Pour Joël de Rosnay, « le surf et les Jeux olympiques se marient bien »

Loisirs nautiques
Lundi 5 avril 2021 à 11h32

©Olivier MORIN AFP/Archives

Accro au surf, le scientifique Joël de Rosnay a popularisé la pratique en France. A l'esprit "relax" qui prévalait à son époque, a succédé aujourd'hui un surf plus agressif qui tient aussi son statut de sport à part entière avec l'entrée au programme olympique: "Le surf et les Jeux olympiques, ça se marie bien", explique-t-il à l'AFP.

Joël de Rosnay est né sur une île, à Maurice, il y a 83 ans. Installé à Biarritz depuis tout petit, il a une révélation en 1957 en regardant "Hawaii, île de rêve", d'un réalisateur basque, Jacques Chegaray.

"C'est ça qui m'a complètement conditionné, j'étais épaté de voir des gens de tous les âges surfant sur les vagues à Hawaii, ils avaient l'air tellement contents, il fallait absolument que je fasse ça", raconte à l'AFP le docteur en sciences.

Ado, il faisait des compétitions de ski. Il dit n'avoir eu aucun mal à se sentir à l'aise sur sa planche.

"Les gens nous regardaient complètement bizarrement", se souvient l'ancien directeur à l'Institut Pasteur, qui n'a pas oublié la planche qui a changé sa vie.

"J'avais eu la chance d'avoir la planche d'un Américain parti en Espagne faire un film. Cette planche m'a donné l'idée de la glisse, de s'adapter à la vague, être résilient, prévoyant, adaptable. Ce sont des règles de vie très importantes", souligne-t-il, tout en cherchant dans sa bibliothèque une maquette de cette planche rayée verte et rouge, dont l'original est au musée de Biarritz.

Joël de Rosnay, qui pratique toujours, a "cru depuis le début" au surf. "J'ai collectionné des articles, je pensais que ça allait avoir un succès fou, un sport naturel, de l'eau, la nature fournit le moteur, la planche et c'est tout. Maintenant on me reproche d'avoir fait trop de pub pour le surf !"

Dans les années soixante, ils n'étaient pas très nombreux à s'adonner au plaisir du surf. Il y avait son frère, Arnaud de Rosnay, windsurfeur renommé disparu en mer de Chine en 1984.

"On a créé le Surf club de France en 1964, à la plage de la Chambre d'Amour, nom prédestiné, avec une terrasse où on mettait des transats et on se faisait servir des déjeuner à 5 francs."

"C'est là où j'ai appris à surfer à Catherine Deneuve", rappelle-t-il.

"Maintenant, à la Côte des Basques, il y a dix cours de dix personnes, ça fait tout de suite cent personnes dans l'eau, on ne peut plus surfer", regrette l'homme de sciences, qui a dans son garage douze planches, une pour chaque condition de vague.

"A l'époque, on était tellement heureux d'avoir une belle vague. Aujourd'hui, les vagues sont tellement convoitées. Les gens viennent de partout, ils n'ont aucun respect pour les anciens, ils sont égoïstes. Nous, on était très correct, on respectait les règles de priorité: quand on démarre, on ne pique pas la vague."

Amateur dans l'âme, il se sent bien loin de l'esprit qui domine avec la professionnalisation du surf.

"C'est un peu une dérive, du surf en piscine avec des vagues artificielles, ça va devenir encore plus dingue, moi je suis loin de tout ça. On n'est plus dans la même histoire. Il y a un mot en anglais qui est formidable, 'laid back', ça symbolise tout, relax, cool, c'était le surf d'avant. Maintenant c'est un surf professionnel, plus agressif", regrette l'octogénaire.

En revanche, il est ravi de l'arrivée du surf dans la famille olympique. "Je trouve que le surf et les Jeux olympiques, ça se marie bien".

"C'est un sport parfait pour les Jeux olympiques. Très athlétique, en équilibre, la tête et le corps à la fois. Et le style, il y a beaucoup de style dans le surf et une régularité dans les figures, c'est un sport tout à fait olympique, tant mieux."

"Pour beaucoup, le surf est un sport de baba cool, de bobos de plage, de gens qui dorment sur les plages, c'est pas sérieux alors que c'est un vrai sport sérieux", lance Joël de Rosnay.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.