
Présenté en ouverture de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2026, « In Waves » signe l’arrivée remarquée de Phuong Mai Nguyen dans le long métrage d’animation. Adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, le film mêle premier amour, surf, maladie et deuil dans un récit sensible, porté par la lumière de Los Angeles et la puissance très cinématographique de l’océan.
À première vue, « In Waves » a tout d’un film solaire. Il y a AJ, lycéen discret, passionné de skateboard et de dessin. Il y a Kristen, jeune surfeuse lumineuse, habitée par l’océan. Entre eux, l’évidence d’un premier amour, de ceux qui donnent l’impression que la vie s’ouvre d’un seul coup, plus grande, plus vive, plus intense. Mais le récit prend rapidement une autre direction lorsque la maladie de Kristen vient bouleverser cet équilibre fragile.
Phuong Mai Nguyen choisit l’animation pour raconter cette histoire intime sans l’alourdir. Le surf n’est pas seulement un décor : il devient un langage, une manière de parler du lien, de la perte, du souvenir et de ce qui continue à circuler après l’absence. Les vagues portent les émotions, les retiennent parfois, puis les relâchent avec pudeur. Le film avance ainsi entre douceur et mélancolie, sans chercher le pathos, avec une attention particulière aux gestes, aux silences et aux sensations.
Ce qui donne à « In Waves » sa singularité, c’est aussi son origine graphique. Le film adapte la bande dessinée publiée par AJ Dungo en 2019, dans laquelle l’auteur racontait son histoire personnelle avec Kristen. Cette matière autobiographique apporte au récit une sincérité immédiate, tandis que le travail visuel transforme l’océan en espace presque vivant, entre mémoire, mouvement et consolation.
Avec ce premier long métrage, Phuong Mai Nguyen propose donc un film d’animation à la fois accessible, délicat et très sensoriel. « In Waves » parle d’amour, de jeunesse et de disparition, mais surtout de la manière dont certains liens continuent de nous accompagner, comme une houle intérieure. À Cannes, cette ouverture de la Semaine de la Critique apporte une note tendre et marine, simple en apparence, mais profondément touchante.
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