
Dix jours après la violente collision entre deux bateaux de plaisance dans la baie de Cannes, l’enquête commence à éclaircir les circonstances du drame. Le semi-rigide impliqué aurait navigué à vive allure et les premières investigations pointent un possible non-respect des règles destinées à prévenir les abordages en mer. Un jeune homme de 22 ans reste porté disparu et deux blessés sont toujours hospitalisés.
Une violente collision en pleine nuit
Le drame s’est produit dimanche 16 août, vers 22 h 45, dans le golfe de La Napoule, au large de Théoule-sur-Mer. Deux embarcations transportant chacune une dizaine de personnes se sont violemment percutées : un Pardo 38, yacht à moteur d’environ 12 mètres, et un semi-rigide d’environ 7 mètres.
La violence du choc avait immédiatement donné la mesure de l’accident. Les dix occupants du semi-rigide ont été projetés à la mer lors de la collision. Les secours avaient alors déployé d’importants moyens nautiques et aériens pour prendre en charge les victimes et rechercher un jeune homme de 22 ans porté disparu.
Au total, dix personnes avaient été blessées, dont quatre initialement prises en charge en urgence absolue. Les victimes avaient été transférées vers les ports de La Napoule et de La Rague, avant d’être évacuées vers plusieurs établissements hospitaliers de la région.
Une vitesse élevée du côté du semi-rigide
Depuis, les investigations ont progressé. Selon les premiers éléments communiqués par le parquet de Marseille, le Pardo 38 naviguait à une allure considérée comme normale au moment de l’accident. À l’inverse, le semi-rigide aurait évolué à une vitesse élevée.
Dès le lendemain de la collision, l’importance des dégâts avait soulevé des interrogations sur la vitesse des embarcations. Les conditions météorologiques ne semblaient en revanche pas particulièrement défavorables au moment du drame.
Autre élément désormais connu : le capitaine du semi-rigide n’était, selon les constatations rapportées dans le cadre de l’enquête, ni sous l’emprise de l’alcool ni sous celle de stupéfiants.
Les règles de priorité au cœur des investigations
Les enquêteurs s’intéressent désormais de près aux trajectoires des deux bateaux et au respect du règlement international pour prévenir les abordages en mer, couramment désigné sous le nom de COLREG.
Ce texte fixe notamment les règles de route que doivent respecter les navires lorsqu’ils risquent de se retrouver sur une trajectoire de collision. Selon la configuration rencontrée, l’un des bateaux doit maintenir son cap tandis que l’autre doit manœuvrer suffisamment tôt et franchement pour éviter l’abordage.
Les premières investigations font apparaître un possible non-respect de ces règles lors de la collision dans la baie de Cannes. Des expertises techniques doivent encore être réalisées sur les deux embarcations afin de reconstituer précisément leurs trajectoires et de déterminer les responsabilités.
Une information judiciaire ouverte
L’enquête a également franchi une nouvelle étape judiciaire. Une information judiciaire a été ouverte le 24 août, notamment pour des faits liés au non-respect des règles internationales destinées à prévenir les abordages, à une possible négligence dans le commandement du navire ainsi qu’à la mise en danger d’autrui.
Les investigations devront désormais permettre de comprendre précisément l’enchaînement qui a conduit les deux bateaux à entrer en collision, mais aussi de déterminer si une manœuvre aurait pu permettre d’éviter le choc.
Un jeune homme toujours porté disparu
Dix jours après l’accident, le bilan humain reste particulièrement lourd. Un jeune homme de 22 ans, éjecté du semi-rigide au moment de la collision, n’a toujours pas été retrouvé. Les importantes recherches menées par les secours n’ont pas permis de le localiser et les opérations subaquatiques ont été interrompues le 20 août.
Deux victimes étaient par ailleurs toujours hospitalisées au moment des derniers éléments communiqués sur l’enquête, dont le skipper du semi-rigide. Les autres passagers ont notamment été confrontés à un important choc post-traumatique.
Plus d’une semaine après cette violente collision, plusieurs questions restent donc encore sans réponse. Les expertises attendues sur les deux bateaux devraient désormais jouer un rôle déterminant pour reconstituer les dernières secondes avant l’impact et établir les circonstances exactes de l’un des accidents de plaisance les plus graves survenus cet été sur la Côte d’Azur.
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