
Avec la mise en service complète du parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier et les premiers mégawattheures produits par les Éoliennes Flottantes du Golfe du Lion, ENGIE confirme son ancrage dans l’éolien en mer français, entre technologie posée en Atlantique et flottant en Méditerranée.
L’éolien en mer français vient de passer une nouvelle étape. ENGIE, via Ocean Winds, sa coentreprise détenue à parts égales avec EDP Renewables, annonce 2 avancées majeures sur le littoral français : la mise en opération complète du parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier, au large de la Vendée, et la première production d’électricité du parc pilote des Éoliennes Flottantes du Golfe du Lion, au large de Port-La-Nouvelle.
Ces deux projets ne jouent pas dans la même catégorie, mais racontent la même accélération. D’un côté, un parc éolien posé de grande capacité, désormais pleinement opérationnel en Atlantique. De l’autre, un démonstrateur flottant en Méditerranée, pensé pour préparer le passage à des parcs installés plus loin des côtes, là où les fonds marins deviennent trop profonds pour les fondations classiques.
En Vendée, EMYN entre dans sa phase industrielle
Au large des îles d’Yeu et de Noirmoutier, le parc EMYN a désormais achevé ses travaux en mer avec l’installation de sa dernière turbine. Moins de 3 ans après le lancement du chantier offshore, le projet entre donc dans sa phase d’exploitation complète, après une construction menée dans un environnement industriel lourd et des conditions météo parfois difficiles.
Le parc compte 61 éoliennes posées, pour une capacité totale d’environ 500 MW. Selon ENGIE, cette production renouvelable correspond à la consommation annuelle d’environ 800 000 personnes. C’est un seuil important pour Ocean Winds, puisque EMYN devient son premier parc éolien en mer pleinement opérationnel en France.
Le projet a aussi joué un rôle dans la structuration de la filière industrielle française. Près de 2 400 emplois directs et indirects ont été générés pendant la construction, avec plus de 200 entreprises mobilisées dans les Pays de la Loire pour la fabrication de composants clés. La phase d’exploitation doit maintenant créer 80 emplois directs pérennes, dont 66 basés sur l’île d’Yeu.
En Méditerranée, le flottant passe à l’électricité réelle
L’autre avancée se joue plus au sud, à 16 kilomètres au large de Port-La-Nouvelle, en Occitanie. Le parc pilote EFGL a injecté ses premiers mégawattheures sur le réseau électrique français. Cette première production marque l’entrée du projet dans sa dernière séquence avant la mise en service complète, attendue dans les prochaines semaines.
Ici, l’enjeu est différent. EFGL ne repose pas sur des fondations fixées dans le fond marin, mais sur des structures flottantes. Le parc est composé de 3 éoliennes de 10 MW, soit 30 MW au total. À terme, il doit produire près de 110 000 MWh par an, l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 50 000 habitants.
Cette technologie est particulièrement suivie en Méditerranée, où les fonds deviennent rapidement trop profonds pour les parcs éoliens posés. L’éolien flottant ouvre donc la possibilité d’installer des machines plus au large, dans des zones où la ressource en vent peut être importante, tout en s’adaptant à des contraintes maritimes différentes de celles de l’Atlantique ou de la Manche.
Une filière française qui se structure autour des projets en mer
Au-delà des mégawatts produits, ENGIE insiste sur l’ancrage industriel de ces 2 opérations. EFGL s’est appuyé sur une chaîne d’approvisionnement largement française : environ 85 % des fournisseurs directs mobilisés sont des entreprises françaises ou implantées en France, et 60 % sont des PME.
À Port-La-Nouvelle, le projet soutient déjà plus de 20 emplois liés au suivi de la production et aux activités de maintenance. Pour un parc pilote, l’enjeu dépasse donc la seule démonstration technologique. Il s’agit aussi de tester une organisation industrielle, portuaire et opérationnelle capable d’accompagner demain des projets flottants de plus grande taille.
EFGL se distingue également par une dimension environnementale originale. Le parc intègre des habitats marins artificiels Biohut®, conçus pour favoriser la biodiversité. ENGIE le présente comme le premier parc éolien flottant au monde à intégrer ce type de dispositif.
ENGIE veut peser dans l’éolien en mer français
Avec EMYN et EFGL, ENGIE avance désormais sur 2 technologies complémentaires : l’éolien posé, déjà entré dans une phase industrielle, et l’éolien flottant, encore en phase de montée en puissance. Cette double présence est stratégique, car la France dispose de façades maritimes très différentes, entre plateaux continentaux accessibles aux fondations classiques et zones profondes plus adaptées au flottant.
Via Ocean Winds, ENGIE est aujourd’hui actionnaire majoritaire de 4 parcs éoliens en mer en France, pour une capacité totale annoncée de 1,3 GW. Aux côtés d’EMYN et d’EFGL figurent le parc de Dieppe Le Tréport, actuellement en construction, et le projet EFLO, attribué fin 2024 en Méditerranée pour une puissance de 250 MW.
Le groupe met ainsi en avant une même ligne : faire de l’éolien en mer un outil de production renouvelable, mais aussi un levier industriel et territorial. Le passage d’EMYN en exploitation complète et les premiers mégawattheures d’EFGL donnent surtout un signal concret : après des années de développement, de concertation et de chantiers complexes, les grands projets offshore français commencent à produire à grande échelle.
Pour les territoires littoraux, les ports, les industriels et les acteurs maritimes, cette montée en puissance change déjà le paysage. L’éolien en mer n’est plus seulement un projet à venir. Il devient une réalité énergétique, industrielle et maritime, appelée à prendre davantage de place dans les prochaines années.
vous recommande