À Marseille, la plage de l’Huveaune pourrait bien ne plus accueillir de baigneurs cette année. Après plusieurs saisons marquées par une qualité d’eau insuffisante, l’Agence régionale de santé (ARS) a demandé à la Ville de Marseille de fermer ce site à la baignade pour la saison 2026. Une décision qui relance les interrogations sur la pollution des eaux littorales et sur l’efficacité des mesures mises en place pour améliorer la situation.
Une plage sous surveillance depuis plusieurs années
Située à l’embouchure de l’Huveaune, dans le sud de Marseille, cette plage est bien connue des habitants et des surfeurs, qui la surnomment souvent « Épluchures beach ». Mais derrière ce surnom se cache une réalité environnementale plus préoccupante. Depuis plusieurs années, la qualité de l’eau y est jugée insuffisante par les autorités sanitaires. Après quatre années consécutives de résultats négatifs, l’ARS considère désormais que la situation ne s’est pas suffisamment améliorée pour garantir une baignade sans risque. Elle demande donc à la municipalité de fermer officiellement la plage à la baignade pour la saison à venir.
Ruissellement et débordement des égouts en cause
La situation de cette plage est directement liée à sa position géographique. À l’endroit où le fleuve côtier de l’Huveaune se jette dans la Méditerranée, les eaux peuvent transporter différents polluants. Lors d’épisodes pluvieux, le ruissellement urbain et les débordements du réseau d’assainissement entraînent régulièrement des rejets vers la mer. Ces apports dégradent la qualité sanitaire de l’eau, ce qui explique les analyses défavorables répétées enregistrées ces dernières années.
Cette situation n’est pas totalement isolée dans ce secteur du littoral marseillais. Les plages voisines présentent elles aussi des niveaux de qualité parfois limités. Certaines zones sont classées « orange », indiquant une qualité moyenne de l’eau, tandis que d’autres secteurs du Prado conservent une qualité jugée satisfaisante.
Des travaux engagés pour améliorer la situation
Face à ces problèmes récurrents, la métropole Aix Marseille Provence a engagé plusieurs actions pour tenter d’améliorer la qualité de l’eau. Parmi elles figure un programme de renaturation du fleuve Huveaune, lancé en 2025. L’objectif consiste à recréer des zones naturelles permettant au fleuve de s’étendre lors des crues, plutôt que de s’écouler dans un lit entièrement bétonné. Selon les responsables du projet, cette approche doit limiter la vitesse des eaux et réduire les phénomènes de pollution transportée vers la mer. Le coût de ces aménagements est estimé à environ 7 millions d’euros. Reste désormais à mesurer l’efficacité de ces travaux. Les prochaines analyses permettront de savoir si ces mesures suffisent à améliorer durablement la qualité de l’eau à l’embouchure du fleuve.
La fermeture éventuelle de la plage de l’Huveaune illustre plus largement les difficultés rencontrées par certaines grandes villes côtières pour concilier urbanisation et qualité des eaux de baignade. À Marseille, où le littoral joue un rôle central dans la vie quotidienne et l’attractivité touristique, la question de la pollution des eaux reste particulièrement sensible. Entre gestion des réseaux d’assainissement, ruissellement urbain et épisodes pluvieux intenses, les défis environnementaux demeurent importants.
Si la plage de l’Huveaune venait effectivement à rester fermée cette saison, la décision marquerait un signal fort : celui d’un site littoral confronté depuis plusieurs années à des problèmes structurels de pollution, et dont la réhabilitation dépend désormais des efforts engagés pour restaurer l’équilibre entre la ville, le fleuve et la mer.
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