Éolien en mer : ENGIE franchit un cap avec ses premiers grands projets français

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

© AdobeStock - Westside

Avec la mise en service complète du parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier et les premiers mégawattheures produits par les Éoliennes Flottantes du Golfe du Lion, ENGIE confirme son ancrage dans l’éolien en mer français, entre technologie posée en Atlantique et flottant en Méditerranée.

L’éolien en mer français vient de passer une nouvelle étape. ENGIE, via Ocean Winds, sa coentreprise détenue à parts égales avec EDP Renewables, annonce 2 avancées majeures sur le littoral français : la mise en opération complète du parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier, au large de la Vendée, et la première production d’électricité du parc pilote des Éoliennes Flottantes du Golfe du Lion, au large de Port-La-Nouvelle.

Ces deux projets ne jouent pas dans la même catégorie, mais racontent la même accélération. D’un côté, un parc éolien posé de grande capacité, désormais pleinement opérationnel en Atlantique. De l’autre, un démonstrateur flottant en Méditerranée, pensé pour préparer le passage à des parcs installés plus loin des côtes, là où les fonds marins deviennent trop profonds pour les fondations classiques.

En Vendée, EMYN entre dans sa phase industrielle

Au large des îles d’Yeu et de Noirmoutier, le parc EMYN a désormais achevé ses travaux en mer avec l’installation de sa dernière turbine. Moins de 3 ans après le lancement du chantier offshore, le projet entre donc dans sa phase d’exploitation complète, après une construction menée dans un environnement industriel lourd et des conditions météo parfois difficiles.

Le parc compte 61 éoliennes posées, pour une capacité totale d’environ 500 MW. Selon ENGIE, cette production renouvelable correspond à la consommation annuelle d’environ 800 000 personnes. C’est un seuil important pour Ocean Winds, puisque EMYN devient son premier parc éolien en mer pleinement opérationnel en France.

Le projet a aussi joué un rôle dans la structuration de la filière industrielle française. Près de 2 400 emplois directs et indirects ont été générés pendant la construction, avec plus de 200 entreprises mobilisées dans les Pays de la Loire pour la fabrication de composants clés. La phase d’exploitation doit maintenant créer 80 emplois directs pérennes, dont 66 basés sur l’île d’Yeu.

En Méditerranée, le flottant passe à l’électricité réelle

L’autre avancée se joue plus au sud, à 16 kilomètres au large de Port-La-Nouvelle, en Occitanie. Le parc pilote EFGL a injecté ses premiers mégawattheures sur le réseau électrique français. Cette première production marque l’entrée du projet dans sa dernière séquence avant la mise en service complète, attendue dans les prochaines semaines.

Ici, l’enjeu est différent. EFGL ne repose pas sur des fondations fixées dans le fond marin, mais sur des structures flottantes. Le parc est composé de 3 éoliennes de 10 MW, soit 30 MW au total. À terme, il doit produire près de 110 000 MWh par an, l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 50 000 habitants.

Cette technologie est particulièrement suivie en Méditerranée, où les fonds deviennent rapidement trop profonds pour les parcs éoliens posés. L’éolien flottant ouvre donc la possibilité d’installer des machines plus au large, dans des zones où la ressource en vent peut être importante, tout en s’adaptant à des contraintes maritimes différentes de celles de l’Atlantique ou de la Manche.

Une filière française qui se structure autour des projets en mer

Au-delà des mégawatts produits, ENGIE insiste sur l’ancrage industriel de ces 2 opérations. EFGL s’est appuyé sur une chaîne d’approvisionnement largement française : environ 85 % des fournisseurs directs mobilisés sont des entreprises françaises ou implantées en France, et 60 % sont des PME.

À Port-La-Nouvelle, le projet soutient déjà plus de 20 emplois liés au suivi de la production et aux activités de maintenance. Pour un parc pilote, l’enjeu dépasse donc la seule démonstration technologique. Il s’agit aussi de tester une organisation industrielle, portuaire et opérationnelle capable d’accompagner demain des projets flottants de plus grande taille.

EFGL se distingue également par une dimension environnementale originale. Le parc intègre des habitats marins artificiels Biohut®, conçus pour favoriser la biodiversité. ENGIE le présente comme le premier parc éolien flottant au monde à intégrer ce type de dispositif.

ENGIE veut peser dans l’éolien en mer français

Avec EMYN et EFGL, ENGIE avance désormais sur 2 technologies complémentaires : l’éolien posé, déjà entré dans une phase industrielle, et l’éolien flottant, encore en phase de montée en puissance. Cette double présence est stratégique, car la France dispose de façades maritimes très différentes, entre plateaux continentaux accessibles aux fondations classiques et zones profondes plus adaptées au flottant.

Via Ocean Winds, ENGIE est aujourd’hui actionnaire majoritaire de 4 parcs éoliens en mer en France, pour une capacité totale annoncée de 1,3 GW. Aux côtés d’EMYN et d’EFGL figurent le parc de Dieppe Le Tréport, actuellement en construction, et le projet EFLO, attribué fin 2024 en Méditerranée pour une puissance de 250 MW.

Le groupe met ainsi en avant une même ligne : faire de l’éolien en mer un outil de production renouvelable, mais aussi un levier industriel et territorial. Le passage d’EMYN en exploitation complète et les premiers mégawattheures d’EFGL donnent surtout un signal concret : après des années de développement, de concertation et de chantiers complexes, les grands projets offshore français commencent à produire à grande échelle.

Pour les territoires littoraux, les ports, les industriels et les acteurs maritimes, cette montée en puissance change déjà le paysage. L’éolien en mer n’est plus seulement un projet à venir. Il devient une réalité énergétique, industrielle et maritime, appelée à prendre davantage de place dans les prochaines années.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
Nouveau
Hors-Série
Lire le magazine