SailGP: les femmes priées de monter à bord

Courses
Lundi 11 octobre 2021 à 14h24

Nouveau venu dans le monde de la voile spectaculaire et "high tech", le circuit SailGP richement doté vient d'édicter une règle: la présence d'une navigante à bord de bateaux ultra-rapides. Une petite avancée dans ce milieu plutôt fermé aux femmes.

Un bolide des mers piloté par une femme. Ce n'est pas encore une réalité mais l'objectif d'ici deux à trois saisons du SailGP, championnat par étapes inspiré de la Coupe de l'America. Un pas est franchi ce week-end à Cadix (Espagne) lors de la sixième des huit étapes de la deuxième saison avec l'obligation d'avoir une femme à bord en course.

Le SailGP réunit huit équipes (Australie, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon, Nouvelle-Zélande) qui s'affrontent en match-racing (un contre un) lors de régates (manches près des côtes) à bord de bateaux ultra-rapides équipés de foils, les F50 hérités de la Coupe de l'America 2017.

Ces bijoux de technologie sont l'apanage des meilleurs skippers au monde comme le Néo-Zélandais Peter Burling, l'Americain Jimmy Spithill ou encore le Britannique Sir Ben Ainslie. Et pas une femme.

"C'est sûr et certain qu'il faut qu'on change ça. On ne pouvait pas les mettre dans l'équipe sans entraînements donc on a fait une sélection. Maintenant elles vont avoir une place derrière le barreur où elles vont faire la stratégie et participer aux manoeuvres aussi", explique à l'AFP Bruno Dubois, manager de l'équipe française, la première et la seule sur la saison 1 à avoir pris - sans obligation - une navigatrice, Marie Riou.

"Il n'y a jamais eu de commentaires, ça n'a pas été pris assez en exemple. Ce n'était peut-être pas un sujet au goût du jour à l'époque. C'est resté sous silence et je trouve ça dommage. C'est l'année d'après, quand on ne s'est retrouvés qu'avec des hommes à bord, qu'on (le SailGP) a pris la décision d'intégrer les filles", souligne Bruno Dubois.

Lancé en avril, ce circuit, largement financé pour les trois premières saisons par le milliardaire Larry Ellison avec un bonus d'un million de dollars pour l'équipe victorieuse, a d'abord permis aux femmes de côtoyer ce milieu très masculin.

"Dès qu'il y a un nouveau support, un nouveau championnat ou un nouveau type de bateau, c'est d'abord les hommes qui ont les opportunités de naviguer. C'est en partie dû à la confiance qu'on accorde aux qualités techniques des femmes sur des nouveaux engins, notamment volants. Vu qu'on fait moins confiance aux femmes, elles ont moins d'opportunités de s'expérimenter, et du coup, quand il faut sélectionner les meilleurs, forcément, les femmes ne sont pas aussi bonnes techniquement ou en navigation sur ces supports-là. Alors qu'elles peuvent faire tout aussi bien, j'en suis persuadée", plaide à l'AFP Hélène Noesmoen.

Cette spécialiste de planche à voile à foil a rejoint l'équipe française en début d'année avec Amélie Riou, la première à naviguer à Cadix. Bruno Dubois a ciblé sept femmes pour cette saison, toutes issues de l'olympisme.

Camille Lecointre et Aloïse Retornaz, médaillées de bronze aux JO de Tokyo (470), ont été sollicitées à l'automne 2020. Elles ont été conviées sur les entraînements en septembre dernier.

"Il y avait pour moi un espoir de faire bouger les choses. On invite des filles, même si ce qu'on nous propose est franchement ridicule, donc si on refuse ça, on n'avance jamais", dit à l'AFP Camille Lecointre, qui tacle le SailGP et non l'équipe de France qu'elle trouve "hyper moteur dans le fait de vouloir amener des filles".

"Alors oui, la fille de l'équipage va avoir un rôle à bord, mais franchement ça fait un an et demi qu'on en parle, c'est laborieux. Sur les trois postes accessibles aux femmes, ça n'est que toucher des boutons et piloter, ça sur le papier les femmes doivent être aussi fortes que les hommes !", lance la double médaillée olympique, qui préfère retourner à sa passion, la voile olympique où il y a de la visibilité selon elle.

A court terme, les filles auront leurs propres camps d'entraînement, de cet hiver au printemps prochain.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…