Surfer au Bangladesh: des petites vagues mais des rêves grands comme la vie

Le Figaro Nautisme / AFP
Par Le Figaro Nautisme / AFP

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"Club de surf des filles et des garçons du Bangladesh". Une baraque adossée aux pins, devant l'interminable plage de Cox's Bazar (sud). La pièce est vide, seulement garnie de planches et de quelques trophées. Mais elle déborde de rêves immenses. Ces dernières semaines, ceux de Mohammad Mannan, 25 ans, sont entièrement tournés vers le Japon. En septembre, il y participera aux Jeux asiatiques, fer de lance d'une équipe de jeunes surfeurs bangladais qui tente d'exister avec des moyens dérisoires, contre le cricket ou le football rois et pas mal de préjugés. "J'ai déjà participé aux championnats d'Asie en 2023, 2024 et 2025", prévient Mohammad Mannan. Il n'y a rien gagné mais se souvient d'une "expérience extraordinaire, (...) un grand moment de fierté".
"Cette année, on s'est bien préparé", ajoute le jeune homme. "Les vagues au Japon sont assez proches de celles d'ici, on devrait pouvoir s'adapter." Plus que les rouleaux, c'est un temps de chien que le surfeur affronte ce matin-là. Battus par le vent et la pluie, le sable et la mer se fondent dans le même gris. Quant aux vagues, elles frôlent à peine le mètre de hauteur, très loin des rouleaux de Hawaï.
Un peu juste pour s'entraîner, maugrée Mohammad Mannan, ou espérer rivaliser avec ses adversaires.


"Pas assez riche"

"Ils ont de meilleures planches, des vagues plus hautes et ils vont à l'étranger pour se frotter à d'autres océans", observe-t-il. "Si on pouvait s'entraîner en Indonésie ou au Sri Lanka, on aurait de meilleurs résultats. Mais le club n'est pas assez riche." Son fondateur Rashed Alam l'admet volontiers. "Nous n'avons malheureusement pas de sponsor pour nous payer des entraînements à l'étranger".
Rien d'inhabituel pour ce promoteur du surf au Bangladesh, dont l'histoire s'est pour l'essentiel nourrie de hasards, de générosité et de débrouille. La légende dit que la discipline est apparue en 2004 à Cox's Bazar avec quatre touristes américains attirés par sa plage ininterrompue de 120 km de long, la plus grande au monde se targuent ses habitués. "Quatre grands gars de Hawaï, avec leurs mini-shorts et leurs gros appareils photo venus chevaucher nos vagues", précise Rashed Alam.
D'autres étrangers les ont suivis et laissé derrière eux leurs planches à quelques autochtones qui n'ont pas tardé à les imiter. "C'est comme ça que je suis tombé amoureux du surf", dit-il. A tel point qu'il décide de s'installer en Californie, l'une des Mecque de la discipline. Moniteur de surf, maître nageur, il y épouse une Américaine. Quand le couple revient au pays en 2013, il crée le tout premier club de surf du Bangladesh.


Pionnières

Contre les préventions religieuses, Rashed Alam décide de l'ouvrir aux filles, et d'initier les adolescentes qui vendent de l'eau ou des babioles sur la plage. "Un vrai défi" dans un pays musulman, concède-t-il. "Venir surfer sous le regard des autres, porter des leggings, des shorts (...) et puis les familles, pauvres, qui exigeaient que ces filles renoncent au surf pour continuer à vendre et ramener l'argent."
Ces pionnières sont aujourd'hui rentrées dans le rang, mariées ou mères de famille, et ont renoncé à la glisse. Mais d'autres ont suivi. Comme Fatima Akhter, 16 ans. Qualifiée elle aussi pour les Jeux asiatiques, elle porte tous les espoirs de son moniteur. "J'ai un rêve", confie la jeune femme avec un large sourire, "je veux laisser ma marque dans ce sport". D'autres filles ont essuyé les plâtres avant elle, mais Fatima Akhter a dû batailler pour imposer sa passion. "Les gens regardent les surfeurs de haut. On m'apostrophe souvent. On me demande ce qu'une fille fait à la plage, (...) que ça devrait être réservé aux garçons", dit-elle. "Ma mère aussi a souffert. On lui a dit qu'elle devait me marier. Mais je m'en fiche."
Et contrairement à d'autres, elle a résisté. Pour protéger son indépendance, Rashed Alam - surfeur bénévole mais salarié d'une ONG - lui paie ses études.


Encore des rêves

Le patron du club met d'ailleurs souvent la main à la poche, tant le club est démuni. Et superbement ignoré.
"On fait du porte-à-porte auprès de tout le monde mais personne ne répond", se désespère le porte-parole de l'Association bangladaise de surf, Saifullah Sifat. "Le surf coûte cher (...) et on ne peut compter que sur les dons", ajoute-t-il. "La seule note positive, c'est que le public commence enfin à nous connaître. Pas au point d'être un sport populaire mais il y a du mieux."
L'autre raison d'espérer, ce sont ces gamins qui dorment toutes les nuits à-même le sol du club, enroulés dans d'épaisses couvertures. Des vendeurs de plage, encore, à qui Rashed Alam offre le gîte, le couvert et des cours de surf. La relève. Le benjamin Mehedi Hasan n'a que 10 ans. Abandonné par son père, malade, et sa mère, remariée. "Je chante pour les touristes, je prends 50 takas (35 centimes d'euro) par chanson." Et depuis quelques mois, il surfe. "Je suis petit et parfois les vagues me passent au-dessus de la tête. Mais quand j'arrive à les dominer, c'est fantastique." "Ce sont ces émotions-là que je veux transmettre", opine Rashed Alam. "Je veux aider d'autres filles et d'autres garçons à réaliser leurs rêves. Parce que parfois, les rêves se réalisent."
de glace tropicale restante en Papouasie (Indonésie) ne représentait plus qu'environ 2% de la superficie de glace observée en 1988" et "le dernier glacier tropical de la région devrait disparaître d'ici à la fin de l'année 2026 ou au début de l'année 2027", s'alarme l'agence.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.