Maison flottante et itinérante sur la Côte d’Emeraude et bientôt au-delà
Le bateau-maison est un prototype imaginé par le Malouin Nicolas Bessec et construit par l’association Les Merriens sur le quai du port des Bas-Sablons. Ce n’est pas un engin flottant de plus. C’est un modèle de bateau et d’habitation que Nicolas Bessec veut promouvoir pour anticiper la montée des eaux et - pas accessoirement car c’est plus que jamais d’actualité- se mettre à l’abri des feux de landes et de forêts.
La plateforme du Baradoz repose sur deux coques de catamaran qui donnent de la stabilité au bateau. Un moteur hors-bord de 30 chevaux permet de propulser ce navire de plaisance qui a été homologué comme tel, conformément à la Division 240, pour une navigation à moins de deux milles d’un abri côtier. C’est bien un bateau habilité à se déplacer librement sur l’eau et pas seulement un établissement flottant fixe. Néanmoins, il est clair que le Baradoz n’est pas destiné à la navigation ou alors occasionnelle. Il peut se déplacer sur de courtes distances et sur une mer calme. L’objectif est que les occupants se sentent en harmonie avec la nature, profitent du paysage qui sur l’eau change tout le temps et découvrent une autre manière d’habiter le littoral.
Il a fallu quatre ans aux 250 bénévoles qui sont passés sur le chantier pour mener à bien la construction du Baradoz qui a fait ses premiers essais au printemps. La partie habitation, d’une surface totale de 25 m2, a été construite chaque fois que c’était possible, avec des matériaux de récupération et des bois imputrescibles, toujours dans le souci de préserver l’environnement. Pour lui porter la moindre atteinte, tout a été pensé pour vivre le plus longtemps possible en autonomie : récupérateur d’eau de pluie, toilettes sèches, panneaux solaires pour l’électricité.
Depuis le début de l’été, l’association Les Villages flottants propose sur le Baradoz des animations sur le mode de vie « merrien », et aussi des ateliers de réflexion : discussions et partage d’expériences avec des marins ; cours de cuisine low-tech avec un four solaire ; cercle de parole sur les canicules successives... A Plouer où il fait une longue escale devant la cale, le Baradoz accueille les participants au festival pour des concerts, des ateliers de création, des pratiques artistiques, des moments citoyens et des discussions comme on les aime tant sur les bateaux où on apprend plus vite que sur terre qu’il n’est pas simple de refaire le monde…
Il existe aux Etats-Unis, au Canada, au Danemark des villages, voire des villes où des communautés ont choisi de vivre sur l’eau. Il y a aussi des pays où ce n’est pas un choix : au Bangladesh, en Thaïlande, en Inde où de génération en génération les habitants ont subi plutôt que choisi ce mode de vie. Mais ce ne sont pas des maisons mobiles. Ce sont des maisons sur l’eau. Quant aux bateaux qui proposent une surface habitable de 40 m2, ils ne sont accessibles qu’aux grandes fortunes…
Le projet de Nicolas Bessec et de l’association qu’il anime peut-il prospérer ? Il anticipe en tout cas les conséquences non seulement prévisibles mais prévues du réchauffement climatique. Maintenant, il faut savoir que Baradoz aurait coûté entre 160000 et 200000 euros s’il avait fallu rémunérer la main-d’œuvre bénévole et que les seuls matériaux ont coûté 60000 euros. Alors, le Baradoz est-il un prototype, voire le premier d’une série ? Une maison sur l’eau ne coûtera jamais moins que le prix d’un bateau ajouté à celui d’une maison. De surcroit, si dans ce type d’habitat l’entretien du jardin n’est pas un sujet, l’entretien de ce qui pousse sur la coque en est un… Les antifoulings sont de moins en moins efficaces à mesure des restrictions imposées sur certains biocides pour ménager. Il existe certes des films de protection, mais ils sont chers et c’est une autre histoire…
Et avant de vous y rendre, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.
