
Au bord de la Méditerranée, entre Nice et Saint-Jean-Cap-Ferrat, la tranquillité hivernale a été soudainement troublée par une découverte inattendue qui rappelle que les eaux azuréennes sont encore marquées par l’histoire. Ce mardi 3 février, quatre obus historiques d’artillerie de 81 millimètres ont été mis au jour sur le fond marin, jetant un voile de prudence sur une portion emblématique du littoral niçois.
Ces engins, probablement relictuels de conflits passés, gisent aujourd’hui silencieux entre les bancs de posidonies sous-marines : deux d’entre eux se trouvent étalés entre le cap de Nice et la pointe des Sans-Culottes, les deux autres reposent non loin entre la pointe de la Rascasse et la pointe Madame, au large de Saint-Jean-Cap-Ferrat.
Face à cette découverte, les autorités maritimes ont décidé de mettre temporairement en suspens toute activité nautique dans le secteur concerné. Dès mercredi matin à 7 heures et jusqu’à jeudi 19 heures, un arrêté préfectoral interdit la baignade, la plongée sous-marine, la navigation et tout loisir nautique, qu’il soit propulsé par l’énergie humaine, vélique ou à moteur. Les zones interdites s’étendent sur des bandes littorales de 500 à 700 mètres le long du rivage afin de garantir la sécurité des usagers et des équipes en mer.
Dès mercredi et pendant deux jours, les plongeurs démineurs de la Marine nationale interviendront pour neutraliser ces munitions potentiellement dangereuses. L’opération de contreminage, menée sous haute surveillance, s’effectuera dans une zone préalablement identifiée et autorisée, afin de limiter au maximum l’impact sur l’environnement marin. Dans ce cadre, des mesures d’effarouchement de la faune seront appliquées conformément aux prescriptions du sanctuaire Pelagos, vaste aire marine protégée qui abrite cétacés et autres espèces sensibles.
Si ces obus n’ont, à ce jour, fait aucun blessé, leur simple présence soulève à nouveau la question de ces vestiges métalliques laissés par les grandes conflicts du XXáµ siècle dans nos eaux méditerranéennes. En février déjà, une munition avait été neutralisée dans le centre-ville de Fréjus, preuve que le travail de sécurisation n’est jamais achevé.
Les autorités appellent les marins, pêcheurs et plaisanciers à la plus grande vigilance : toute découverte d’objet suspect doit être immédiatement signalée, sans manipulation, au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (CrossMed) en composant le 196. Ces gestes simples peuvent éviter de graves accidents.
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