
L'exploitation minière des grands fonds menace plus de la moitié des mollusques dépendant des sources hydrothermales, révèle jeudi l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à l'occasion d'une mise à jour de sa liste rouge des espèces menacées.
Cette liste rouge comprend désormais 175.909 espèces, dont 49.505 menacées d'extinction. La précédente édition recensait 172.620 espèces, dont 48.646 classées comme menacées.
La liste mentionne que 62% des mollusques endémiques des sources hydrothermales (soit 125 des 201 espèces connues dans le monde) sont aujourd'hui "menacés d'extinction en raison de l'exploitation minière des grands fonds à la recherche de minéraux précieux", annonce l'UICN dans un communiqué. Ces mollusques, que l'on trouve jusqu'à 5.000 mètres de profondeur, autour de sources rejetant une eau pouvant dépasser 450°C, désignent notamment des escargots, patelles, moules, palourdes et chitons.
"Nombre d'entre eux n'ont été découverts qu'au cours des dix dernières années et sont déjà menacés par les perturbations humaines de leur habitat", alerte l'IUCN. Les activités minières créent "des panaches de sédiments" qui recouvrent ces animaux, compromettant leur respiration et leur capacité à absorber les nutriments présents dans l'eau.
"Les mollusques endémiques des sources hydrothermales des grands fonds figurent parmi les groupes animaux les plus menacés, à un moment décisif pour leur avenir", insiste Julia Sigwart, membre du Groupe de spécialistes des mollusques de la Commission de sauvegarde des espèces de l'UICN. Elle rappelle qu'en 2021, l'UICN s'était prononcée "en faveur d'un moratoire sur l'exploitation minière des grands fonds tant que tous les risques n'auront pas été compris et que le milieu marin ne sera pas effectivement protégé".
"La vie sur Terre s'est adaptée pour survivre dans les habitats les plus hostiles et les plus insolites (...) mais alors que les pressions sur la biodiversité s'intensifient partout sur la planète, même les espèces dotées des stratégies de survie les plus ingénieuses sont aujourd'hui menacées", avertit Grethel Aguilar, directrice générale de l'UICN. L'organisation a aussi souhaité attirer l'attention sur le cas de la grenouille de pluie du désert (Breviceps macrops), qui passe du statut quasi-menacé à vulnérable du fait de l'exploitation de mines de diamants et le développement d'infrastructures énergétiques le long de la côte ouest de l'Afrique du Sud et de la Namibie.
"L'expansion des projets industriels, notamment un projet d'hydrogène vert, devrait affecter jusqu'à un tiers de son aire de répartition en Afrique du Sud et deux tiers en Namibie au cours des vingt prochaines années", prévient l'UICN, relevant aussi que la demande commerciale pour cette grenouille rondelette aurait également augmenté après la diffusion virale d'une vidéo montrant son cri de détresse. "Sans mesures de conservation, sa population devrait diminuer de 20% au cours de la prochaine décennie", alerte l'UICN.
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