Un yacht de luxe battant pavillon d’Antigua-et-Barbuda a été intercepté dans le parc national des Calanques, près de l’île Jarre. Long de 60 mètres, le navire avait jeté l’ancre dans un secteur protégé où cette pratique est interdite. Lors de l’intervention, les policiers ont constaté que des herbiers de posidonie avaient été arrachés. Difficile de passer inaperçu avec une telle silhouette. Le 30 juin, un yacht de luxe de 60 mètres a attiré l’attention alors qu’il stationnait près de l’île Jarre, au sud de Marseille, au cœur du parc national des Calanques.
Alertée par la présence du navire dans cette zone protégée, la brigade nautique départementale s’est rendue sur place. Les policiers ont rapidement constaté que le bateau se trouvait dans un secteur où il était interdit de jeter l’ancre.
De la posidonie accrochée à l’ancre
L’équipage a reçu l’ordre de quitter les lieux. Mais au moment de relever l’ancre, les agents ont découvert des fragments de posidonie accrochés à celle-ci, signe que la chaîne et l’équipement avaient endommagé l’herbier. Une procédure judiciaire a été ouverte et le propriétaire du yacht a été interpellé à bord. Le navire, venu des Caraïbes, a dû interrompre son stationnement dans la calanque.
L’incident rappelle les conséquences que peut avoir l’ancrage d’une grande unité sur les fonds marins. Une ancre de plusieurs centaines de kilogrammes, accompagnée de dizaines de mètres de chaîne, peut labourer une surface importante lorsque le bateau pivote sous l’effet du vent ou du courant.
Une réglementation renforcée
Les règles ont été durcies ces dernières années dans le parc national des Calanques afin de limiter les dégradations liées à la fréquentation nautique. Depuis 2021, les possibilités d’ancrage varient selon les secteurs, la taille des bateaux et la nature des fonds. De manière générale, les navires de plus de 24 mètres ne sont plus autorisés à jeter l’ancre dans une grande partie des eaux côtières protégées du parc. Ces restrictions visent en priorité à préserver les herbiers de posidonie.
Les capitaines doivent donc consulter les cartes réglementaires avant de s’installer et privilégier les zones autorisées, les fonds sableux ou les équipements aménagés lorsqu’ils existent.
Une plante essentielle à la Méditerranée
Contrairement aux apparences, la posidonie n’est pas une algue, mais une plante marine à fleurs présente uniquement en Méditerranée. Elle forme de vastes prairies sous-marines qui jouent un rôle central dans l’équilibre du littoral. Ces herbiers servent de refuge, de zone de reproduction et de nurserie à de nombreuses espèces. Ils piègent aussi les sédiments, atténuent l’énergie des vagues et participent à la protection des plages contre l’érosion.
Leur croissance est cependant extrêmement lente. Une zone arrachée par une ancre peut nécessiter plusieurs décennies avant de se reconstituer naturellement, ce qui explique le renforcement des réglementations.
Des contrôles renforcés en été
Avec la saison estivale, les contrôles se multiplient dans les Calanques. Brigade nautique, affaires maritimes et agents du parc surveillent la navigation et le respect des zones protégées. Les applications de cartographie maritime permettent désormais de connaître précisément les secteurs interdits et la nature des fonds. Les autorités considèrent donc que les capitaines disposent des informations nécessaires pour éviter les herbiers.
Dans le cas de ce yacht de 60 mètres, la taille du navire et les dommages constatés ont conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire. L’épisode illustre surtout la vulnérabilité des Calanques face aux grandes unités : quelques minutes peuvent suffire à endommager une forêt sous-marine qui a mis des dizaines d’années à se former.
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