
La gestion du maquereau en Atlantique Nord-Est pourrait connaître un tournant en 2026. Après plusieurs années de tensions autour de quotas jugés trop stricts par les professionnels, les discussions européennes s’orientent désormais vers une hausse des volumes autorisés, ou du moins vers une réduction moins brutale des captures.
Depuis 2023, la situation est particulièrement tendue. Les recommandations scientifiques préconisaient une baisse significative des prises pour préserver la ressource, entraînant des coupes drastiques dans les quotas. Une décision difficile à encaisser pour la filière, notamment en Bretagne, où le maquereau représente une activité essentielle pour de nombreux armements. Mais les dernières négociations laissent entrevoir un compromis. Plutôt qu’une nouvelle réduction sévère, les États concernés discutent d’un ajustement plus progressif, voire d’une légère augmentation des quotas en 2026. L’objectif est clair : trouver un équilibre entre la préservation des stocks et la viabilité économique des professionnels.
Ce rééquilibrage intervient dans un contexte toujours marqué par des désaccords entre pays côtiers, notamment sur la répartition des quotas. L’absence d’accord global ces dernières années a contribué à fragiliser la gestion du stock, certains États dépassant les recommandations scientifiques, compliquant encore davantage les discussions. Sur le terrain, les pêcheurs restent prudents. Si la perspective d’un quota moins contraignant est accueillie favorablement, elle ne dissipe pas toutes les inquiétudes. La filière souligne la nécessité d’une vision à long terme, stable et cohérente, pour éviter les à-coups réglementaires qui déstabilisent les entreprises.
Autre enjeu soulevé : la gouvernance. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une meilleure intégration des pêcheurs professionnels et des plaisanciers dans les instances de gestion. L’idée est de construire des règles plus partagées, mieux comprises et donc plus respectées, dans un contexte où les usages de la ressource se multiplient. La question du maquereau dépasse aujourd’hui le seul cadre économique. Elle cristallise les tensions entre impératifs environnementaux, intérêts nationaux et réalités locales. Les discussions à venir seront déterminantes pour éviter une crise durable et redonner de la visibilité à toute une filière.
vous recommande