Hantavirus à bord du MV Hondius : le navire de croisière toujours sans port d’accueil
Une croisière d’expédition devenue crise sanitaire
À la fin mars, 149 personnes embarquent à Ushuaïa, à l’extrême sud de l’Argentine, à bord du MV Hondius. Ce navire de croisière polaire, exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, devait rejoindre le Cap-Vert après une longue traversée par l’Antarctique, les îles isolées de l’Atlantique Sud et Sainte-Hélène. À bord se trouvaient 88 passagers et 61 membres d’équipage de 23 nationalités, dont 5 Français. Depuis dimanche, le navire reste au large de Praia, capitale du Cap-Vert, sans autorisation d’accoster. La croisière d’expédition a basculé dans une attente sanitaire très encadrée : les passagers sont confinés dans leurs cabines, des équipes médicales sont montées à bord, et plusieurs pays travaillent avec l’OMS pour organiser les soins, les examens et d’éventuels rapatriements. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le bilan fait état de 2 cas confirmés d’hantavirus, de 5 cas suspectés et de 3 décès parmi les passagers.
Trois décès pendant la traversée
Le premier décès connu remonte au 11 avril. Il concerne un passager néerlandais de 70 ans, mort à bord après avoir présenté de la fièvre, des maux de tête et une légère diarrhée. Son corps est resté sur le navire jusqu’à Sainte-Hélène, où il a été débarqué le 24 avril.
Son épouse, âgée de 69 ans, a elle aussi quitté le navire à Sainte-Hélène avant d’être transférée vers Johannesburg, en Afrique du Sud, après l’apparition de symptômes gastro-intestinaux. Elle est décédée le 26 avril. L’OMS a depuis confirmé qu’elle était positive à l’hantavirus.
Un troisième passager, de nationalité allemande, est mort le 2 mai à bord du MV Hondius. Pour lui, comme pour le premier passager néerlandais, la cause exacte du décès n’a pas encore été établie.
Un autre cas a ensuite renforcé les inquiétudes. Le 27 avril, un passager britannique a été évacué depuis l’île de l’Ascension vers Johannesburg, après confirmation d’une infection par un hantavirus. Il est hospitalisé en soins intensifs, dans un état décrit comme critique mais stable. D’après les dernières informations de l’OMS, 3 personnes présentes sur le navire présentent actuellement une forte fièvre ou des symptômes gastro-intestinaux. Parmi les cas suspects figurent au moins 2 membres d’équipage, un Britannique et un Néerlandais, atteints de symptômes respiratoires aigus. Oceanwide Expeditions travaille à une possible évacuation médicale vers les Pays-Bas pour les personnes nécessitant une prise en charge urgente. En parallèle, les autorités cap-verdiennes ont envoyé des équipes médicales à bord, avec des équipements de protection, pour examiner les malades et évaluer les risques. Le Cap-Vert assure que la situation est suivie de près et qu’il n’existe pas, à ce stade, de risque identifié pour la population à terre.
L’Espagne attend avant de décider
Une escale aux Canaries, à Las Palmas ou Tenerife, a été évoquée pour permettre une enquête épidémiologique complète, organiser les soins et préparer les rapatriements. Mais l’Espagne a depuis précisé qu’aucune décision définitive n’avait été prise. Le ministère espagnol de la Santé attend les données recueillies à bord lors du passage du navire près du Cap-Vert. Ces informations doivent permettre de savoir combien de personnes sont malades, quels contacts sont considérés à risque et quelle escale serait la plus adaptée. L’OMS coordonne les échanges entre les autorités du Cap-Vert, des Pays-Bas, d’Afrique du Sud, d’Espagne, du Royaume-Uni et Oceanwide Expeditions. L’objectif est double : prendre en charge les personnes malades et limiter toute propagation supplémentaire.
Une attente difficile pour les passagers
À bord, l’incertitude domine désormais la fin du voyage. Les déplacements sont limités, les cabines servent de lieux d’isolement et les informations évoluent au rythme des décisions sanitaires. La priorité reste de soigner les personnes malades, d’organiser les évacuations nécessaires et de comprendre l’origine exacte du foyer. La situation reste sérieuse, notamment en raison des 3 décès déjà survenus, mais les autorités tiennent à écarter toute panique. Le MV Hondius fait face à une crise sanitaire rare, suivie par plusieurs pays et par l’OMS. À ce stade, elle ne justifie pas d’inquiétude générale pour le public.