre pour aller plus vite. C’était une course de vitesse permanente. Cela se jouait sur rien. Au début c’était épuisant et au bout de 5-6h j’étais inquiet, j’avais des crampes dans les bras et je me suis dit je ne vais pas pouvoir tenir et puis c’est passé, en fait le corps s’habitue à tout. J’ai trouvé un rythme, je ne me suis jamais senti épuisé durant la course" raconte Charles Caudrelier. Du côté de Gabart "Les 24-48 dernières heures j’ai essayé de bien récupérer. Mais avant le fameux bord des Açores on n’avait pas dormi avant, on était fracassé. J’ai eu des petites hallucinations mais maîtrisées car j’ai un peu d’expérience et je vois la limite. Par contre je savais qu’à l’arrivée dans les alizés il y avait moyen de faire des siestes. Mais je savais que pour X raisons, si on arrivait côte à côte comme il y a quatre ans, il fallait être en forme. Et là je voulais être prêt à faire face à n’importe quelle situation durant le tour de la Guadeloupe."

Une Route du Rhum endeuillée...

Ce mercredi 16 novembre, en baie de Pointe-à-Pitre, durant l’arrivée du vainqueur de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, un bateau à moteur a chaviré avec à son bord onze personnes. Les conditions de l’accident sont encore indéterminées, mais il a occasionné le décès tragique de deux passagers, deux membres de la société OC Sport Pen Duick qui organise la course transatlantique à la voile. « Toutes nos pensées vont aux familles de nos deux collaborateurs et à l’ensemble de nos équipes profondément meurtries », a déclaré Hervé Favre, Président d’OC Sport Pen Duick. L'équipe de Figaro apporte tout son soutien aux équipes d'OC Sport ainsi que ses sincères condoléances aux familles des victimes.

Figaro Nautisme
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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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