Cet immense lac artificiel devient le refuge idéal pour des vacances loin du littoral
Inutile de rejoindre l’Atlantique ou la Méditerranée pour passer ses vacances au bord de l’eau. Entre la Marne et la Haute-Marne, le lac du Der déploie un paysage étonnant, fait de plages de sable, de ports animés, de forêts et de vastes horizons. Lorsque les voiles apparaissent au loin et que les familles s’installent sur les rives, difficile d’imaginer que ce décor n’existait pas encore il y a un peu plus de cinquante ans.
Mis en service en 1974, le lac du Der-Chantecoq est un immense réservoir artificiel. Sa mission première n’a rien de touristique : il permet de diminuer les risques d’inondation en aval et de soutenir le débit de la Marne pendant les périodes les plus sèches. En hiver et au printemps, il stocke une partie des eaux de la Marne et de la Blaise. En été et en automne, cette réserve est progressivement restituée aux rivières. Mais au fil des décennies, la nature a repris ses droits et les visiteurs ont investi les rives. Le lac technique est devenu un vaste espace de loisirs, fréquenté aussi bien par les plaisanciers que par les cyclistes, les baigneurs et les passionnés d’oiseaux.
En pleine saison, le lac du Der prend des airs de station balnéaire. Six plages gratuites sont réparties autour de ses rives et surveillées en juillet et en août. Chacune possède sa propre ambiance. La plage de Giffaumont-Champaubert, la plus grande et la plus animée, se trouve au cœur de la station nautique, à proximité des restaurants, des commerces et de nombreuses activités. Celle de Nuisement séduit davantage les familles, tandis que la Cornée du Der offre un cadre plus sauvage, en lisière de forêt. D’autres espaces permettent de rechercher le calme ou de poser sa serviette loin des secteurs les plus fréquentés.
L’eau devient alors le terrain de jeu principal. Paddle, canoë, kayak, pédalo, voile, planche à voile, ski nautique, bouée tractée ou encore surf électrique : l’offre s’est largement diversifiée. Il est possible de privilégier la balade tranquille comme de rechercher des sensations plus sportives.
Le lac dispose bien de trois ports de plaisance : le port de Giffaumont-Champaubert, celui de Nuisement, à Sainte-Marie-du-Lac-Nuisement, et celui de Nemours, à Sainte-Livière. Le port de Giffaumont constitue le principal pôle nautique et touristique du site. Installé au cœur de la station, il rassemble plusieurs centaines d’emplacements et concentre une grande partie des animations, des locations et des services. Les ports de Nuisement et de Nemours offrent une atmosphère plus paisible, appréciée des plaisanciers recherchant un accès plus discret au plan d’eau.
La voile occupe naturellement une place importante. Des structures nautiques permettent de s’initier, de se perfectionner ou de participer à des stages pendant les vacances. Sur cette vaste étendue d’eau ouverte aux vents, les conditions sont suffisamment variées pour attirer aussi bien les familles que les pratiquants réguliers.
Le lac du Der se découvre tout aussi bien depuis la terre ferme. Son itinéraire cyclable emblématique forme une boucle de 36 kilomètres autour du plan d’eau. Le parcours est accessible, largement sécurisé et suffisamment plat pour convenir à une sortie familiale. Les plus sportifs peuvent enchaîner les kilomètres en une demi-journée. Les autres préféreront prendre leur temps, s’arrêter sur une plage, observer les oiseaux ou déjeuner face au lac. La boucle traverse des paysages très différents, entre digues, sous-bois, prairies et rives dégagées.
D’autres itinéraires prolongent la découverte dans la campagne environnante. À pied, plusieurs promenades permettent également de rejoindre les villages, les observatoires ornithologiques ou les espaces les plus préservés du site.
La réussite touristique du lac du Der tient aussi à sa richesse naturelle. Une partie de ses rives appartient à un espace protégé où se côtoient de nombreuses espèces d’oiseaux. Hérons, aigrettes, oies, canards et rapaces fréquentent régulièrement les zones humides et les étendues découvertes par la baisse saisonnière du niveau de l’eau. La grande vedette reste la grue cendrée. Chaque année, lors des migrations, des dizaines de milliers d’individus font halte autour du lac. À l’aube ou au coucher du soleil, leurs envols collectifs composent l’un des spectacles naturels les plus impressionnants de la région.
Si l’automne est la saison reine pour assister à ces rassemblements, l’été permet déjà de découvrir les observatoires et de profiter d’une nature particulièrement vivante. Jumelles en main, les visiteurs peuvent ainsi alterner activités nautiques et sorties ornithologiques au cours d’une même journée.
Le lac du Der réussit finalement un mélange assez rare. La station nautique de Giffaumont concentre les activités et l’animation estivale, tandis que d’autres secteurs conservent un caractère beaucoup plus sauvage. En quelques kilomètres, on passe d’une plage familiale à une forêt silencieuse, d’un port de plaisance à un observatoire tourné vers les oiseaux. Cette diversité en fait une destination adaptée aux séjours en famille, aux week-ends sportifs comme aux escapades plus tranquilles. On peut y naviguer le matin, déjeuner face à l’eau, effectuer une partie du tour du lac à vélo puis terminer la journée sur une plage.
Né pour maîtriser les eaux de la Marne, le lac du Der est ainsi devenu bien davantage qu’un ouvrage hydraulique. C’est aujourd’hui une véritable mer intérieure, capable d’offrir tous les plaisirs des vacances au bord de l’eau, sans la cohue des grandes stations du littoral.
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Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - Brengre



