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Trois bateaux neufs sur quatre sont des bateaux à moteurs, mais quasiment aucun n'embarque une motorisation électrique ou hybride: c'est le constat de la filière nautique au Grand Pavois de La Rochelle, même si elle prédit un fort potentiel au secteur de la "plaisance propre". "Le marché est très peu mature", a expliqué Jean-François Herry, le représentant de l'Association française pour le bateau électrique (AFBE) au Grand Pavois, placé cette année sous le signe de l'innovation environnementale.
Chaque année "il se vend une centaine d'unités (électrique ou hybride) en petite plaisance, une dizaine pour le transport de passagers et quelques dizaines de voiliers se convertissent à l'électrique", selon le président de l'AFBE Xavier de Montgros. Ce qui correspond à moins de 1% de l'activité des chantiers navals, qui ont vendu 13.141 bateaux en 2016-17.
Les moteurs électriques pâtissent de leur prix, 30% à 50% plus cher qu'un moteur à explosion, de "l'image d'une technologie encore balbutiante" et de doutes sur l'autonomie. Pourtant, les derniers modèles présentés au Grand Pavois, qui se tient jusqu'à aujourd'hui, embarquent des batteries capables de tenir "6H30 à une vitesse moyenne de 15 noeuds (28 km/h) alors qu'en moyenne les plaisanciers ne vont pas à plus de 10 noeuds", selon M. Henry.
Selon une étude d'IDTechEx, cabinet conseil spécialisé notamment dans les technologies émergentes, le marché du bateau électrique ou hybride ne représente aujourd'hui que 1 à 2 % du secteur maritime, mais devrait connaître une croissance exponentielle dans la décennie à venir.