Marseille prépare une métamorphose ambitieuse de son front de mer avec l’émergence d’un grand centre culturel et scientifique dédié à la mer au cœur du futur pôle du Hangar J1, lieu emblématique en pleine réhabilitation.
Depuis plusieurs années, la cité phocéenne cherche à combler l’absence laissée par la fermeture du musée de la Marine en 2018, en imaginant un espace qui soit à la fois pédagogique, immersif et résolument tourné vers l’avenir. C’est dans cet esprit que se déploie aujourd’hui le projet Imertium, porté par des citoyens et des acteurs locaux passionnés par le patrimoine maritime.
Une utopie citoyenne implantée dans un lieu chargé d’histoire
Lancé en 2020 par l’association La Navale sous l’impulsion de Bruno Terrin, Imertium s’est donné pour ambition de remettre la Méditerranée au centre du récit marseillais. Après des années de réflexion et plusieurs propositions de sites — dont l’ancienne base sous-marine Martha — le projet a finalement trouvé son écrin au Hangar J1. Situé sur les quais de la Joliette, ce bâtiment industriel emblématique de 25 500 m², construit dans les années 1920, fait l’objet d’un vaste programme de réhabilitation urbaine et culturelle.
L’ancien terminal portuaire du J1 fait partie d’un plan plus large visant à ouvrir ce front de mer à tous, en recréant le lien entre ville et mer. Conçu par des architectes de renom et intégré à une reconversion qui mêlera espaces de travail, zones de loisirs et espaces publics, le J1 incarne désormais l’ambition de Marseille de devenir une capitale méditerranéenne vivante et connectée.
Le centre maritime du futur : science, culture et immersion
Le projet Imertium s’articule autour de deux grandes composantes. D’une part, un pôle de recherche scientifique disposera d’un auditorium de 200 places et d’environ 1 400 m² de salles dédiées aux professionnels. De l’autre, un centre culturel de 3 600 m² proposera des parcours immersifs, des espaces d’exposition et des ateliers destinés notamment aux enfants. L’objectif affiché est clair : que les visiteurs repartent « avec des connaissances », au-delà d’un simple spectacle ou d’une visite classique.
Une scénographie en huit étapes, imaginée par le studio turinois LLTT et le scénographe François Confino — connu notamment pour son travail au musée Chaplin’s World en Suisse — plongera le public dans les grandes épopées maritimes, les métiers du monde naval et les mystères des profondeurs.
Une vision scientifique adossée à un comité d’experts
Pour assurer une qualité scientifique irréprochable, le projet s’est entouré d’un comité composé de spécialistes tels que l’architecte océanographe Jacques Rougerie, des historiens, ainsi que des institutions comme les Musées de Marseille et le musée océanographique de Monaco. Cette gouvernance ouverte garantit une rigueur pédagogique et une trajectoire ambitieuse pour le centre. Malgré l’enthousiasme, plusieurs inconnues pèsent encore sur le calendrier exact de livraison du centre. La réhabilitation du J1, initialement prévue avant les Jeux olympiques de 2024, a pris du retard, et les travaux devraient débuter cet été pour viser une ouverture autour de 2027 selon les dernières estimations.
Par ailleurs, Imertium doit encore réunir environ 16 millions d’euros de financements, en complément de 5,5 millions déjà engagés par la société porteuse du projet. La Région Sud, la Métropole Aix-Marseille-Provence, l’Europe et des mécènes sont sollicités, tandis que le modèle économique intègre une dimension coopérative permettant aux citoyens de participer directement à l’aventure.
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