Il voulait sans doute faire simple. Et surtout moins cher. Samedi 4 juillet, un automobiliste canadien a été intercepté sur l’autoroute A26, dans la Marne, alors qu’il tractait un hors-bord de plus de six mètres. Une scène pour le moins inhabituelle sur l’asphalte, entre départs en vacances, files de voitures chargées et contrôles routiers estivaux.
Le conducteur avait acheté son bateau à Anvers, en Belgique, et comptait le ramener lui-même jusqu’à Montpellier. Un long trajet, une belle traversée terrestre pour un engin plutôt destiné à filer sur l’eau. À l’origine de cette décision : une économie espérée d’environ 5 000 euros, correspondant au coût d’un transport professionnel.
Mais sur l’autoroute, l’aventure a rapidement pris une autre tournure.
À hauteur de Sommesous, les gendarmes engagés dans l’opération Civil’été ont repéré ce convoi peu ordinaire. Derrière le véhicule, le hors-bord attire forcément le regard. Mais au-delà de l’image insolite, les militaires constatent surtout plusieurs problèmes sérieux. Le convoi est en surcharge de près d’une tonne. Une différence loin d’être anodine, surtout à vitesse autoroutière, où le poids, le freinage et la stabilité deviennent des enjeux de sécurité majeurs.
Les vérifications ne s’arrêtent pas là. Les pneus sont jugés lisses et le permis canadien du conducteur n’est pas conforme pour circuler dans ces conditions en France. Résultat : le voyage vers la Méditerranée s’interrompt brutalement sur l’aire de Sommesous, le temps de régulariser la situation.
L’économie espérée risque donc de coûter cher. La surcharge représenterait à elle seule plusieurs centaines d’euros d’amende, auxquelles s’ajoutent les sanctions liées au permis et les frais d’immobilisation. De quoi transformer une bonne affaire nautique en véritable casse-tête routier.
L’histoire prête à sourire par son côté décalé : un bateau de plus de six mètres arrêté non pas en mer, mais sur l’autoroute. Elle rappelle pourtant une règle simple. Transporter un bateau ne s’improvise pas. Poids total autorisé, état des pneus, permis adapté, remorque homologuée : autant de points essentiels avant de prendre la route, surtout sur plusieurs centaines de kilomètres.
Pour ce plaisancier canadien, le cap vers Montpellier devra attendre. Avant de rejoindre l’eau, son hors-bord aura d’abord connu une escale forcée… au bord de l’A26.
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