En Californie, un drone évite une rencontre à haut risque entre un surfeur et un requin

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

 

Au large d’une plage californienne, un surfeur a quitté l’eau après avoir été alerté par les images d’un drone montrant un requin évoluant sous sa planche. Une scène spectaculaire, sans blessé, qui rappelle autant la puissance de ces prédateurs que l’intérêt croissant des images aériennes pour mieux comprendre leur présence près des côtes. La scène a tout d’un film à suspense, sauf qu’elle s’est déroulée en plein jour, dans une mer fréquentée par les surfeurs. Près de Seascape Beach, à Aptos, sur la côte californienne, un homme assis sur sa planche attendait tranquillement une vague lorsqu’une silhouette sombre est apparue sous la surface. Depuis les airs, un pilote de drone a rapidement compris que le surfeur n’était pas seul.

Le requin s’est rapproché, a tourné autour de la planche, puis a suivi le surfeur sur quelques mètres. Sur l’eau, l’homme ne semblait d’abord pas mesurer la situation. Depuis le ciel, en revanche, la scène était parfaitement visible. Le photographe qui pilotait le drone a alors tenté d’attirer son attention en faisant varier le bruit des moteurs de l’appareil. Le surfeur, identifié dans plusieurs médias américains sous le prénom Rex, a fini par comprendre le danger et a regagné le rivage sans être touché.

Une scène impressionnante, mais pas une attaque

Les images sont saisissantes, car elles montrent ce que les surfeurs ne voient presque jamais depuis leur planche. Le requin glisse sous la surface, se rapproche, inspecte, puis change finalement de trajectoire. Aucun contact n’a été signalé et l’animal s’est éloigné sans incident. C’est précisément ce détail qui mérite d’être souligné. Dans ce type de rencontre, la peur vient souvent de ce que l’image révèle après coup. Vue depuis le ciel, la cohabitation entre les pratiquants de surf et la faune marine devient beaucoup plus concrète. Pour le surfeur, la mer semblait vide. Pour le drone, elle ne l’était pas.

Le pilote du drone a expliqué avoir déjà observé des requins près des surfeurs, mais avoir trouvé cette approche plus insistante que d’habitude. L’animal ne s’est pas contenté de passer à distance. Il a semblé s’intéresser à la planche, en effectuant une trajectoire plus circulaire autour du surfeur.

La Californie, un littoral où les requins blancs sont présents

Sur la côte californienne, la présence des requins blancs n’a rien d’exceptionnel. Certaines zones du littoral, notamment autour de la Californie centrale, sont connues pour leur fréquentation par ces grands prédateurs. Les surfeurs, nageurs, kayakistes et plongeurs évoluent donc dans un espace naturel où la rencontre reste possible, même si elle demeure rare. Les autorités californiennes rappellent que les morsures de requin restent extrêmement rares dans l’État. Depuis 1950, moins de 250 incidents impliquant des requins ont été recensés en Californie, toutes espèces confondues, avec moins de 20 cas mortels. Ces chiffres replacent les images dans leur contexte : spectaculaires, oui, mais pas représentatives d’un danger quotidien.

Les spécialistes insistent aussi sur un point important : un requin qui approche un humain ou une planche n’est pas forcément dans une logique d’attaque. Les comportements observés relèvent souvent de l’exploration. Un surf, un kayak ou un paddle peuvent attirer l’attention d’un animal curieux, surtout dans une eau agitée ou peu lisible.

Les drones changent notre regard sur la mer

Ce type de vidéo se multiplie depuis plusieurs années. Avec les drones, les scènes autrefois invisibles deviennent accessibles au grand public. On découvre des requins nageant à quelques mètres de baigneurs, des bancs de poissons très près du rivage, des raies, des dauphins ou des phoques évoluant dans des zones très fréquentées. Ces images ont un double effet. Elles peuvent nourrir l’inquiétude, parce qu’elles montrent la proximité parfois troublante entre les humains et les grands prédateurs. Mais elles permettent aussi de mieux comprendre que cette cohabitation est souvent silencieuse et sans conséquence. Dans bien des cas, les requins passent près des pratiquants sans interaction directe.

Pour les sauveteurs, les scientifiques et certains opérateurs de plage, l’observation aérienne devient aussi un outil précieux. Elle permet de repérer une présence animale, de suivre un déplacement et, si nécessaire, d’alerter rapidement les usagers. Dans l’incident de Seascape Beach, le drone n’a pas seulement filmé la scène : il a probablement permis au surfeur de sortir de l’eau au bon moment.

Rester prudent sans céder à la panique

Pour les pratiquants de sports nautiques, la règle reste la même : la prudence prime, surtout dans les zones où des requins sont régulièrement observés. Il est conseillé d’éviter de surfer seul, de ne pas rester dans l’eau près de bancs de poissons ou de mammifères marins, de sortir calmement en cas d’observation et de suivre les consignes des sauveteurs. Il faut toutefois éviter de transformer chaque image de requin en scénario catastrophe. Ces animaux jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins. Leur présence près des côtes rappelle que les plages, même très fréquentées, restent des milieux naturels vivants.

La vidéo californienne frappe par sa tension, mais elle se termine sans drame. Le surfeur est sorti de l’eau, le requin a poursuivi sa route et le drone a donné à voir, en quelques secondes, toute la complexité de notre rapport à l’océan : fascination, vulnérabilité et nécessité d’apprendre à partager un espace que nous ne sommes jamais seuls à occuper.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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