Népal : une crue dévastatrice frappe l’Himalaya, des centaines de personnes portées disparues
Le bilan reste encore très incertain, mais l’ampleur de la catastrophe se dessine peu à peu dans le district de Rasuwa, au cœur de l’Himalaya. Mercredi, une masse d’eau, de boue et de débris a brutalement dévalé les vallées, emportant sur son passage des routes et plusieurs infrastructures. 384 touristes et voyageurs étaient toujours sans contact mercredi, d’après l’office du tourisme du Népal. Parmi eux figureraient 291 étrangers et 93 Népalais, certains se trouvant sur des itinéraires touristiques ou de pèlerinage en direction du Tibet. Le bilan humain, toujours provisoire, fait état de plusieurs morts.
A horrific scene of severe flooding at the Rasuwagadhi border point on the Nepal-Tibet border.
— Ravi Pandey (@ravipandey2643) August 26, 2026
The strong currents wreaked havoc across the area, leaving 400 pilgrims and 105 Indian tourists also missing in the Nepal floods.#NepalFloods #Nepal #Rasuwa #FlashFlood #Floods pic.twitter.com/dwAX12Gj7l
Si le Népal traverse actuellement sa saison de mousson, les fortes pluies ne suffiraient pas à expliquer la violence du phénomène. Les premières informations disponibles orientent plutôt vers un enchaînement particulièrement brutal en haute montagne.
Une avalanche mêlant glace et rochers aurait provoqué le blocage d’un affluent de la Bhote Koshi, créant une retenue naturelle. Sa rupture aurait ensuite libéré soudainement une importante quantité d’eau vers l’aval. Cette hypothèse reste encore à confirmer, mais elle conduit les spécialistes à évoquer davantage une crue torrentielle d’origine glaciaire ou la rupture d’un barrage naturel qu’une inondation classique provoquée uniquement par les précipitations. « Une importante masse de glace et de roches s’est détachée d’un glacier vers 5 200 mètres d’altitude. L’avalanche a plongé d’environ 1 200 mètres dans la vallée, bloquant temporairement la rivière Lhende avant la rupture brutale de ce barrage naturel », explique Régis Crépet, météorologue à La Chaîne Météo.
Dans les vallées étroites de l’Himalaya, ce type de phénomène peut devenir extrêmement violent en quelques instants. Les fortes pentes accélèrent les écoulements, tandis que l’eau entraîne avec elle boue, blocs rocheux, glace et débris. Les villages et infrastructures construits au fond des vallées se retrouvent alors directement exposés.
‼ — Au moins 80 ressortissants français se trouvent actuellement au Népal, frappé par de violentes inondations meurtrières.
— Bastion (@BastionMediaFR) August 26, 2026
Selon BFMTV, 80 Français ont signalé leur présence dans le pays via le Fil d’Ariane. D’autres ressortissants français non… pic.twitter.com/9xeFu8zL0T
Les secteurs de Syapru Besi et Timure figurent parmi les plus durement touchés. Plusieurs axes de circulation ont été coupés et des ponts détruits, compliquant considérablement l’arrivée des secours. Les dépôts de boue et l’état du terrain rendent également certains secteurs difficiles à atteindre, y compris par hélicoptère.
Dans cette région fréquentée par les voyageurs et les pèlerins se rendant vers le Tibet, les autorités doivent désormais retrouver les personnes toujours sans contact tout en rétablissant l’accès aux villages isolés.
NEPAL | ÇİN |
— Said Ercan (@saidercan) August 26, 2026
BİNLERCE İNSAN CANLI CANLI TOPRAĞA GÖMÜLDÜ, KÖYLER HARİTADAN SİLİNDİ.
Herkes yağmur yağmadan bu Selin nasıl olduğunu konuşuyor?
Saniyeler içinde kütle sel her şeyi alıp götürdü, köyler yok oldu, insanlık tarihinin gördüğü en büyük felaketlerden biri… pic.twitter.com/WOsC6asvwB
Au-delà de l’événement lui-même, la catastrophe rappelle la grande vulnérabilité des régions himalayennes. Il reste prématuré d’établir un lien direct entre cette crue et le changement climatique. Mais le recul des glaciers, la dégradation du pergélisol et l’évolution des lacs glaciaires modifient progressivement les risques en haute montagne. Toujours selon La Chaîne Météo, s’il est encore trop tôt pour attribuer directement cette catastrophe au changement climatique, « le contexte climatique de l’Himalaya constitue néanmoins un facteur de risque documenté ».
Ces transformations peuvent favoriser des événements en cascade : avalanches, chutes de roches, formation puis rupture de retenues naturelles ou encore crues glaciaires soudaines. Dans des vallées aussi encaissées et habitées que celles du Népal, quelques minutes peuvent alors suffire pour transformer un torrent en flot dévastateur.
Pour comprendre le mécanisme de cette crue éclair et suivre l’évolution de la situation au Népal, retrouvez l’analyse complète de La Chaîne Météo.