Le dirigeant d'une compagnie japonaise de bateaux touristiques, à l'origine d'un naufrage qui avait fait 20 morts et six disparus en 2022 en raison du mauvais entretien d'une trappe, pas correctement fermée, a été condamné mercredi à cinq ans de prison, a indiqué le tribunal local. Le "Kazu I" transportait 24 touristes et deux membres d'équipage au large de la péninsule de Shiretoko, célèbre pour sa faune et ses paysages, dans l'île de Hokkaido (nord), le 23 avril 2022, lorsqu'il a coulé.
Personne n'avait survécu : vingt corps ont été retrouvés dans des eaux glaciales et six personnes sont encore officiellement portées disparues. Mercredi, le tribunal de district de Kushiro (nord) "a prononcé une peine de cinq ans de prison" à l'encontre de Seiichi Katsurada, président de la société exploitant le bateau, a indiqué à l'AFP un porte-parole du tribunal.
Au procès, le dirigeant a nié toute responsabilité pénale, selon la presse locale. Son avocat a fait appel du verdict, a rapporté l'agence Jiji Press.
Seiichi Katsurada avait été inculpé en 2024 notamment pour négligence professionnelle ayant entraîné la mort, a indiqué un responsable des garde-côtes aux journalistes. Un rapport d'un comité gouvernemental des transports avait conclu en 2023 que le "Kazu I" avait pris la mer sans qu'une trappe du pont ne soit correctement fermée, permettant à l'eau de s'infiltrer.
Le rapport a également mis en cause un mauvais entretien et un manque de contrôle de cette trappe très usée, ajoutant que l'absence au sein de l'exploitant de personnel disposant "d'une expertise et d'une expérience suffisantes en navigation sécurisée" avait contribué à la catastrophe.
Les autorités ont indiqué que l'absence de survivants avait rendu l'enquête "extrêmement difficile et laborieuse", et qu'il avait fallu plus de deux ans pour l'achever.
Après l'annonce du jugement, Minoru Kihara, porte-parole du gouvernement japonais, a déclaré mercredi à la presse que Tokyo "reste déterminé à poursuivre ses efforts pour garantir la sécurité des navires à passagers (...) afin d'empêcher qu'un tel accident tragique ne se reproduise".
La direction de l'exploitant du bateau a émis une déclaration affirmant que la société "continuera de présenter ses excuses et d'apporter des indemnisations" pour les victimes, selon la télévision publique NHK.
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