Samedi 3 janvier, alors que le soleil battait déjà haut dans le ciel du lagon ouest de Nouvelle-Calédonie, une sortie de plongée ordinaire a tourné au drame au grand coude de Kélé, un site de plongée apprécié entre Moindou et Bourail. Un homme de 35 ans, plongé en bouteille avec un petit groupe venu de Nouméa, a été attaqué par un requin à quelques dizaines de mètres à l’extérieur du récif.
L’alerte a été donnée sur le canal radio VHF par les plongeurs eux-mêmes. Le hasard a voulu que le bateau des gardes nature de la Province Sud, en mission de contrôle de pêche dans la zone, soit à proximité au moment où les secours étaient requis. Rapidement sur place, l’équipe, épaulée par une plongeuse infirmière présente dans le groupe, a constaté que la victime avait été morsurée à deux reprises au niveau des membres supérieurs : des blessures profondes des mains jusqu’aux poignets nécessitant des premiers soins immédiats. Dans une scène qui a dû se dérouler en quelques instants mais qui marquera les esprits, les gardes nature ont stabilisé le plongeur, posé des garrots et des bandes, avant de le ramener à bord de leur embarcation puis vers le débarcadère de la Roche Percée, point d’accès terrestre. Là, les pompiers de Bourail ont pris le relais et, compte tenu de la gravité des blessures, ont fait intervenir un hélicoptère du SAMU pour évacuer l’homme vers le Médipôle de Koutio pour des soins spécialisés. Selon les premiers secours, la victime était consciente lors de sa prise en charge.
Sur place, les autorités et la Province Sud ont salué la réactivité et le professionnalisme des gardes nature, estimant que leur présence fortuite et leur rapidité d’intervention ont très probablement "permis de sauver une vie en ce début d’année 2026".
Cet incident, bien que spectaculaire, s’inscrit dans un contexte local où les attaques de requins sont extrêmement rares à l’échelle mondiale, mais pas totalement inconnues à Bourail. Une autre plongeuse avait été grièvement mordue en décembre 2020, à plus de 30 mètres de profondeur, vraisemblablement par un requin-tigre, et avait survécu à ses blessures.
La nature de l’espèce impliquée dans ce nouvel incident n’est pas encore confirmée, mais certains témoins évoquent la possibilité d’un requin-bouledogue, espèce connue pour sa puissance et ses incursions parfois imprévisibles dans les lagons tropicaux.
Ce type d’attaque suscite une vague d’interrogations chez les passionnés de mer et les habitants de la côte Ouest, même si, statistiquement, la Nouvelle-Calédonie reste loin des zones les plus touchées par ce type d’accidents comparée à d’autres régions du Pacifique ou de l’océan Indien.
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